La Trois

11:15 - Vendredi 24 mars

Dites-moi Madeleine Griselin

Dites-moi
  • Durée : 01:05
  • Controle parental : Pour tous
  • Thématique : Culture

Madeleine Griselin s'est surtout faite remarquer pour son expédition au Pôle.
Mais comment atterrit-on au Pôle Nord quand on a passé son enfance à Villerupt, en Lorraine, non loin de Longwy ? Difficile à dire mais Madeleine Griselin a toujours eu cela dans le sang, depuis sa plus petite enfance. Aussi à dix-huit ans se lance-t-elle dans des études de géographie à l'université de Nancy.
Elle en sort quelques années plus tard docteur en géographie, hydrologue et se retrouve chercheuse au CNRS de Besançon.
1984, après une année de stage à Ottawa et au retour d'une expédition sur un brise-glace, elle veut gagner à skis le Pôle Nord. Elle forme une équipe composée de huit femmes venues de France ou du Canada.
Leur itinéraire : départ de Spitzberg en Norvège vers le pôle, un chemin hors des sentiers battus.
Son but : semer des balises Argos pour mesurer la dérive de la banquise qui, en un seul jour, peut dériver de plusieurs dizaines de kilomètres. Mais aussi observer la climatologie et voir comment le corps féminin réagit au froid.
Pendant trois mois, ces femmes vivent une aventure où le moindre coup de cafard ou la moindre défaillance allait durement les éprouver. La solitude y est le pire ennemi.
Mais si la psychologie jouait, le physique aussi prenait un sacré coup. Témoins : la disparition de leurs règles et l'amenuisement de leurs seins. A -48°C, vaincre la fatigue, franchir des crêtes avec les traineaux individuels à tirer, éviter les obstacles et les dangers, ce n'est pas une sinécure.
C'est à Huguette que Madeleine confiera sa bague donnée par Véronique, sa soeur ainée, morte inopinément à 24 ans et dont elle a du mal à se séparer.
Mais sur la banquise, par -35°C les bijoux sont proscrits.
Madeleine écrira à ce moment-là : "Je ne crois pas aux porte-bonheur. Mais, aussi cartésienne que je puisse être, en l'enlevant et en la confiant à Huguette, j'ai eu comme l'impression ce soir-là d'ôter ma cuirasse".
Apres 60 jours et 600 kilomètres, leurs corps habitués au froid sous les chauds duvets, souffrent soudain de "chaleur". II faut dire que le thermomètre est remonté à moins vingt.
Mais la débâcle n'est pas loin. Le réchauffement du pôle entraine la dérive des glaces et rend la progression de plus en plus dangereuse. Parfois la glace se rompt et l'on agrippe le premier bâton venu.
Vaincues les femmes n'ont pas atteint le pôle tant convoité mais elles se sont battues pour la science. II reste les balises plantées dans le sol, sortes de mini-stations munies d'un émetteur.
Elles ont également prouvé que les femmes étaient aussi capables d'efforts de longue durée malgré les différences physiologiques entre les deux sexes. D'ailleurs un homme a eu le mot juste : "Après tant d'histoires d'hommes, enfin une histoire de femmes, à quand une histoire mixte ?".
Et vous Madeleine Griselin après cette expédition et cette aventure littéraire et scientifique de "Huit Femmes pour un Pôle" dites donc a Michele Cédric qui se cache derrière l'aventurière ?...