Le Doc du Bourlingueur : après la famine, la Chine fait face au fléau de l'obésité

Après la famine des années 60 qui avait fait près de 20 millions de morts, la Chine est aujourd’hui confrontée au fléau inverse : l’obésité. 450 millions de Chinois sont obèses ou en surpoids et les principales victimes sont les jeunes garçons et de manière générale les personnes en mal de solitude. Ce problème sanitaire et sociétal est au cœur du Doc du Bourlingueur sur La Trois ce dimanche 23 mai et sur Auvio.

Dès l’enfance, voire dès la naissance, les enfants chinois ont des problèmes de poids. On peut parfois observer des bébés avec un poids de plus de 6 kilos à la naissance.

Alors comment expliquer ce problème de santé publique ? C’est simple : avec la croissance économique, les Chinois se sont détournés de la nourriture traditionnelle chinoise – qui était pourtant un gage d’alimentation saine - pour littéralement se jeter sur la nourriture occidentale.

Les fast-foods pullulent partout, même dans des petites villes reculées. Les adolescents s’empiffrent de junk food, les parents s’affolent et les inscrivent dans des camps de redressement pour jeunes obèses afin qu’ils perdent du poids, retrouvent la santé et cessent d’être moqués et de se sentir dévalorisés. Des parents qui, pour la plupart, travaillent beaucoup, sont absents pour s’occuper de leurs enfants. Ceux-ci se retrouvent alors livrés à eux-mêmes et plus personne n’est là pour les éduquer à une alimentation plus saine.

Mangeur professionnel

Manger, le plus possible, face caméra, live. Ce n’est pas une blague, c’est un métier, très bien payé même, cela s’appelle le "mok-bang". Le concept, né en Corée du Sud, cartonne et se répand en Asie. Des jeunes s’installent à table avec leur webcam et mangent une dizaine de plats et desserts. Mais qui regarde ce triste spectacle ? Des jeunes, souvent seuls, qui ont alors la sensation de prendre leur repas avec quelqu’un, ou qui sont au régime et se sentent "rassasiés" à la vue de quelqu’un qui mange tout ce qu’ils ne peuvent pas. Consternant. Et tellement triste...

Une éducation à refaire

Heureusement, il reste quelques zones rurales où des paysans locaux cultivent encore à l’ancienne, sans pesticides, pour tenter de perpétuer une cuisine chinoise traditionnelle. Des légumes que s’arrachent ensuite les restaurants chics de la ville.
 
Quelques rares restaurateurs puristes veulent revenir à une cuisine traditionnelle, loin du gras et de la friture. Mais c’est toute l’éducation qui est à revoir et aussi peut-être les normes alimentaires, car en Chine, pratiquement aucune limite de sucre, de gras ou de sel n’est imposée.

Pourtant, la politique menée est uniquement orientée vers la perte des kilos. Maigrir à tout prix, voilà le nouveau modèle chinois. Proposer des jeux télé pour élire le grand gagnant qui aura perdu le plus de poids, oui ! Mais questionner le mode de vie des Chinois, ce qui les a menés à cette pathologie et informer des dangers des régimes trop rapides, non.
 
Et parallèlement à ce combat, c’est celui de la défense des rondeurs qui se développe à travers des nouvelles agences de mannequinat.
 
Le doc du Bourlingueur : Obésité en Chine : le "gros" bond en avant, suivi d’un second doc : Les Keys : l’archipel des fêtes sans limite, c’est à voir ce dimanche 23 mai sur La Trois et sur Auvio.
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