BURUNDI, Jeudi 4 octobre – Bujumbura – Bururi

Montage des vélos - Fred Thiebaut
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Montage des vélos - Fred Thiebaut - © Tous droits réservés

Vol sans encombre ce mercredi entre Bruxelles et Bujumbura. Depuis les airs, la Terre nous livre, une fois encore, toutes ses splendeurs naturelles, des montagnes rocheuses et enneigées des Alpes aux forêts denses de l'Afrique centrale en passant par l'immensité du désert du Sahara.

Vers 19 heures, le grand oiseau de fer de la Brussles Airlines se pose sur le sol burundais. L'atterrissage est quelque peu surprenant, dans un noir quasi absolu tout autour de la piste. La chaleur nous envahit bien vite et monte encore de quelques degrés supplémentaires avec l'accueil qui nous est réservé... et nous facilite surtout les formalités du passage de douane. Direction ensuite l'hôtel, où la ministre du tourisme nous gratifie d'un petit discours de bienvenue...

Ce jeudi, la journée débute par le remontage de tous les vélos au coeur même des installations d'Handicap International qui grouillent de partout : aux RAVeListes se sont joints les responsables de l'ONG, les étudiants de Saint-Luc Liège et leur professeur – ce sont eux qui confectionnent et éduquent les Burundais à la fabrication de handbikes – et de nombreux cyclistes membres de la fédération nationale de cyclisme. La plupart d'entre eux portent des équipements venus en droite ligne de chez nous, avec même la griffe du plus grand champion de tous les temps...

Si l'effervescence est de mise dans la cour de l'institution, en dehors de ses murs, la rue s'anime elle aussi, avec les badauds qui assistent à notre curieux spectacle, mais aussi une classe de petits écoliers de l'école belge de Bujumbura, un ensemble de tambourinaires et de jeunes filles élégamment vêtues. Que d'honneur pour nous ! Le tout sous l'oeil de policiers et de militaires qui se font de plus en plus nombreux au plus les minutes passent. Et pour cause : dans quelques minutes, c'est Pierre Nkurunziza, le président de la république en personne qui viendra s'adjoindre à notre peloton. Petit moment de surréalisme quand son (magnifique) vélo de course personnel est descendu de sa voiture et que lui-même apparaît... en training et casque fixé sur la tête... L'homme, licencié en éducation physique est un grand sportif et ne tardera pas à nous le démontrer, entraînant toute notre troupe à une rythme soutenu sur une quinzaine de kilomètres...

Bientôt, les flots du lac Tanganyika se dessinent à main droite tandis qu'à main gauche, ce sont de hautes collines qui se dressent vers le ciel. L'étendue aquatique est si grande qu'elle fait davantage songer à une mer qu'à un lac. Normal : le Tanganyika, c'est le plus long lac du monde, avec pas moins de deux mille kilomètres de côtes ! Magie du bleu qui se mélange au vert des palmiers. La nationale déroule sa rectitude et, à la sortie de la capitale, ses abords alignent leur lots de " kiosques à pain ", " cafétérias " et autres " supérettes ". Partout, hommes, femmes et enfants déambulent.

Après 17 kilomètres, première petite halte du côté de Mugere, là-même où Stanley et Livingstone se rencontrèrent au XIXème siècle. Dans la foulée de la pierre qui commémore cet événement, une première bosse s'offre aux cyclistes. Elle sera suivie d'une multitude d'autres : bien que peu méchantes, elles finissent par user les organismes, et ce d'autant plus que le vent n'a pas décider de nous épargner, soufflant de face... Coup de pédale après coup de pédale, il faut parfois s'accrocher mais en cas de coup dur, toujours il y aura une main d'un cycliste burundais pour pousser dans le dos. Quelle force incroyable ils développent ! Et c'est croire que les nouveaux vélos qu'ils chevauchent leur donnent véritablement des ailes...

Sur notre route, les scènes d'étonnement et surtout d'encouragement sont omniprésentes : aux fenêtres des écoles, les enfants s'agglutinent et s'époumonent, en bord de route, les mains se tendent pour recevoir une tape amicale. C'est sûr que des blancs qui passent à vélo, les Burundais ne doivent pas en voir fréquemment...

Après une bonne soixantaine de kilomètres, l'heure de la halte est arrivée : elle se fait sur une plage en bordure du lac Tanganyika, dans un décor de rêve...C'est sûr, le pays a un réel potentiel touristique qui ne demande qu'à être connu !

A 16 heures bien tassées, l'heure de reprendre la route a sonné. Fini le vélo pour aujourd'hui, c'est en véhicule que nous gagnons les hauteurs de Buriri. Et heureusement : perchée à 1800 mètres, cette bourgade s'atteint par une route qui n'a rien à envier aux cols des Alpes ou des Pyrénées...

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