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Les petites bonnes asiatiques, invisibles esclaves modernes - RTBF Documentaires

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Les petites bonnes asiatiques, invisibles esclaves modernes

  • En Asie, au Moyen-Orient et même en Europe, des millions de femmes sont victimes d'esclavage. Ces domestiques, bonnes à tout faire, sont maltraitées, parfois violées et privées de toute liberté. Leurs patrons se livrent à ces maltraitances en toute impunité. Un documentaire de Alexandra Jousset et Gratiane de Moustier à voir sur La Une le mercredi 19 avril à 22h. Rediffusion sur La Trois le 24/04 à 11h40

    A l’heure où vous lirez ces quelques lignes, plus de quinze millions de domestiques sont victimes d'esclavage dans le monde. Corvéables à merci et maltraitées, ces femmes souvent très pauvres qui s’expatrient afin de renvoyer de l’argent vers leurs pays d’origine, sont les sacrifiées invisibles de l'économie mondiale. États, institutions, ... personne n'a intérêt à ce que cela change. À Hong Kong, 18% des "maids" sont maltraitées. Au Moyen-Orient, leur situation est pire encore: en plus de la violence dont elles sont victimes, leurs passeports sont confisqués par les patrons et elles n’ont aucun recours juridique. Si elles quittent leur lieu de travail, c’est elles qui sont en tort et risquent d’être arrêtées.

    Nous suivons ici l’histoire de Maria, qui comme des milliers de ses compatriotes philippines, a choisi de partir travailler à l’étranger pour envoyer de l’argent à sa famille qui élève son petit garçon de 3 ans. Engagée pour un contrat de 2 ans à Hong Kong et ne bénéficiant d’aucun jour de congé, elle ne reverra pas son fils avant 2019. Camilla, qui vient du même pays, vit à Hong Kong depuis 2 ans. Pourtant employée par une famille modèle qui la traite correctement, elle travaille plus de 14 heures par jour. Le meilleur régime que ces femmes puissent espérer.

    A des milliers de kilomètres de là, au Moyen-Orient, le Liban est réputé pour être l’un des pays les plus ouverts et modernes de la région. Pourtant, une loi bien particulière met les domestiques à la merci de leurs employeurs : la kafala. Elle stipule qu’une domestique ne peut rompre son contrat de travail sans perdre son titre de séjour. Même frappées et violées, elles seront considérées comme coupables si elles fuient. Les agences de placement ont même fait de ce rapport de force patron-employée un argument de vente. Violentées et privées elles-aussi de leurs passeports, la seule issue de ces travailleuses est parfois le suicide.

    Les organisations humanitaires estiment qu’une employée domestique sur six dans le monde se trouve dans un cas de travail forcé, une sur deux fait l’objet de violence verbale, une sur six de violence physique et 6% de violence sexuelle. Un nouvel esclavage des temps modernes, souvent invisible et impuni.

     

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