RTBF .be

Le mauvais genre de Michel du lundi 22 mai - RTBF Livres a domicile

Livrés à domicile

  • La Deux
Livrés à domicile

Le mauvais genre de Michel du lundi 22 mai

  • Comme de coutume, Michel Dufranne vous a dégoté un polar intense en prise directe avec la société. A travers une histoire de crime sordide émerge une myriade de thématiques actuelles comme la filière des clandestins, les mariages blancs, le code de l'honneur, la problématique kurde ou encore les relations franco-turques. Servi par une écriture incisive et en seulement quelques courts chapitres, l'auteur réussi le pari de nous prendre aux tripes. Bonne lecture!

    "Récit d'un avocat", Antoine Brea, Seuil

    Michel Dufranne

    Michel Dufranne - © Tous droits réservés

    Antoine Brea, "Récit d'un avocat", Seuil

    Antoine Brea, "Récit d'un avocat", Seuil - © Tous droits réservés

    En 1996, la cour d'assises du Jura condamne deux réfugiés kurdes, Ahmet A. et Unwer K., à trente ans de prison pour l'un, à la réclusion à perpétuité pour l'autre, pour faits de viol aggravé, assassinat en concomitance, tortures et actes de barbarie sur la personne d'Annie B., une jeune aide-soignante. Seize ans plus tard, le narrateur, jeune avocat souffreteux, se voit chargé par une vieille amie de porter assistance à " ce pauvre Ahmet " qui purge toujours sa peine à la prison de Clairvaux. Celui-ci craint d'être expulsé vers la Turquie après sa libération, ce qui selon lui le condamnerait à une mort certaine. Pas tout à fait sûr de ce qu'on exige de lui, notre narrateur prend connaissance du dossier, sans savoir qu'il met ainsi le pied dans une affaire qui va très vite le dépasser. Si Récit d'un avocat débute à la manière d'un rapport juridique, le roman glisse rapidement vers une enquête sous le signe de l'inquiétante étrangeté, pour ne pas dire de l'angoisse pure. Bien au-delà du fait divers, ce sont des questions politiques qui émergent : les zones de guerre au Proche-Orient, Daech, l'éternel conflit entre l'État turc et les rebelles du PKK, la migration des populations qui en découle. " "Les sociétés ont les criminels qu'elles méritent', observait en son temps Lacassagne. Se doutait-il que la corporation des criminels peut être assez large pour englober ceux qui les jugent ? " Toujours sur le fil entre fiction et réalité, Antoine Brea signe ici un thriller juridique implacable.

     

    Voir

Les articles de RTBF TV

Plus d'articles