"La part sauvage" et "Je suis à vous tout de suite" : 2 films pour déjouer les stéréotypes

Dans La part sauvageBen sort de prison, où il a purgé une peine de 3 ans pour braquage. Là-bas, il s'est converti à l'Islam. Tout ce qu'il souhaite maintenant est renouer avec son fils Samir. De travail de réinsertion en petites récidives, Ben va mener un combat pour résister à la haine.

" Rien de tel que la religion pour fâcher une famille " proclame l’affiche de Je suis à vous tout de suite, au-dessus d’une photo de famille souriante. Heureusement, la religion n'est pas la principale source de disputes dans cette comédie avec Camélia Jordana.

4 images
Vincent Rottiers dans "La part sauvage" © WRONGMEN, RTBF, PROXIMUS

Deux films en une soirée pour tenter de déjouer les stéréotypes, c'est ce que vous propose La Trois ce jeudi 28 mai dès 21h15 et sur Auvio

Pour commencer, le film belge "La part sauvage", premier long-métrage de Guérin van de Vorst, avec un Vincent Rottiers tout en colère contenue, explore le thème de la radicalisation.

Dans LaLibre.be, le journaliste Hubert Heyrendt écrit: "Refusant trop hâtivement de juger son personnage, le cinéaste belge préfère décrire avec beaucoup de justesse et de détails l’univers dans lequel il évolue, ce Bruxelles qu’on connaît peu, de l’autre côté du canal, ces soupes populaires islamiques de la gare du Nord pour aider les SDF et au passage tenter de les mettre sur la voie d’Allah… Cette façon subtile utilisée pour peser sur les esprits les plus faibles ou fragilisés par la vie. Cela passe par un simple conseil de lecture, un repas ou un changement de nom, Ben étant rapidement rebaptisé Abu Samir (le père de Samir)."

"Je suis à vous tout de suite", un regard féminin sur la religion

4 images
Camélia Jordana et Claudia Tagbo dans "Je suis à vous tout de suite" © Athéna

Sur un ton faussement léger, dans "Je suis à vous tout de suite", Hanna a 30 ans, beaucoup de charme et ne sait pas dire non : elle est atteinte de la névrose de la gentillesse. Ce drôle de syndrome familial touche aussi son père, Omar, "épicier social" et sa mère, Simone, "psy à domicile". Avec son frère Hakim, focalisé sur ses racines algériennes et sa religion, le courant ne passe plus vraiment. Mais un événement imprévu oblige Hanna et Hakim à se retrouver.

La réalisatrice Baya Kasmi est la la fille d’un Algérien musulman et d’une Française, de parents communistes, convertie à la chrétienté, puis au bouddhisme et à l’hindouisme. Elle a donc grandi avec un pied en France et un pied en Algérie. Elle déclare: 

Aujourd’hui le lien à l’identité passe énormément par la religion. Moi je suis une femme, née en France, qui ne croit plus en dieu et qui se revendique athée (quelque chose qui m’est tout à fait naturel mais qu’on ne peut pas vraiment faire en Algérie), et évidemment je me questionne beaucoup sur ma génération et tous ceux qui ont eu ce besoin d’aller vers la religion alors que j’essayais de m’en libérer. Mon rapport à ces mouvements identitaires et religieux et à la foi critique et empathique.

Baya Kasmi a choisi le ton de la comédie car elle avait dès le départ le désir de dédramatiser une situation politique angoissante : le racisme, l’augmentation de la méfiance, la montée du religieux et l’utilisation politique qui en est fait de tous les côtés.

J’avais envie d’exprimer librement un point de vue en dehors de l’actualité sur l’Islam, le voile, le hallal. Je voulais en rire de l’intérieur, dans la complexité d’une famille.

La réalisatrice ajoute: "Dans l’humour il y a la violence et la tendresse qui coexistent."

"Je suis à vous tout de suite", avec Vimala Pons, Camélia Jordana, Ramzy et Agnès Jaoui, c'est sur La Trois à 23h10 ce jeudi 28 mai.

Cette comédie est interdite aux enfants de moins de 10 ans.