Décès d'Annie Cordy : "Elle incarnait toutes les valeurs de la Belgique"

Une grande artiste nous a quittés ce vendredi 4 septembre, Annie Cordy est décédée à l’âge de 92 ans. Bruno Tummers, spécialiste musical sur VivaCité, lui rendait hommage en retraçant sa carrière en chansons et en anecdotes dans une émission spéciale.

Une émission à réécouter dans son intégralité ci-dessus.

Annie Cordy nous a envoyé la musique pendant plus de 65 ans et elle savait tout faire, commente Bruno Tummers. Elle nous a enchantés en chanson, elle a été meneuse de revue, elle a joué au théâtre, elle a fait du cinéma, de la télévision, doublé des dessins animés et j’en passe. C’était une artiste multifacettes qui fait partie de nos vies, du plus petit au plus âgé et notre enfance est accrochée à son sourire.

Annie Cordy et son attachement à la Belgique

Née à Laeken en 1928, toute son enfance elle l’a passée à Bruxelles. La Belgique est toujours restée très chère au cœur d’Annie Cordy même si elle a vécu la majeure partie de sa vie en France et qu’elle s’était établie à Cannes ces dernières années.

De son enfance à Bruxelles, il restait à Annie Cordy une odeur, celle des copeaux de bois, elle nous explique pourquoi :

"C’est toute ma jeunesse, mon papa faisait tous les articles en bois pour un artiste peintre. Dans son atelier il y avait plein de copeaux de bois, ils s’amoncelaient dans l’entrée. Petite fille, j’allais me mettre dans ses copeaux de bois, on était bien là-dedans. L’odeur du bois, pour moi c’est mon père. Ça ne se perd pas, c’est formidable."

Son arrivée à Paris

C’est en 1950 qu’Annie s’installe à Paris pour devenir meneuse de revue au Lido. Au micro de Bruno, elle livrait ses premières impressions sur son arrivée dans la ville des lumières :

"Déjà avant j’avais de la pression surtout ! Quand on m’a demandé de venir à Paris je me suis dit 'moi je suis bien chez mon papa et ma maman, je ne veux pas aller à Paris' [rires]. J’étais dans mes petits souliers quand je suis arrivée à Paris."

Adoptée du public français, Annie Cordy sera une des premières artistes belges à être populaire en France.

"Ce qui est formidable c’est que j’avais été engagée par le Lido de Paris, qui n’est pas reconnu par le vrai peuple de Paris parce que le peuple de Paris ne va pas au Lido, ceux qui y vont ce sont des étrangers qui viennent d’ailleurs. Il a fallu que je me défende, raconte Annie. On m’a demandé de faire une radio, une deuxième radio… Ce qui a fait que le vrai public français qui n’allait pas au Lido probablement parce qu’ils n’avaient pas les moyens, a appris à me connaître, et après à m’apprécier. Je me suis fait à eux, ils se sont faits à moi et on ne s’est pas quitté."

Malgré tout, Annie est restée Belge dans son cœur jusqu’à la fin.

Ses énormes succès

De meneuse de revue au Lido, elle entamera très vite une carrière solo, elle qui se sentait enfermée dans un carcan au cabaret. Parmi ses premiers succès, il y a "Jolie Fleur de Papillon" en 1955, avant de connaître la gloire dans les années 70 et 80 avec ces titres qu’on connaît tous : "La Bonne du Curé", "Tata Yoyo", "Cho Ka Ka O"…

Comment explique-t-elle ce succès ?

"Je ne sais pas. C’est le fait de bouger, de trouver la bonne chorégraphie qui va avec, des gestes naturels, pas appris, donc ça plaît. Quand c’est calculé ça fait moins réagir le public […] Pourquoi je plais à large public, je ne peux pas vous le dire."

Réécoutez l’émission spéciale de Bruno Tummers en haut d’article pour continuer de parcourir la carrière d’Annie Cordy en chansons, ou l’entendre évoquer sa grande histoire d’amour avec François-Henri Bruno, qui sera son mari mais aussi son manager et son conseiller jusqu’à la disparition de ce dernier à la fin des années 80.

Annie Cordy, l’icône Belge

Bruno Tummers était également invité sur le plateau du JT de 13h et s’est exprimé sur cette belgitude qu’incarnait l'artiste qui touche toutes les générations :

"Elle incarnait toutes les valeurs de la Belgique. Annie Cordy c’était la bonhomie, la bienveillance, la fantaisie, elle ne se prenait pas au sérieux. Si vous croisiez Annie Cordy dans la rue elle pouvait tout à fait s’arrêter pour papoter avec vous pendant 5-10 minutes et s’intéresser à vous. Quand on la rencontrait en interview elle nous posait des questions sur notre vie. L’interview en elle-même ça ne l’intéressait pas tellement, elle préférait les à-côtés."

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