40 ans après son décès, Joe Dassin est l'un des plus gros vendeurs posthumes en francophonie

Joe Dassin est décédé le 20 août 1980 après un malaise cardiaque. C'était donc il y a 40 ans. Bruno Tummers dévoile à cette occasion des anecdotes méconnues de la carrière du chanteur français.

Il était l'un des porte-drapeaux de la variété française. Ses tubes se comptent par dizaines dont Siffler sur la colline, Les Dalton, La fleur aux dents, L'Amérique, Le petit pain au chocolat, Les Champs-Élysées, Salut les amoureux, L'Été indien, Et si tu n'existais pas, ou encore Dans les yeux d'Émilie. Ils ont marqué des générations et ce dans de nombreux pays même autres que francophones.

Joe Dassin nous a quittés il y a 40 ans, le 20 août 1980, après 16 ans de carrière, mais sa musique séduit toujours autant.

La jeunesse de Joe Dassin

Joe Dassin ne naît pas en Europe mais aux États-Unis, d'un père cinéaste et d'une mère violoniste. Il possède même la double nationalité, américaine et française. C'est suite à un événement politique bien précis qu'il migre avec sa famille en France. Son père, Jules Dassin, a appartenu au parti communiste américain. Au début de la guerre froide apparaît la période du maccarthysme, durant laquelle l'administration américaine fait la chasse aux communistes.

C'est ainsi que Joe Dassin arrive en Europe. Mais les relations conflictuelles avec son père l'amènent à de nombreux allers-retours entre l'Europe et les États-Unis.

"Aux États-Unis il commence à chanter, prend sa guitare et fait le tour des universités. Il chante du Brassens. Il démarre des études de médecine qu'il ne terminera jamais. Il aura tout de même un diplôme d'anthropologue. Il était donc quand même un intellectuel dans le monde de la variété française" commente Bruno Tummers.

Les débuts du succès

Joe Dassin perce dans l'industrie musicale grâce à sa première femme, Maryse Massieraqu'il a un contrat dans une maison de disque. Elle fait graver pour lui un disque démo "et celui-ci se retrouve entre les mains d'un directeur artistique qui le signe" dévoile Bruno Tummers.

Toutefois, son début de carrière est compliqué. "Il est influencé par la vague folk qu'il écoutait aux États-Unis. On est à l'époque des Bob Dylan, Peter Paul and Mary" souligne Bruno.

Le succès démarre lorsqu'il décale son univers dans la variété, au milieu des années 1960. "Il rencontre un directeur artistique qui s'appelle Jacques Plait qui va beaucoup faire pour sa carrière. Il avait aussi lancé la carrière de Sheila".

Les premiers tubes arrivent avec Bip bip, Siffler sur la colline, ou encore Guantanamera.

Mais la carrière de Joe Dassin connaît un creux au début des années 1970. "Ses salles sont pleines mais les ventes patinent. Il relance sa carrière au milieu des années 70 grâce à deux chansons : Salut les amoureux, et L'Été indien" note le chroniqueur.

Son répertoire musical

Il faut savoir que le répertoire de Joe Dassin se compose tant de créations originales et d'adaptations.

"L'Été indien est l'adaptation d'un titre italien d'un groupe dans lequel il y avait Toto Cutugno, adaptation qui sera signée par les deux auteurs attitrés de Joe Dassin : Pierre Delanoë et Claude Lemesle qui le décrivaient comme 'attachiant' tellement il pinaillait sur les détails. Il pouvait les appeler au milieu de la nuit parce qu'il n'était pas content d'un mot" révèle Bruno Tummers.

Pierre Delanoë est connu pour son travail avec Gilbert Bécaud et Michel Fugain alors que Claude Lemesle a notamment œuvré pour Carlos... un ami de Joe Dassin. "Les années 70 ce sont les années Carpentier (NDLR : les émissions du couple de producteurs Maritie et Gilbert Carpentier comme Top à... et Numéro 1) : il est tout le temps à la télévision entouré de Carlos, Jeane Manson ou de Joëlle Morgensen du groupe Il était une fois" souligne encore le chroniqueur.

De manière général, Bruno Tummers constate que son répertoire a bien traversé les époques :

40 ans après son décès, on se rend compte que ses titres racontent des histoires et c'est sans doute pour cette raison qu'il est l'un des plus gros vendeurs posthumes de disques en France aux côtés de Claude François et Jacques Brel.

"Finalement il nous a laissé un répertoire populaire et digne, et la qualité, cela paie toujours" conclut le chroniqueur.

Et si Joe Dassin n'existait pas, pourquoi la variété française existerait ?

Newsletter Vivacité

Recevez chaque vendredi matin les événements, concours et l’actu Vivacité.

OK