Et si la maladie d'Alzheimer était en fait un problème de société ?

Et si la maladie d'Alzheimer était en fait un problème de société ?
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Et si la maladie d'Alzheimer était en fait un problème de société ? - © Tous droits réservés

Dans le 6/8 sur la Une Télé ce matin, Gilles Goetghebuer a évoqué la Journée mondiale de la maladie d'Alzheimer et le rôle du sport sur la maladie.

Au départ, la maladie d'Alzheimer n'était pas censée sortir du domaine de connaissances d'un petit nombre de spécialistes en neurologie.

Mais on a commencé à la signaler davantage au début des années 80, avec la révélation par la Princesse Yasmina Aga Khan du mal dont souffre alors sa mère, l'actrice américaine Rita Hayworth: pertes de mémoire, problèmes d'orientation, etc. A l'époque, Rita Hayworth a déjà dépassé la soixantaine et traversé de gros problèmes d'alcoolisme. Les difficultés qu'elle rencontrait n'avaient sans doute rien de très original. Mais pour une ancienne star d'Hollywood, faire une "maladie d'Alzheimer" (dont personne n'avait encore entendu parler), c'était évidemment beaucoup plus glamour qu'une "simple" démence sénile. Voilà comment la maladie d'Alzheimer est devenue hélas à son tour assez connue et médiatisée.

Au bout du compte, il en ressort que la maladie d'Alzheimer est vraiment très étrange. On se demande même si on ne fait pas fausse route en l'abordant sous un angle seulement biologique et s'il ne faudrait pas prêter plus d'oreille à ceux qui proposent de changer de paradigme et l'appréhender plutôt sous la forme d'un problème de société. Il est décrié dans le milieu. Mais le psychiatre français Jean Maisondieu défend une thèse tout à fait étonnante où il démontre en somme que l'absence de place laissée aux séniors dans notre société procure une angoisse telle qu'ils tombent dans la démence presque comme une réponse existentielle. Dans son livre-choc, "Le Crépuscule de la raison", Jean Maisondieu écrit à la dernière phrase qu'on en arrive à un stade où l'on préfère "la mort de l’esprit" plutôt que d'avoir en permanence "la mort à l’esprit". En d'autres termes, la lucidité est devenue trop douloureuse. On y renonce. Bien sûr tout cela s'effectue de façon parfaitement inconsciente. Et si le sport sert tout de même à quelque chose, ce sera de permettre de sortir de cet isolement qui, petit à petit, nous coûte notre intelligence. 

 

En cette journée de maladie d'Alzheimer, on voit le rôle du sport sur la maladie. Certes, le sport ne permet pas de s'en protéger totalement. Mais il présente des avantages tout de même.

Ne serait-ce que parce qu'il permet de se retrouver en groupe. De faire une activité commune. Tout cela participe à donner du sens à sa propre vie et à prévenir la dégénérescence. Remarques cela vaut aussi pour un tas d'autres activités: on peut jouer un bingo, aller au théâtre, faire du jardinage, etc. Tout cela constitue de bons moyens de préventions. Et marcher. Surtout marcher! C'est presqu'une condition sine qua none de bonne santé à la fois du corps et de l'esprit. Tout le monde devrait marcher au moins une heure par jour. Cela aide à réfléchir !

Notez que cette découverte ne date pas d'hier. L’école péripatéticienne de pensée philosophique fondée par Aristote en 335 av. J.-C. au Lycée d'Athènes, tire même son nom du grec ancien peripatetikós  "qui aime se promener en discutant". (NB qui a aussi donné péripatéticienne "qui fait son métier en marchant") Aristote enseignait au Lycée d'Athènes en marchant avec ses élèves. On le voit ici à côté de Platon. Ils eurent des disciples tout au long de l'histoire. La marche (mais aussi la course à pied, la natation ou le vélo) favorisent l'élévation de la pensée.

Montaigne disait même: "Mon esprit ne va si les jambes ne l'agitent".

Tout cela marque bien cette idée de cohérence entre le bon fonctionnement du corps et celui de l'esprit.

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