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Vous pensez tout connaître de Joëlle Scoriels ? Détrompez-vous ! - RTBF 69 minutes sans chichis

69 minutes sans chichis

  • La Deux
69 minutes sans chichis

Vous pensez tout connaître de Joëlle Scoriels ? Détrompez-vous !

  • Exigeante dans son métier, impulsive dans sa vie, Joëlle Scoriels est à bien des égards, surprenante ! Elle rayonne au sein de notre équipe, tant par son talent que par sa beauté et sa simplicité. Parce que « 69 minutes sans chichis », c’est aussi, elle, nous ne pouvions quand même pas ne pas l’interroger ! Notre objectif faire le point sur son parcours et sa vie. Joëlle Scoriels sous toutes ses facettes, c’est en exclusivité rien que pour vous !

    « Je présenterais volontiers mes émissions en peignoir-éponge jaune canari (maculé de taches de guacamole) avec un masque de concombres en train d’agir sur mes cernes »

    • Parlons d’abord de ton parcours… Comment es-tu arrivée dans le milieu de la TV ?

    Parce que je ne sais pas dire non – au cas où ce qu’on me propose tourne à l’opportunité extra-chouette. C’est tout à fait par hasard, à l’occasion d’un dîner chez une amie, que j’ai rencontré un producteur qui cherchait un visage pour monter une petite émission sur MCM Belgique. J’étais alors assistante en linguistique à l’UCL, et je trouvais " audacieux " ou en tout cas original de cumuler la présentation du Top 50 avec un job académique.

    • Et pourquoi as-tu décidé de continuer dans cette direction-là ?

    De fil en aiguille, j’ai reçu de plus en plus de propositions en télé (et comme je ne sais pas dire non…). C’est un univers dans lequel il faut travailler sérieusement, mais les émissions que j’anime ont toujours été marquées du sceau de la légèreté, de telle sorte que je passe environ 74,8% de mon temps de travail à m’amuser.

    • Qu’est-ce que tu aimes dans ce métier ?

    Tout le travail d’équipe qui permet de diffuser, en bout de course, un programme efficace ou au moins décent. J’ai toujours eu de la chance de ce point de vue, je bosse avec des gens intéressants et rigolos. Et j’aime aussi le fait d’avoir le temps de construire une rencontre avec un invité (dans le cadre de 69 minutes sans chichis). Observer en direct comment celui-ci entre dans la danse – ou pas, et tâcher d’ajuster mon attitude à la sienne.

    • Et a contrario, que détestes-tu dans ton métier ?

    Ce qui relève des apprêts et autres coquetteries. C’est très chouette de se pomponner quand on en a envie, mais si c’est un " devoir ", je trouve ça plus rasoir. Je présenterais volontiers mes émissions en peignoir-éponge jaune canari (maculé de taches de guacamole) avec un masque de concombres en train d’agir sur mes cernes. Mais je crois comprendre que les conventions du métier ne le permettent pas.

    • Quel a été ton plus beau souvenir dans ta vie professionnelle ?

    Je ne me trouve jamais excellente, alors c’est difficile de pointer un moment. J’aime bien participer à des émissions " événement ", recevoir un invité dont la venue crée une certaine effervescence. Elio di Rupo, Delphine Boël, Johnny Hallyday ou Michel Polnareff… J’étais contente aussi de la 2e édition des D6Bels Music Awards en janvier dernier : un “gros direct” très brillant, dans lequel il s’agissait de créer du lien dynamique et efficace entre 36 interventions différentes. C’était très gratifiant de mener la soirée à bien.

    • Et le pire, quel est-il ?

    Du temps d’MCM Belgique, mes interviews d’artistes en anglais. Je parle l’anglais comme un Basque l’espagnol. Je me suis retrouvée dans le Tour Bus de Rihanna avec une fiche pleine de questions bancales, que j’ânonnais péniblement avant de ne rien entendre à ses réponses. En soi, ce n’est pas grave, si ce n’est que j’ai vu quelque chose comme une lassitude méprisante dans son regard. J’aurais voulu être morte. Idem avec Hugh Grant interviewé à Londres pour " 50 degrés Nord ". Mais je n’ai pas pleuré !

    • ​​​​​Qu’est-ce que tu adores dans le concept de 69 minutes sans chichis ?

    La durée de l’émission qui permet d’installer un échange varié et riche, et qui amène parfois à des moments plus intimistes, voire émouvants. C’est un concept tout simple, on n’invente rien du tout, mais on travaille dans un esprit bon enfant qui crée une atmosphère particulière, " à la belge ", généreuse et, allez, disons, " sans chichis ".

    • Et si tu changerais quelque chose, ce serait quoi ?

    Ajouter de la vraie interactivité au direct, chercher un lien avec les téléspectateurs. Ce n’est pas évident parce que chaque émission est " pleine comme un œuf ", généralement on doit sucrer l’un ou l’autre passage en direct parce que les réactions de l’invité prennent plus de temps que prévu ; alors réussir à injecter ces éléments d’interactivité, ce serait un joli défi.

    • Comment te sens-tu avant un prime ? Es-tu stressée ?

    Je ne crois pas. Je suis tendue mais d’une bonne tension, je pense. Il n’est pas impossible que j’agace tous mes collègues en manifestant cette espèce de fébrilité juste avant de monter sur le plateau, mais ils sont bienveillants avec moi. Je tape dans les mains de tout le monde un peu au hasard et je bois de grandes lampées de Coca Light (ce qui est mal, pour l’intérieur de mon corps, mais surtout pour l’élocution).

    • Si je te demande un qualificatif à attribuer à chacun d’eux, quels seraient-ils ?

    Dan Gagnon : over-libre dans sa tête (et dans son corps).

    Olivier Fraipont : d’une inventivité fascinante.

    Christophe Bourdon : facétieusement généreux.

    Corentin Candi : ren-ver-sant.

    • " 69’ minutes sans chichis " en quelques mots, finalement, ça représente quoi pour toi ?

    Comme c’est " mon émission ", je la chéris délicatement, tout en tâchant de ne pas en faire le noyau de ma vie, parce que mon métier est principalement éphémère et que nul ne sait si j’aurai encore longtemps la chance de mener un tel projet.

    • Si ton parcours professionnel était à refaire que changerais-tu ?

    Je ferais tout pareil, mais je serais miraculeusement douée en langues étrangères (sans, bien sûr, avoir dû consentir le moindre effort pour y parvenir). J’aurais un anglais, un néerlandais et un espagnol fluidissimes ! (et mon russe !) Et je serais aussi très douée en gymnastique (mais ça, je ne suis pas certaine que l’émission en bénéficierait directement).

    • Quel terme utiliserais-tu pour te qualifier professionnellement ?

    Exigeante envers moi-même avant de l’être envers les autres. Et probablement plutôt spontanée.

     

    Joëlle Scoriels - Ph. Buissin

    « Je suis légèrement sauvage, pas forcément à l’aise " en société ", un peu trash par endroits. Je suis une dernière-minutiste mais perfectionniste »

    • Qu’est-ce qui te passionne dans la vie ?

    À part l’amour ? Mes enfants. Le talent des autres. Et la beauté. (De tout ce qui s’offre au regard ou à l’esprit.)

    • Et qu’est ce qui te tracasse ?

    À part l’amour ? Mes enfants… ce qu’il va leur arriver, dans quel monde ils vont vivre, comment ils vont trouver une voie qui les satisfasse, comment ils vont être aimés…

    • Selon toi, quelle est ta plus grande qualité ?

    La loyauté. (J’espère.)

    • Et ton plus gros défaut ?

    Ma sociopathie ? En fait, relationnellement, j’ai du mal à exprimer mes attentes ou mes besoins d’une façon appropriée ou recevable par autrui. Alors parfois, ça couaque.

    • Tu es douée en….

    Tout ce qui est relationnel… Non, je ris. En dessin. Et en admiration d’autrui.

    • Comment es-tu dans la vie de tous les jours ?

    Pénible, bien entendu ! Non, mais un peu compliquée, je crois. Je suis légèrement sauvage, pas forcément à l’aise " en société ", un peu trash par endroits. Je suis une dernière-minutiste mais perfectionniste, alors parfois, je me sens débordée et mon entourage en pâtit. Je suis aussi gourmande, et douée pour profiter de ce qui se présente.

    • La chose la plus surprenante que tu aies faite dans ta vie ?

    De la télévision ! Ce n’était pas au programme du tout…

    Et du sport ! Ce n’était pas au programme du tout…

    Ou du transport de fonds, peut-être : pour remplacer un ami empêché, vers 19 ans, j’ai fait le tour d’une série de boutiques de télécommunication bruxelloises pour y récupérer les recettes (du black, je suppose), et je passais des heures à transporter des centaines de milliers de francs belges dans ma boîte à gants.

    Sinon, au chapitre " improbable ", j’ai conduit un tramway (à Charleroi, dans le cadre d’une émission spéciale " Sans chichis ").

    Ou encore : j’ai nettoyé la blessure pleine de sang et de pus d’un lépreux, en Inde. (Dans le cadre d’une mission d’Action Damien, que je parrainais.)

    • Et celle que tu n’as pas encore accomplie mais que tu aimerais réaliser ?

    Je voudrais aller voir la Nouvelle-Zélande. Et l’Islande. Et tout ce qui finit en -lande (sauf les landes de pierre).

    • Et pour terminer... Dans 10 ans, tu te vois comment ?

    Je pourrais continuer à bosser dans les médias. Comme je serai toute décatie, j’aurai peut-être un vrai physique de radio. J’aurai peut-être réussi à recommencer à dessiner, et j’aurai vendu mes oeuvres à des marchands d’art tokyoïtes. Mes enfants continueront de m’aimer, ils auront les cheveux bleu vif et des puces électroniques anti-transpiration dans les aisselles. Je vivrai dans un penthouse qu’un mari (un peu nanti) aura fait bâtir pour moi au milieu du bois de la Cambre et je viendrai travailler à Reyers en jetski (parce que quelques canaux auront été astucieusement creusés entre mon domicile et mon lieu de travail). Ou à cheval. Je me nourrirai de carbonara, de chantilly et de noix de cajou.

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