BURUNDI - Dimanche 7 octobre : Ruyigi – Parc de la Ruvubu

Ce matin, en quittant la Maison Shalom, il suffit d'ouvrir les yeux pour se rendre compte que Ruyigi, c'est un peu Maggy's Village : non loin de la Villa des Anges où certains ont passé la nuit, il y a la Cité des Anges où on trouve notamment un garage, un atelier de couture, une piscine et l'un des rares cinémas du Burundi. Plus haut, sur son promontoire, l'hôpital Rema est un des plus modernes du pays, avec en son sein des départements de médecine générale, de pédiatrie, une maternité et également une école paramédicale. Un peu partout à flanc de collines, des dizaines de petites maisons s'alignent entre les arbres : comme tout le reste, elles ont été bâties par Marguerite Barankitse dans le but d'assister et, surtout, de rendre une dignité aux orphelins de la guerre et à tous les enfants défavorisés. Et non pas n'importe comment : pour leur mère à tous, il est hors de question de leur porter uniquement assistance, le plus important est que, petit à petit, ils se réinsèrent dans la société. Une sorte de communauté s'est ainsi crée et aide les enfants à grandir. Autre preuve de ce développement humain " durable " , la ferme qui s'étale en contrebas de la route. Ici, on y élève des vaches, on fabrique du fromage et on cultive les champs, permettant ainsi à une vaste fratrie de subvenir à ses besoins.

La visite de l'exploitation achevée, place à la nationale. Comme hier, la surface est très roulante et bien agréable. Les kilomètres défilent tant et plus, toujours dans des paysages grandioses et sous les chaleureuses acclamations voire les rires des habitants. Quelques cocasseries s'échappent de certaines bouches d'autochtones, qui tantôt se demandent si les blancs que nous sommes effectuent réellement le tour du pays à deux roues, tandis que d'autres nous pensent sortis de dessins animés...

Le visage de la campagne n'est plus tout à fait identique à ceux des jours précédents, la ruralité semble davantage marquée, notamment au niveau des constructions des maisons : désormais, les belles briques orangées et les toits de tôle font davantage place à des blocs d'argile irréguliers et des toitures de branchages.

Les dénivelés sont un peu moins conséquents que les jours précédents... à moins que ce ne soient l'acclimatation et la condition qui n'imprègnent peu à peu les organismes ?

Après 37 kilomètres, la première halte fait office de pause pique-nique sous d'odorants eucalyptus. En cet endroit, ils dégagent leurs effluves traditionnels, en d'autres, c'est davantage celui de la citronnelle qui ressort. Les estomacs rassasiés, la vaillante troupe se remet en route.

La petite ville de Cankuzo est synonyme du kilomètre 50. Le gouverneur de la province (encore un, après celui de Ruyigi qui a lancé le départ de l'étape de ce matin) est tout fier de nous présenter sa région. La diplomatie est de circonstance mais nous ne nous attardons guère : il est vrai qu'une vingtaine de kilomètres attendent encore les RAVeListes. Toujours sur une nationale mais comme elle est en travaux, elle s'apparente à une belle piste. Le revêtement tout comme le rythme change et la souplesse du sol est plus que la bienvenue. Les décors sont aussi plus variés, avec notamment une extraordinaire pleine d'un vert vif entourée de collines : un de nos accompagnants burundais n'hésitent pas à dire que la vraie nature burundaise, c'est ici qu'elle se trouve... Plus que jamais, nous avons l'impression de pédaler au beau milieu de nulle part mais que nenni, il y aura toujours un enfant, une femme ou un homme à sortir d'un buisson, un cycliste lourdement chargé à pédaler à contresens.

Une dernière côte bien sentie et le compteur affiche 72 kilomètres : c'est l'heure du terminus, à l'entrée du parc de la Ruvubu. Et la nuit, c'est au campement de Muremura, une société minière en recherche de nickel que nous la passerons...

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