La Deux

22:55 - Dimanche 14 janvier

Hep taxi ! 2018 Daniel PREVOST

Revoir ce programme en vidéo

Hep taxi ! 2018
  • Durée : 00:31
  • Controle parental : Pour tous
  • Thématique : Culture

De son vrai nom Denis Forestier, Daniel Prévost n'a connu que tardivement les origines berbères de son père, sa mère lui ayant toujours fait croire qu'il était né de père inconnu. Une mère qui le terrorisait d'ailleurs et avec laquelle il règlera ses comptes dans un livre, "Le passé sous silence". Un secret de famille qui l'a ravagé et qu'il refoulera durant dix ans. Avoir un père ouvrier et de surcroît étranger, c'était la honte pour sa famille maternelle, normande et raciste.

A 53 ans, Daniel Prévost passe le cap et décide de partir au Bled à la recherche de son autre famille. Il apprend que son père est mort depuis 30 ans, mais les retrouvailles chaleureuses avec le reste de la famille algérienne est le plus beau moment de sa vie.

La directrice de son école primaire à Vincennes va se prendre d'affection pour lui et lui ouvrir les portes de ses appartements de fonction, où il trouvera le confort qu'il ne connaît pas chez lui. Elle va l'encourager à poursuivre ses rêves, à découvrir la peinture et la poésie. Daniel Prévost va rendre hommage à celle qui a embelli sa vie, dans un livre intitulé "Madame B, ma seconde mère".

Puis ce sera le passage par le Conservatoire de la Rue Blanche à Paris, duquel le jeune acteur sortira avec un Premier Prix de comédie. Etre comédien était pour lui un désir depuis l'enfance. "C'était ça ou travailler", dit-il. Avant cela, il avait bien accepté quelques menus boulots, mais se faisait virer avant le terme de sa période d'essai... Le monde du travail ne le branchait pas, trop conformiste à son goût.

En 1961, à l'issue du Conservatoire, le metteur en scène René Dupuy lui propose de jouer dans "Un certain Monsieur Blot", aux côtés de Jean Yanne et Michel Serrault. Une fine équipe qui se payera quelques tranches de rire ! Jean Yanne va le pousser à s'essayer au cabaret, où il va côtoyer Bobby Lapointe qui fera appel à lui pour écrire des sketches et le fera tourner dans quatre de ses films.

Au cinéma, Daniel Prévost comptabilise 83 films dans tous les registres. Si sa filmographie semble hétéroclite, il se spécialise pourtant dans des personnages acariâtres, hystériques, fachos ou roublards. Les comédies populaires lui vont comme un gant, comme "Le Dîner de cons" de Francis Weber où il incarne un inspecteur des impôts sadique, rôle qui lui vaut un César du Meilleur second rôle en 98. Ou "La vérité si je mens", dans la peau d'un directeur des achats qui se trompe dans les chiffres d'une commande de poupées, sans oublier "Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil" de son ami Jean Yanne, où il joue un animateur cire-pompes hilarant.

Outre ses écrits autobiographiques qui l'ont sorti de son enfermement, il a signé des textes humoristiques comme son "Bestiaire pour tous", nouvelles qui mettent en scène le monde animal à travers des faits d'actualité. Et il faut bien sûr encore évoquer l'époque bénie du "Petit Rapporteur", émission culte et déjantée présentée par Jacques Martin. Son reportage sur la ville de Montcuq fait partie des annales. Tout comme la célèbre bataille de boudins blancs avec Pierre Desproges avec qui il fonctionnait souvent en tandem.

Provocateur, ayant le goût du happening, Daniel Prévost est inimitable, surtout son rire sonore et sifflant ! Mes aussi ses tirades impertinentes dont il ne se prive pas, du genre : "Vous avez perdu la foi, vous ne croyez plus en dieu, mangez de l'andouille, ça reviendra...".

Hep taxi ! Ce programme est disponible sur Auvio.