BURUNDI - Vendredi 5 octobre – Bururi – Gitega

AJ, Axelle Red et FH
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Une petite centaine de kilomètres attendent ce vendredi les RAVeListes entre Bururi et Gitega, la seconde ville la plus importante du Burundi et par ailleurs berceau de l'histoire royale et coloniale du pays. Comme hier, Axelle Red est aux avant-postes pour les premiers coups de pédale de cette étape. Pourtant, une nouvelle journée bien chargée est au programme de l'ambassadrice bénévole de l'UNICEF : aujourd'hui, ce sera elle notre fil conducteur...

A l'inverse d'hier, la route n'a plus de national que le nom : bien vite, le bitume laisse place à la piste en terre rouge. Autre changement : la semi-platitude de ce jeudi se transforme en de belles petites montagnes russes. La campagne – celle-là même où vivent 89% de la population burundaise – se fait elle aussi omniprésente, les collines parsèment le décor. Jamais l'une ne ressemble à l'autre et certaines pentes cultivées surprennent de par leur verticalité. Côté accueil, rien n'a changé : ce sont toujours des sourires et des cris joyeux qui reçoivent la caravane vélocipédique.

Pour Marie, la journée est un peu plus particulière encore : elle aspire à retrouver la maison où elle a passé sa prime enfance. Née à Bujumbura à la fin des années 60, elle a ensuite migré en compagnie de ses parents vers Mahwa, un petit village qui à l'époque n'enserrait que quelques maisons et une imposante ferme où son papa oeuvrait comme ingénieur agronome. Le défi paraît simple mais il est de taille : pour seuls éléments, la Sprimontoise ne dispose que d'une carte Google et deux photos datant d'il y a quarante ans... Elle n'a cependant pas à chercher des heures durant puisque quelques habitants apostrophés à peine, elle gagne la bâtisse qui était autrefois la sienne. Les souvenirs disparus resurgissent aussitôt comme par enchantement. L'émotion est à son comble, Marie n'a plus vraiment les pieds sur terre et le merveilleux instant du retour à ses racines envahit tout son être...

Pour Axelle Red, après diverses visites dont celle de ce jeudi dans une garderie communautaire préscolaire, sa mission auprès de l'UNICEF se poursuit à Rumonge, une importante ville commerciale au bord du lac Tanganyika. L'artiste a un premier rendez-vous au centre communautaire de santé de la reproduction, un centre intégré où se côtoient notamment planning familial, consultation prénatale et prévention contre le virus du sida. Chaque mois, ce sont ici des centaines de femmes et d'hommes qui se présentent et bénéficient gratuitement des services des médecin, psychologue et autres professionnels de la santé. Axelle discute avec les uns et les autres et se montre particulièrement attentive aux animateurs qui, par le biais de la chanson et du théâtre, sensibilisent les jeunes des quartiers. A leurs côtés, Orépa, une mère (et grand-mère...) séropositive expose comment elle vit sa maladie, comment elle a été discriminée et comment elle se bat aujourd'hui pour prouver au commun des mortels que le sida, ce n'est pas la fin du monde.

Dans la foulée, une autre réalité apparaît : celle des enfants détenus. A l'heure actuelle, ils seraient 166 à être derrière les barreaux. Aujourd'hui âgé de vingt-sept ans, Jean-Bosco était hier un enfant des rues qui, à cause de larcins divers, s'est retrouvé en prison à de multiples reprises. La première fois, il avait dix ans à peine... Pris sous l'aile bienveillante d'une famille d'accueil, il voit désormais sa seconde vie débuter : étudiant en pédagogie, il souhaite devenir instituteur ou journaliste et surtout faire passer son témoignage... A dix-sept ans à peine, Ganett a elle aussi connu les dures conditions de la vie carcérale. Son méfait ? Avoir été contrainte d'avorter... Soutenue par la Maison Shalom qui aide les enfants vulnérables (une institution que les RAVeListes découvriront ce samedi à Ruyigi), elle a retrouvé la liberté après une année de détention. Avec ses mots de mère mais aussi de juriste, Axelle Red lui délivre toute son empathie et l'enjoint à ne pas se sentir coupable. Avant de glisser un " on a de la chance où on est nés "...

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