La Trois

01:25 - Mardi 20 juin

Dites-moi - Akarova (Boucle de nuit)

Dites-moi - Akarova
  • Durée : 01:04
  • Controle parental : Pour tous
  • Thématique : Culture

Emission réalisée en 1990.
Michèle Cédric s'entretient avec Akarova célèbre danseuse belge des années 20 à 50 mais aussi chorégraphe, sculptrice, artiste peintre, poète et musicienne, née le 30 mars 1904.
Akarova, 86 ans, une peau de bébé, de longs cheveux blancs et raides coupés au carré, un regard magnétique et la jeunesse de ses vingt ans. A elle seule, elle représente la synthèse de tous les arts. L'une des figures de l'avant-garde des années 30 en Belgique, elle a côtoyé les plus grands artistes.
A l'époque du reportage elle vivait dans un atelier-capharnaüm où s'entassent les souvenirs de sa gloire, entourée de ses trois chiens et de son perroquet Kokoschka.

Son père était un entrepreneur qui travaillait d'instinct et construisait des maisons sans plan. Son frère était architecte, élève d'Horta. A 14 ans, Marguerite Acarin (Akarova était un nom d'artiste car à l'époque, c'était la vogue des ballets russes) commence le chant, et de sa voix de mezzo-soprano interprète les oeuvres de Duparc, Fauré, Ravel et Debussy.
Mais elle joue aussi du piano devant Eugène Isaïe.

Femme envoûtante, elle sera la muse de nombreux hommes célèbres : l'écrivain Charles Plisnier, Raymond Duncan, danseur excentrique avec lequel elle se promenait en ville déguisée en homme. Puis elle épouse le peintre Marcel-Louis Baugniet qui lui dessine ses costumes de scène: "Je regardais sa main", se rappelle Akarova, "et je savais que sa ligne serait unique."

Pourtant, le talent de Baugniet n'était pas reconnu à l'époque. Mais Akarova, qui avait un sens divinatoire, percevait les êtres tels qu'ils étaient au plus profond d'eux-mêmes et ensuite les révélait. Par son instinct précurseur, elle prévoyait le succès de ceux que la critique boudait.

Akarova, qui jonglait avec aisance avec toutes les disciplines artistiques peignait elle-même les tissus de ses costumes. Elle réalisait, les décors et les affiches de ses spectacles. Ses élèves, qui l'appelaient "petite madame", racontent qu'elle possédait un fluide magique. Exploratrice de l'âme, elle donnait encore à 86 ans "des cours de coeur et d'âme", même le Dimanche !

Akarova est décédée le 24 juin 1999 à 95 ans.