"Un micro ça peut aider les enfants à se révéler à eux-mêmes" : David Wathelet fête les 20 ans des Niouzz

Bon anniversaire Les Niouzz ! L’émission fêtera ses vingt ans avec plein de surprises et de souvenirs. David Wathelet nous donne rendez-vous le 13 mars sur OufTivi.

Toute cette semaine, l’équipe des Niouzz propose chaque jour une séquence spéciale pour célébrer ses vingt années d’existence. Cette semaine d’anniversaire se finira en apothéose le vendredi 13 mars, jour J, avec une émission spéciale. Pour celle-ci, David Wathelet, Marie Bourguignon et Prezy se sont rendus à l’école Saint-Joseph de Gesves pour un tournage au milieu des élèves.

Pour l’occasion nous avons rencontré David Wathelet, journaliste et animateur pour Les Niouzz

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David Wathelet © 2020/MARTIN GODFROID

-> Que va-t-on retrouver au programme de cette émission spéciale ce vendredi 13 mars ?

David Wathelet. Ce vendredi on a prévu surtout de faire une grosse surprise à une de nos classes Niouzz. On est allé leur rendre visite tous les trois. Ce qui n’arrive jamais car d’habitude il y a un animateur qui va dans une école mais jamais trois. On a voulu faire la fête avec eux, manger un beau gâteau au chocolat avec de petits personnages à notre effigie. La deuxième chose, on avait envie de partager avec eux des souvenirs. Pour voir d’où ça vient les Niouzz et surtout pour mettre en parallèle avec ce qu’il se passe maintenant en leur montrant des sujets d’il y a 20 ans.

Par exemple, il y avait des sujets sur l’Amazonie, des sujets qui faisait le tour de la planète. La remarque d’un enfant était "mais enfin, 20 ans plus tard on a Greta Thunberg et rien n’a changé en gros, vous parliez déjà de climat il y a 20 ans c’est quand même incroyable". Ça les a même un peu énervés car ils remarquent qu’on a encore perdu 20 ans alors que les signaux étaient déjà là.

On a fait la même chose pour toute une série de sujets dont les nouvelles technologies parce que c’est toujours rigolo de savoir qu’il y a 20 ans c’était les premiers sujets sur les GSM. Il y avait des conseils de spécialistes qui disaient, "il ne faut surtout pas toucher l’antenne". 20 ans plus tard, cette antenne, cet objet hyper dangereux, il est dans leurs mains.

Ce n’est pas faire de la nostalgie car on ne saurait pas en faire avec des enfants entre 8 et 12 ans. C’est surtout dire qu’on s’inscrit dans quelque chose et qu’on a envie de leur donner la parole. Au Niouzz on a le sentiment qu’ils ont quelque chose à dire, que leur avis compte. Donc si on peut leur tendre le micro pour le faire , on va continuer à le faire. C’était l’occasion de leur dire merci aussi.

Cette émission montre la première story Instagram de la reine Mathilde. Elle s’est prêtée au jeu avec deux enfants reporter. Elle va parler du cyber harcèlement avec eux. La reine s’est prêtée à cet exercice qui n’est pas facile pour elle. On ne l’imagine pas forcément faire sa propre story, elle a choisi Niouzz + pour le faire avec nous. Elle était ravie de travailler avec nous et on est content du contact qu’on a avec le Palais Royal, ils nous font confiance et ça nous permet d’aborder certaine thématique. L’air de rien, la famille royale ça compte encore beaucoup pour les enfants.

Il y aura des souvenirs aussi. 

 

-> Pour les 20 ans vous avez redécoré le studio ?

David Wathelet. Au départ on voulait rafraîchir le studio et finalement on l’a agrandi. On a un nouvel espace plus lumineux. On voulait quelque chose de plus cosy, plus chaleureux pour encore renforcer ce lien avec les téléspectateurs. On le constate justement qu’on a un lien de proximité avec eux. Quand on va dans des écoles on est aussi des confidents pour les enfants et donc on voulait un décor qui faisait plus on est tous chez nous.

 

-> Quand vous allez à la rencontre d’une classe, comment se passe le contact avec les jeunes ? Bien souvent ils connaissent les Niouzz ? Ils ont accès à ce programme ?

David Wathelet. Maintenant ils ont plutôt accès au Niouzz grâce à leur école et par Ouftivi tout simplement. On a des enfants qui nous découvrent à l’école dans les classes Niouzz. On a plus de 200 classes Niouzz dans la fédération Walonnie-Bruxelles. C’est un rituel, tous les jours ils regardent le programme à midi ou en arrivant à l’école. Via OufTivi on est au milieu des dessins animés et maintenant après “Rocky & Lily”.

Notre volonté n’était pas d'être une émission imposée aux enfants mais plutôt qui va leur donner envie de s’intéresser aux infos de manière ludique, les aider à comprendre le monde un peu mieux. La seule chose que je demande aux profs c’est de ne pas faire de devoirs sur les Niouzz car on est pour susciter l’envie plutôt que d’être imposé.

 

-> Avec le recul, pourquoi est-ce important d’avoir de l’info destinée aux enfants ?

David Wathelet. C’est important de les rassurer sur leurs angoisses. Il y a 20 ans on était pour les rassurer par rapport aux histoires de pédophilie. 20 ans plus tard on est toujours là pour les rassurer mais autour du coronavirus par exemple. En les rassurant on coupe court à des fantasmes pouvant naître du vide qu’il peut y avoir dans l’esprit d’un enfant, les informations sont vraiment importantes pour ça. On prend le temps d’expliquer quelque chose de précis avec un vocabulaire adapté.

Tous les jours on a des questions d’enfants sur Instagram qui nous demande “Pourquoi c’est important de se laver les mains ?”, “Quand est-ce que le coronavirus va s’arrêter ?”. Ce sont des questions très précises, c’est super car l’immédiateté entre leurs angoisses, leurs questions et notre réponse est possible. Ils nous posent une question et le lendemain on sait y répondre dans l’émission.

 

-> Être papa est un plus pour vous dans votre travail ?

David Wathelet. Si je ne me fondais que sur l’expérience d’être papa je pense que ça serait trop juste. Parce que les enfants changent très vite. Ma fille est pile poil dans la tranche d’âge mais il y a quelques années elle n’était pas intéressée. A part certains morceaux de musiques que j’aurais pu louper sinon j’ai l’habitude de cette tranche d’âge là avec l’expérience. C’est plutôt la personnalité et l’expérience qui font la différence.

Maintenant elle réclame d’être interrogée comme les autres enfants. Maintenant qu’elle est en 5e, elle a envie que les Niouzz viennent dans sa classe.

Ce qui me permet de choisir parfois un sujet plutôt qu’un autre c’est de la regarder écouter la radio et voir ce qui l’intéresse. C’est parfois surprenant.

 

-> Vous devez entendre des choses étonnantes auprès des enfants, quel est votre meilleur souvenir ?

David Wathelet. Au Niouzz ou en radio dans “C’est presque sérieux” j'adore découvrir les enfants à qui on ne donne pas spécialement la parole : les timides et ceux que j’appelle “les grandes gueules du fond de la classe”. À qui on ne tend pas toujours un micro par peur qu’ils disent des bêtises. Derrière le micro il se révèle à eux-mêmes. Ils sont heureux de parler pour qu’on leur accorde un peu d’attention en fait. Soit, parce qu’ils sont timides et donc ils sortent de leur coquille. Soit, ils se rendent comptent que leur parole a du sens. Souvent on leur demande de se taire parce qu’ils font les sots en classe. À eux je leur dis, si tu as une grande gueule utilise-la pour faire quelque chose de chouette. Ce qui me plaît avec les enfants c’est d’essayer de leur ouvrir d’autres portes.

Sinon il y a des phrases rigolotes. Une fois, je leur avais demandé “ça sert à quoi les élections ?” et un petit garçon m’a répondu “ça sert à élire les partis socialistes”, j’avais éclaté de rire. Contrairement à ce qu’on croit ils ne sortent pas si facilement des phrases comme ça, c’est du travail.

Mais finalement, un micro ça peut aider les enfants à se révéler à eux-mêmes et ça, c’est mon souvenir préféré.

Quand on va dans une classe, on ressort de là avec la banane, avec un enthousiasme, une joie, un partage, il y a une candeur c’est super gai de bosser pour les Niouzz

Mais on doit tout le temps se renouveler, c’est fatigant mais ça aide à rester jeune plus longtemps.

 

-> Y a-t-il des nouveautés au programme pour 2020 ?

David Wathelet. Sur la forme on aimerait travailler un petit peu plus sur la parole donnée aux enfants. On aimerait enrichir le résultat et aller vers d’autres types de sujets. Parler de leur ressenti sur la manière dont la société fonctionne et de ce qu’ils sont au quotidien. Ça peut être le début de la puberté, le divorce… Quelque chose encore plus proche de leur quotidien.

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L'histoire des Niouzz :

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