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Maurane vue par Joëlle Scoriels : une femme vivante, fragile et timbrée - RTBF 69 minutes sans chichis

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  • La Deux
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Maurane vue par Joëlle Scoriels : une femme vivante, fragile et timbrée

  • Il y a 4 ans, Joëlle Scoriels accueillait Maurane dans son émission. Un moment inoubliable sur lequel elle revient avec émotions ! L’occasion pour Joëlle de nous en dire un peu plus sur Maurane...

    Quel souvenir gardes-tu de ta rencontre avec elle ?

    J’ai rencontré Maurane à quelques reprises, dans des émissions ou dans des cadres plus informels, et elle m’est toujours apparue comme une femme bouillonnante et tendre. Elle semblait capable de ne jamais s’autocensurer, ce que je trouve merveilleux. Elle m’a tellement séduite par sa disponibilité, sa lucidité et, bien sûr, son talent définitivement splendide.

    Après cette rencontre, si tu devais donner trois qualificatifs à Maurane, quels seraient-ils ?

    Je dirais : timbrée ; fragile ; vivante.

    Timbrée parce qu’elle a souvent pu se montrer joyeusement dingo ! Mais surtout parce que son timbre de voix est, de toute évidence, un joyau. Son timbre est immédiatement reconnaissable, ultra profond et velouté. Et ça, c’est un cadeau que nous, simples mortels, avons reçu pour toujours.

    Fragile parce que ses célèbres coups de sang ont toujours laissé transparaître une émotivité incontrôlée, ce qui, d’après ce que j’ai perçu, ressortit à une forme de vulnérabilité assez redoutable. Durant notre " 69 ", elle a évoqué à plusieurs reprises les personnes qui ne l’ont jamais trahie (elle parlait notamment de sa fille et du père de celle-ci), laissant deviner, en filigrane, combien d’autres ont pu la blesser en la trahissant.

    Vivante, à cause de ce qui ressemblait à un besoin urgent de profiter de ce que la vie a pu lui offrir, en dépit des difficultés de toutes sortes. Je parierais qu’elle a été plus vivante que nombre d’entre nous.

    Quel a été ton ou tes moments préférés dans l’émission avec elle ?

    Elle a chanté en live, et, fatalement, ça a été le moment fort – c’est le cas de le dire, elle a interprété le titre " Trop forte ", qui jouait avec sensibilité sur l’ambivalence du mot, le poids versus la force d’âme.

    J’ai adoré le moment où Philippe Lafontaine est venu accorder sa voix à la sienne.

    J’ai aussi été touchée par les témoignages de ses proches. Son ex-mari, Pablo, le papa de Lou, a été simple et percutant.

    Et quand on a assisté en images au retour de sa grande sœur dans leur maison d’enfance, quand on a vu le message de son amie et les yeux pleins d’affection de son frère, avec qui elle n’avait plus été en contact durant des années, c’était très joli à vivre.

    Quelle image avais-tu d'elle avant de la rencontrer ? Cette rencontre a-t-elle modifié ou confirmé ta perception ? 

    Comme tout le monde, je connaissais les chansons de Maurane, j’admirais sa voix, j’étais plus ou moins sensible à ce qu’elle livrait d’un disque à l’autre. Quand je l’ai rencontrée, j’ai perçu l’intensité de son art et de la façon dont elle vivait celui-ci. Lors d’une émission précédente (la quotidienne de Sans chichis), elle avait improvisé des harmonies absolument divines sur un air de Nougaro. Je me souviens d’avoir été si heureuse de pouvoir lui dire à quel point je l’admirais. Elle chantait comme on respire.

    As-tu une anecdote à nous raconter (dans ou hors antenne) ?

    Pour " 69 minutes sans chichis ", Maurane n’a pas voulu être équipée des petits micros " cravate " qu’on ajuste au col de tous nos invités. C’est la seule à avoir demandé de faire toute l’émission en tenant son micro à la main, comme si elle ne pouvait pas faire l’économie de cet attribut de son métier de chanteuse, dans lequel elle pouvait moduler sa voix. Ça m’a donné l’impression que toute sa vie tenait dans la maîtrise de cette voix. Quand elle n’a plus pu chanter (ses cordes vocales ont été comme diminuées, durant deux ans, avant qu’elle ne fasse son récent retour), je sais que l’épreuve a dû être terrifiante.

    Maurane dans 69 minutes sans chichis

    Maurane dans 69 minutes sans chichis - Martin Godfroid

    Qu’est-ce qui te frappe le plus chez Maurane de manière générale, par rapport à son parcours ?

    Je dirais son sens du partage. Dès que sa voix pouvait entrer en résonance avec celle d’un(e) autre artiste, à l’occasion des très nombreux duos qu’elle a réalisés, on la sentait prendre un plaisir fou, jouer véritablement de sa voix comme d’un instrument souple et fabuleux, qu’elle mettait au service non pas d’elle-même mais de la Musique avec un beau grand M.

    Qu’as-tu ressenti quand tu as appris la nouvelle de son décès ?

    J’ai été envahie par une énorme tristesse ! J’ai repensé à nos quelques rencontres avec le cœur vraiment navré, et puis j’ai été très émue de constater comme elle a été chère aux artistes qui l’ont côtoyée ainsi qu’à tous les Belges. Elle est à jamais une artiste merveilleuse, et je mesure à quel point le fait d’avoir été en contact avec elle constitue un privilège vivifiant, une très grande chance.

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