La Trois

21:05 - Vendredi 11 janvier

Anne Teresa De Keersmaeker - Mitten Chorégraphie sur les suites pour violoncelle de JS Bach

Anne Teresa De Keersmaeker - Mitten
  • Durée : 00:55
  • Controle parental : Pour tous

Le film "Mitten" d'Olivia Rochette & Gerard-Jan Claes suit les dernières semaines de répétition de "Mitten wir im leben sind", le spectacle élaboré par la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker, sa compagnie Rosas et le violoncelliste Jean-Guihen Queyras sur les six Suites pour violoncelle de Jean-Sébastien Bach. Le film montre la minutie avec laquelle ATDK déploie un univers chorégraphique à partir de l'écriture musicale. Ce processus de création intensif, avec ses remaniements et cisèlements incessants, démontre un inépuisable désir de précision. Et c'est ce qui se reflète dans le regard patient que les réalisateurs ont jeté sur le travail de la chorégraphe, du musicien et des danseurs.

Bach est l'un des compositeurs qui imprègnent le travail d'Anne Teresa De Keersmaeker depuis longtemps et en constituent bien souvent le fil rouge. On se rappelle "Toccata" (1993) sur les Fugues et Partitas; "Zeitung" (2008), dans l'harmonie ou le décalage, l'unisson ou le contrepoint, avec des alternance de Bach, Schönberg et Webern; ou "Partita 2" (2012) en duo avec Boris Charmatz et avec Amandine Beyer au violon. La Chaconne était jouée trois fois, dont une fois dans le noir absolu.

"Mitten wir im leben sind" est une chorégraphie pour cinq danseurs (3 hommes-2 femmes) et un violoncelle. Jean-Guihen Queyras et ATDK ont travaillé ensemble pour décortiquer les partitions et en comprendre l'essence, les articulations, les harmonies, les différentes lignes de lecture. Ils se sont influencés l'un l'autre dans l'interprétation de l'œuvre. Comme dans les 6 Suites de Bach, il n'y a pas de basse continue, le violoncelliste l'a reconstituée virtuellement pour que la danse puisse s'appuyer dessus.

ATDK est sur scène entourée de 4 interprètes de sa compagnie. Une étincelante rencontre entre danse et musique par deux passionnés de Bach et de ses architectures si bien construites. Une mise en perspective de la musique éblouissante, car la chorégraphe a pu rendre en mouvements le langage si complexe du compositeur, sa vitalité rythmique et l'enchevêtrement de ses lignes mélodiques.

Le titre "Mitten wir im leben sind" est tiré d'une phrase de Luther : Au cœur de la vie, nous sommes entourés par la mort. Phrase gravée d'ailleurs sur la tombe de Pina Bausch. Ces Suites correspondent à de sombres événements de la biographie de Bach : la mort de sa première épouse et de quelques-uns de ses enfants. Les Suites exhalent un pathos mélancolique et intimiste. ATDK a, quant à elle, joué sur la gravité...