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"Hep Taxi!" à l'heure des festivals ! - RTBF Hep taxi

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  • La Deux
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"Hep Taxi!" à l'heure des festivals !

  • C'est l'été ! La saison des vacances, des plages... et des festivals ! De Dour au BSF en passant par les Francofolies, des dizaines d'artistes vont monter sur scène pour rythmer les deux prochains mois. Et parmi tous ces artistes, pas mal ont déjà ambiancé le taxi de Jérôme. On revient sur six rencontres musicales pour découvrir les hommes et les femmes qui se cachent derrière le micro...

    Eddy de Pretto, le 4 août au Ronquières Festival

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    "Hep Taxi!" à l'heure des festivals ! - © Tous droits réservés

    Des festivals de musique, Eddy de Pretto en a fait des tas. Mais avant d’être de l’autre côté du micro, c’était un simple spectateur qui se rêvait d’être sur scène. "J’adorais faire l’intéressant, danser, chanter…" Un besoin d’être vu et reconnu qui vient de l’enfance et d’un lourd sentiment d’emprisonnement. Tout petit déjà, Eddy de Pretto vivait avec cette impression de ne pas avoir le droit d’être ce qu’il est, qu’il était obligé d’être comme tous les autres petits garçons. C’est la chanson qui lui permettra enfin de se libérer et de clamer haut et fort sa différence. D’ailleurs, lorsque Jérôme lui demande "C’est quoi faire de la musique intelligemment ?", il répond "C’est à base de sincérité."


    Une sincérité que le chanteur a longtemps eue du mal à exprimer dans une famille où les émotions étaient cadenassées. "Le secret était énormément cultivé." Cette pudeur émotionnelle a été difficile à vivre pour ce jeune garçon qui se rêvait d’allier le lyrisme sacré de la chanson française avec le côté sautillant et brut du rap urbain. Dans ce foyer anxiogène où les discussions étaient menées par la télévision, mais pour lequel Eddy de Pretto ne garde pourtant aucune rancœur. Pour lui, aussi difficile qu’ai été cette vie de famille, c’est elle et son éducation stricte qui lui ont finalement permis d’être là où il est aujourd’hui. 

    Roméo Elvis, le 14 juillet à Dour

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    Entre un père chanteur et une mère comédienne, la fibre artistique de Roméo Elvis semble inscrite dans son ADN. Mais avant de la laisser s’exprimer, le grand frère d’Angèle est d’abord passé par une phase de révolte adolescente à base de vols et de bagarres. Mais pour ce grand sensible à la larme facile, constater la déception que ses choix provoquait dans les yeux de ses parents est un véritable déchirement. C’est à ce moment qu’il décidera de se prendre en main et de trouver sa voie. 


    Ou plutôt, sa voix. Celle d’un rap dont les thèmes s’éloignent des clichés habituellement véhiculés par le genre. Compliqué, en effet, pour un garçon qui a grandi dans le confort d’un foyer aimant de rapper sur le quotidien difficile de la vie en banlieue. C’est parce qu’il ne se sentait pas légitime pour évoquer ce genre de problématique qu’il a choisi d’aller à contre-courant et de parler de son amour des reptiles. "Je m’identifie à eux physiquement, parce qu’ils sont longs et fins." C’est peut-être une manière de ne pas avoir à se pencher sur des thèmes qui l’effraient, comme la vieillesse. " Vieillir, c’est perdre ses aptitudes. ". Mais c’est surtout une astuce pour ne pas avoir à parler d’un autre sujet qui l’ennuie énormément : lui-même.

    Charlotte Gainsbourg, le 27 juin à Rock Werchter

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    Charlotte Gainsbourg non plus n’aime pas trop parler d’elle. Mais quand on embarque dans le taxi de Jérôme, impossible d’y couper ! C’est ainsi qu’au fur et à mesure d’un trajet nocturne, une personnalité complexe va se dévoiler. Une personnalité loin du calme et de la douceur qui semble la caractériser. "Je n’’ai envie que de ça : aller vers des choses un peu extrêmes." C’est dans cette optique qu’elle réussira à déconcerter Jérôme en lui posant sans détour des questions sur la mort. Un sujet qui viendra naturellement après avoir évoqué son père, Serge Gainsbourg. Même si pour elle, l’artiste n’étant pas tant son père que celui de tous ceux qui l’admiraient. Lorsque Jérôme lui demande "Le poids du père, on s’y fait ?", la réponse est aussi laconique qu’incisive : "Non."


    C’est d’ailleurs pour ça que l’école lui plaisait tant. " Pour moi, c’était un refuge ". Et même si elle choisissait de changer chaque année d’établissement, l’école restait la meilleure manière de se rapprocher de la normalité du quotidien d’une petite fille. Mais pas de quoi guérir un complexe d’infériorité alimenté par une impression de ne se souvenir de rien. En tout cas, on n’oubliera pas ce passage dans le taxi, et encore moins cette dernière phrase lâchée par Charlotte Gainsbourg : " Je ne vous ai pas trop fait chier ? "

    Manu Katché, le 28 juillet au Dinant Jazz Festival

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    C’est un Manu Katché fatigué au point de ne pas reconnaître une de ses chansons que Jérôme a accueilli dans son taxi. La fatigue d’un homme qui ne s’arrête jamais de travailler. "Dès l’instant où on est passionné, on a besoin de travailler. C’est la seule façon d’évoluer." Et quelle évolution ! Qui aurait cru que ce petit banlieusard allait un jour devenir batteur de renommée internationale, côtoyer Sting et Peter Gabriel et pouvoir se permettre de décliner l’invitation de jouer avec Mick Jagger ? Pas lui en tout cas. Son seul projet d’avenir quand il était enfant, c’était de voyager. 


    Et c’est sans doute parce que la musique lui a permis d’atteindre ce rêve qu’il se sent maintenant investi d’une mission auprès d’elle. Pour Manu Katché, l’expression artistique a une dimension spirituelle et celui qui a atteint la maîtrise d’un art a pour responsabilité de l’utiliser pour transmettre des émotions fortes. Pour en arriver à un tel niveau d’exigence de soi, l’ancien juré de la Nouvelle star a du énormément travailler. "Est-ce qu’il faut souffrir pour arriver à ce niveau-là ?", demande Jérôme. "C’est pas qu’il faut souffrir, on souffre d’office." Une souffrance émotionnelle salvatrice pour celui qui, a 60 ans passé, a énormément d’énergie à revendre ! 

    Orelsan, le 19 juillet aux Francofolies de Spa

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    Dès qu’Orelsan ouvre la bouche, il donne l’impression de tourner au ralenti. Le rappeur aime prendre son temps, à l’image de sa carrière musicale qu’il démarre véritablement à 27 ans. Il faut dire qu’avant de se lancer dans le rap, Aurélien Cotentin est un garçon qui ne sait pas vraiment ce qu’il veut faire dans la vie. Tout ce dont il rêve, c’est de tranquillité. Du coup, un boulot de veilleur de nuit dans un hôtel où il ne se passe rien, c’était le paradis pour lui. Simple… basique ? Pas vraiment, parce qu’une fois qu’il a choisi de s’essayer au rap, il a découvert qu’il était un véritable bourreau de travail à l’instar de son idole, Michael Jackson.


    C’est d’ailleurs avec le roi de la pop que sa passion pour la musique est née, alors qu’il apprenait par cœur les paroles de ses chansons pour ensuite les interpréter à ses amis. Mais chez lui, le rap n’est pas tant une histoire de paroles que d’énergie transmise. C’est pourquoi il préfère travailler la musicalité d’un morceau plutôt que de lui apposer une portée revendicatrice. Ce qui l’amuse vraiment dans l’écriture, c’est de remplir ses textes d’humour et de références cinématographiques. Une discipline qui lui demande beaucoup de temps, au point de ne même plus pouvoir s’adonner à ses loisirs préférés : le cinéma et la lecture.

    Christine and the Queens, le 14 août au BSF

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    "Hep Taxi!" à l'heure des festivals ! - © Tous droits réservés

    La lecture a toujours fait partie intégrante de la vie de Christine and the Queens, ce qui lui a permis de se forger un imaginaire créatif dès son plus jeune âge. Quitte à effrayer ses parents. "Les premières nouvelles que j’ai écrites, ma mère a eu peur." C’est peut-être une bonne chose qu’elle ait décidé de se tourner vers la chanson. Un art qui lui permet d’exprimer ses angoisses et ses névroses. La musique comme thérapie, c’est en partie ce qui l’aidera à avancer dans la vie. Mais le déclic se fera lorsqu’elle partira pour Londres à 20 ans et qu’elle fera la rencontre de trois drag-queens. Des hommes qui se sont créés des alter-égo pour se sentir mieux dans leur peau, voilà qui inspire l’artiste qui laissera Héloïse Letessier en Angleterre pour revenir en France sous le nom de Christine and the Queens. 


    Mais où se termine Héloïse et où commence Christine ? "Mon but ultime, ce serait de fusionner." Si elle dit ne se sentir bien que lorsqu’on l’appelle Christine, la chanteuse s’amuse surtout à brouiller les pistes et alimenter la confusion. À la manière de ses textes délibérément cryptiques laissés à l’interprétation de chacun. Une technique directement inspirée de son idole, Alain Bashung. Le temps passe vite à bord du taxi et alors qu’elle est loin d’avoir dévoilé tous ses secrets, Christine doit déjà partir. Mais pas avant d’offrir à Jérôme un petit concert improvisé en guise de paiement. La musique : le plus beau des cadeaux.

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