BURUNDI - Mercredi 10 octobre : Bugarama – Bujumbura

Embarquement vélos
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Embarquement vélos - © Tous droits réservés

Histoire d'écourter un peu la distance... et surtout de ne pas rater l'accueil qui est réservé aux RAVeListes à Bujumbura, ce matin, dès potron-minet, les vélos sont embarqués dans le camion et tout le monde grimpe dans le bus à destination de Bugarama. Une bonne heure de trajet est nécessaire pour rejoindre cette ville-carrefour réputée pour ses cultures maraîchères, fruitières et de fleurs.

Serait-ce se répéter ? Les paysages sont une fois de plus de toute beauté, avec ces myriades de collines qui mélangent le rouge-orangé de la terre et le vert des arbres et des cultures. Les pentes ont beau être à-pic, nombre d'entre elles sont cultivées et, plus fréquemment qu'à l'accoutumée, les paysans viennent vendre en bord de route le fruit de leur production. Exploitée pour les légumes, l'argile l'est aussi pour la confection de briques, façonnées de manière la plus artisanale qui soit. Empilées ensuite les unes sur les autres, elles enserrent un feu qui, en l'espace d'une semaine, les cuira. Sur d'autres mamelons, ce sont les plantations de thé qui étalent leur couleur pimpante et alignent leur parfaite uniformité.

A Bugarama, à l'heure de décharger les vélos et de se mettre en selle, comme à l'accoutumée, la population se masse rapidement autour de notre caravane. S'ensuit une vertigineuse descente de plus de vingt-cinq kilomètres vers la capitale burundaise, dans des conditions de sécurité optimale : non seulement, comme pour tout le reste du périple, nous sommes encadrés par une escorte policière mais la route nous est entièrement réservée. Un peu comme le Tour de France en quelque sorte... Et comme doivent le vivre les coureurs de la Grande Boucle, les acclamations et les encouragements sont d'incroyables moteurs... quand la route s'élève en l'un ou l'autre endroit. Les " courage " énoncés à profusion octroient cependant un curieux sentiment quand on sait que la descente avec les vélos chargés de plusieurs centaines de kilos sont le quotidien de centaines de villageois qui s'en vont vendre à la capitale leurs récoltes dès l'aube pour en remonter plus tard dans la journée, les vélos à nouveau chargés d'autres denrées. Ils utilisent alors le système D, s'accrochant comme ils le peuvent aux camions pour se faciliter la tâche. Pour eux comme pour les plus rapides des RAVeListes, les 75 kilomètres/heure sont dépassés dans cette folle dégringolade... Avec son lot d'accidents pour les moins chanceux (oui, Jali, tu t'en es bien sorti !)...

Au plus les kilomètres défilent, au plus les décors évoluent : peu à peu, les collines s'estompent et la plaine de Bujumbura s'ouvre devant nous. D'abord il y a la verte plaine puis la ville qui s'étend de tout son long. Encore et toujours, l'accueil réservé par les Burundais est triomphal. Massés comme jamais dans les petites rues empierrées qui enserrent le stade de Bujumbura, certains d'entre eux n'hésitent pas à courir à nos côtés. Un artiste du quartier arrête la caravane et offre une gigantesque peinture naïve représentant le périple du Beau vélo de RAVeL au Burundi. Emouvant, une fois de plus...

A l'arrivée au stade, des personnes à mobilité réduite précèdent le groupe dans les handbikes qui ont été confectionnés à leur intention par les étudiants de l'institut Saint-Luc de Liège. Une vingtaine de véhicules seront ainsi offerts à l'institut Saint-Kisito et à Handicap International. Cinquante vélos seront par ailleurs distribués aux brillants cyclistes qui nous ont accompagnés et à la Fédération cycliste burundaise. Les Evans, Contador et Schleck n'ont qu'à bien se tenir : c'est de l'or qui coule dans les mollets des Burundais !

Chaque étape ayant son représentant officiel, aujourd'hui, c'est l'ombudsman et le ministre de la jeunesse et des sports qui nous gratifient de leur accompagnement et, dans son discours, ce dernier se réjouit de cet événement qu'a représenté Le beau vélo de RAVeL pour son pays. L'ambassadeur de Belgique, fraîchement désigné, ironise pour sa part quant à sa tenue sportive pour son premier discours officiel. Artistes belges et burundais se succèdent ensuite sur la scène : John Chris, Peace and Love, Jali et de touchants enfants d'une école pour aveugles interprètent plusieurs titres. Mais le plus fort sera peut-être Steven Sogo : dans son titre " Il est beau mon pays ", clamant la beauté de son pays, il dit tout... Car c'est sûr et certain, tous les RAVeListes embarqueront ce soir dans le grand oiseau de fer avec un certain spleen... Et l'assurance d'avoir vécu une aventure exceptionnelle, dans ce pays de lait et de miel...

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