Carla : "Il faut se préoccuper de la Belgique mais aussi de ceux qui se sont trouvés sur le sol belge"

Carla : "Il faut se préoccuper des Belges mais aussi de ceux qui se sont trouvés en Belgique et qui ont disparu"
Carla : "Il faut se préoccuper des Belges mais aussi de ceux qui se sont trouvés en Belgique et qui ont disparu" - © Tous droits réservés

Une cagnotte a été lancée pour aider les proches de Théo Hayez, disparu en Australie, à se rendre sur place. En 24h, plus de 20 000€ ont été récoltés. L’envoi des proches sur place, ça peut changer les choses ?

Depuis la disparition de Théo Hayez, ce jeune belge en voyage en Australie, ce sont deux pays entiers qui se mobilisent pour le retrouver. Des avis de recherche ont été émis par la police pour retrouver la trace de l’étudiant qui a été vu pour la dernière fois à Byron Bay et dont les affaires ont été retrouvées dans l’auberge où il séjournait. Il y a 24h, un appel aux dons a été lancé pour aider les proches à rejoindre la cousine de Théo, déjà présente en Australie.

À cette heure, plus de 21 000€ ont déjà été récoltés. L’envoi des proches sur place, ça peut changer les choses ? C'est la question que l'on vous posait ce matin dans "C'est vous qui le dites".

À ce propos, pour Carla de Woluwe-Saint-Lambert, c'est une bonne idée mais en gardant à l'esprit que Théo Hayez n'est pas le seul à en avoir besoin : "Cela peut changer plein de choses par rapport à notre mentalité ici, par rapport aux parents eux-mêmes pour se sentir mieux. Nous avons, en tant que famille d'accueil pour les migrants, plein de jeunes qui disparaissent sur la route entre Calais, Bruxelles, les villes et les pays environnants. Ce sont des jeunes qui ont aussi 18-19 ans. On en recherche une dizaine pour le moment. Les familles soudanaises n'ont pas les moyens financiers ni les possibilités de visa pour venir rechercher leurs enfants. Cela m'interpelle parce que, pour le moment, d'après moi, ce sont des jeunes qui ont disparu et dont les parents belges et les parents soudanais ont le droit et le devoir de les chercher et d'être aidés par notre gouvernement. [...] Je me mets à la place de leur famille. Les moyens de communication avec le Soudan sont interrompus, ils n'ont aucune nouvelle de leurs enfants dont certains sont mineurs. Donc, il faudrait se préoccuper des gens qui vivent en Belgique mais aussi de ceux qui se sont trouvés sur le sol belge et qui ont également disparu. Je ne crois pas qu'il faudrait faire une différence. Je remercie la presse de lancer cet appel aujourd'hui, c'est tout à fait opportun, je suis d'accord pour cette cagnotte et je pense que notre gouvernement devrait financer lui-même ce genre de soutien à la famille. Mais, je trouve qu'il ne faut pas oublier les jeunes mineurs qui viennent de loin, qui ont subi des traumatismes épouvantables soit dans la traversée de la Méditerranée soit dans les prisons libyennes et qui disparaissent en Belgique".

"Je ferais la même chose pour être rassuré !"

Laurent de Woluwe-Saint-Pierre pense que c'est une bonne idée d'aller en Australie : "Il faut se rendre sur place pour s'assurer que les moyens sont bien mis en place. Moi, pour mes enfants je ferais la même chose. Je pense que c'est une question d'être rassuré. Quand on est parent, on fait tout ce qu'on peut. Cet argent pourrait aider les SDF chez nous mais, après, sans vouloir être égoïste, on pense d'abord à soi. C'est notre sang qui circule et donc on veut absolument essayer de faire quelque chose".

Pour Maria, se rendre sur place donne aux parents le sentiment qu'ils agissent et qu'ils ne restent pas les bras croisés : "Je ne sais pas si ça peut changer quelque chose dans les recherches mais c'est une très belle initiative pour les parents. Je trouve ça bien que les parents puissent se retrouver là-bas. Plutôt que d'attendre à la maison, tourner en rond et s'angoisser. Moi, personnellement, je sais que je ferais tout pour me trouver dans le pays où mon enfant a disparu. L'angoisse ne disparaît peut-être pas sur place mais c'est un soulagement quand même. Il faut bien penser que, pour les parents, ce n'est pas un voyage d'agrément non plus. Ils vont là-bas parce que c'est là que leur fils a disparu. Je sais que pour mes enfants je ferais n'importe quoi, je vendrais ma maison, je vendrais tout pour me retrouver au même endroit."

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