Le doc du Bourlingueur : le goût amer du cacao en Côte d'Ivoire

Aux quatre coins du monde on consomme toujours plus de chocolat : 7 millions de tonnes par an ! Et la consommation double tous les 10 ans. Le Bourlingueur est allé dans le plus grand pays producteur de cacao au monde : la Côte d’Ivoire. Là aussi où se trouve la pire forme du travail des enfants : des enfants esclaves. Et là encore où la déforestation est flagrante. Face à cette double problématique, les industriels, eux, sont pleins de bonnes intentions, mais parviennent-ils à les appliquer ?

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La Côte d’Ivoire produit 40% du cacao mondial. Celui-là même que nous mangeons, chez l’artisan ou l’industriel. Mais c’est également là que survivent des enfants esclaves qui manient des produits chimiques, des machettes et des poids très lourds.

Et depuis 25 ans, près de 90% de la forêt ivoirienne a disparu et a évidemment un impact sur le climat global de la planète.

Le Bourlingueur prend la direction de l’extrême ouest de la Côte d’Ivoire, à 8 heures de route d’Abidjan, près de la frontière avec le Libéria, là où se situent les grandes forêts. Le travail des enfants y est formellement interdit, punissable d’une peine d’emprisonnement de 6 mois, mais il est très difficile à prouver. Le spectacle est désolant : des forêts mortes pour laisser place au cacao, malgré l’interdiction formelle de toucher aux arbres et encore moins pour cultiver. Des clandestins se sont appropriés des forêts qui ne leur appartiennent pas. Ce sont des zones de non-droit. Des campements de fortune où vivent des hommes et des enfants qui travaillent le cacao en ouvrant les cabosses dures à coups de machettes pour en extraire les précieuses fèves. L’autre partie du travail, encore bien pire sur le long terme pour la santé, ce sont des herbicides de glyphosate que les enfants doivent pulvériser dans la forêt pour tuer la végétation, et ce, sans aucune protection.

Alors les industriels veulent faire bonne figure : nous montrer à nous, consommateurs, qu’ils sont transparents, veulent sauver la planète et garder les mains propres. Depuis 10 ans, ils jurent qu’ils font tout pour sauver les forêts et envoyer les enfants à l’école mais sur le terrain, c’est une autre réalité à laquelle nous assistons.

 

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Le prix d'un enfant, le flou de la chaîne du cacao

Ici, un travailleur sur trois est un enfant et les travailleurs sont en réalité des migrants venus du Burkina Faso pour fuir la misère et la sécheresse. Tous sont arrivés enfants, vendus par leurs parents à des trafiquants, et travaillent clandestinement depuis des années. Ces jeunes travaillent pendant des années gratuitement, sont simplement nourris, jusqu’à ce que leur patron daigne leur donner une petite parcelle de cacao pour qu’ils puissent enfin vendre leur produit et toucher un peu d’argent. Acheter un enfant au chef d’un réseau coûte en moyenne 300 euros, voilà le prix d’un petit esclave.

Partout où il est cultivé, le cacao se trouve sur de petites parcelles isolées et non sur d’immenses plantations contrôlées par des multinationales, ce qui rend la chaîne d’intermédiaires très longue jusqu’à son arrivée dans les supermarchés, et une chaîne difficile à remonter pour les Occidentaux. Une fois récoltée, les acheteurs surnommés "pisteurs" viennent acheter la marchandise et tous ces sacs de cacao sont souvent intraçables et rentrent dans le circuit commercial. Et le principal chaînon manquant se situe entre le cacao qui sort de la forêt et son arrivée en supermarché, c’est l’acheteur occidental. Il y a pourtant des coopératives certifiées, mais les promesses sont loin d’être toujours tenues et difficiles à vérifier.

Le gouvernement ivoirien a bien un plan pour déplacer les cultivateurs et les concentrer ailleurs afin de reforester les hectares perdus, mais on constate dans le doc que rien ne s’est encore passé.

Le commerce du cacao rapporte 100 milliards de dollars chaque année aux industriels, les cultivateurs en touchent 6%.

 

Ne manquez pas Le doc du Bourlingueur ce dimanche 26 septembre sur La Trois avec à 21h05 La Face cachée du cacao suivi du doc Green Cops Afrique du Sud.

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