Fanny Jandrain révèle le parcours féministe inspirant de sa maman

À l'occasion de l'émission spéciale Super Nanas dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes, Sara De Paduwa, Ophélie Fontana, Cathy Immelen et Fanny Jandrain évoquent le parcours de femmes exceptionnelles. Fanny a choisi de parler de sa maman, une magistrate qui s'est battue pour les droits des femmes.

Jocelyne Joachim, la mère de l'animatrice, a été confrontée aux effets des inégalités qui existaient entre les hommes et les femmes au cours d'une bonne partie de sa vie. Très proche de sa grand-mère maternelle, elle était scandalisée des sexismes et inégalités qu'elle avait vécus, un récit qui l'a poussée à se battre pour les droits des femmes en embrassant la carrière d'avocate.

Un parcours plein d'inspirations féministes

L'arrière grand-mère de Fanny Jandrain était devenue veuve très jeune avec deux enfants à charge.

L'animatrice raconte cette trajectoire difficile mais inspirante pour sa mère : "Née en 1905, elle n'avait fait que ses études primaires et n'avait pas eu trop le choix pour élever ses enfants. Soit elle devait entrer dans une maison et s'occuper du ménage et de la nourriture mais sans prendre ses enfants avec elle, soit elle devait travailler dans une usine et faire un travail dans un milieu d'hommes. Elle a choisi la deuxième option".

Elle poursuit : "Toute sa carrière, pour un salaire moindre que celui d'un homme, elle a été face à la dureté du travail, au harcèlement masculin et à la violence verbale ou même physique que supportaient les femmes parce que les hommes ne supportaient pas qu'une subalterne leur dise non. Ma maman qui a été élevée par sa grand-mère, a toujours été un peu choquée de cette situation".

La maman de Fanny Jandrain a en outre puisé son inspiration dans le parcours d'une avocate célèbre, Gisèle Halimi. Cette dernière est même devenue un modèle pour elle. L'avocate est l'une des grandes figures féministes puisqu'elle a notamment signé le "manifeste des 343", un manifeste signé par 343 femmes "qui déclaraient avoir avorté et réclamaient droit à l'avortement".

Nourrie par les combats de Gisèle Halimi et de sa grand-mère, la maman de Fanny "a pris la décision de devenir avocate et puis magistrate en 1973". Elle est même devenue substitut du procureur du roi en 1985, une fonction qu'occupaient encore très peu de femmes à l'époque.

Un combat quotidien pour l'égalité homme-femme

La carrière d'une femme dans la magistrature était bien plus difficile pour une femme qu'un homme, sans cesse confrontée à des remarques et attaques sexistes en tout genre. Fanny Jandrain assure : "Il fallait faire sa place et se faire respecter quand on était une femme et surtout quand on représentait sa féminité. Cela représentait un vrai challenge". Elle ajoute :

Il ne fallait pas baisser d'énergie pour être vue comme un bon magistrat. Il fallait être bien meilleure qu'un homme, il fallait travailler plus, connaître plus. Pas question d'avoir un petit moment de faiblesse parce que c'est là qu'on vous rentrait dedans.

En résumé, "il ne fallait pas donner raison à ceux qui ironiquement avaient parié qu'en étant femme, vous tomberiez".

L'animatrice de La Récré de Midi dévoile à ce propos une anecdote : "Le jour de sa première autopsie, elle savait que les enquêteurs l'attendaient au tournant". Sa grand-mère paternelle lui avait donné un mouchoir avec de l'eau de Cologne lui lançant : "tu le renifles tout le temps". Malgré tout, la maman de Fanny sort pour prendre l'air car elle ne se sentait pas bien pendant l'autopsie du corps. "Une policière lui a posé les mains sur ses épaules et lui a dit : 'respirez lentement'" raconte encore Fanny. Cette solidarité féminine lui a apporté du réconfort et lui a permis de repartir de plus belle et de s'affirmer dans un milieu rempli d'hommes.

Suivre le conseil de Simone de Beauvoir

Heureusement, tout a changé avec le temps, plus de femmes sont présentes dans la magistrature et celles-ci souffrent moins de considérations sexistes qu'à l'époque, même si le combat est encore loin d'être terminé. Jocelyne Joachim est même devenue par la suite présidente de chambre à la cour d'appel de Mons.

"En plus d'avoir une carrière formidable, elle a élevé trois filles" se réjouit Fanny. "Elle nous a élevées en nous répétant sans cesse que le combat n'est pas acquis et aujourd'hui, elle aime nous répéter presque tous les jours une phrase de Simone de Beauvoir".

Voici cette phrase tenue par la célèbre philosophe et romancière française : "N'oubliez jamais qu'il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant".

Nous aussi, vous aussi, tous ensemble, soyons vigilants envers les sexismes et stéréotypes véhiculés envers les femmes. À l'image de certains milieux comme le 7ème art, la lutte n'est pas encore terminée même si pour d'autres heureusement, celle-ci a lentement abouti à une certaine égalité, ce grâce à la force de caractère de ces femmes comme Jocelyne Joachim qui ont sans cesse démontré leur talent.

Retrouvez l'entièreté de l'émission Super Nanas à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes sur Auvio.

Découvrez également l'interview exclusive de Fanny Jandrain, Sara De Paduwa, Cathy Immelen et Ophélie Fontana à propos de cette émission spéciale.

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