L'enquête de ma vie : les disparues de la gare de Perpignan

Gilles Soulié, directeur du service régional de la PJ dans le sud de la France, revient pour nous sur l’enquête de sa vie. Au milieu des années 90, des jeunes filles disparaissent mystérieusement autour de la gare de Perpignan. Une affaire non élucidée qui a terrifié la population et mobilisé jusqu’à 50 policiers pour finalement trouver une résolution 17 ans après les faits.

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Septembre 1995, la jeune Tatiana disparaît et très vite, c’est l’inquiétude qui s’installe. De multiples hypothèses sont émises et approfondies mais sans résultats jusqu’à aujourd’hui.

2 ans plus tard, quelques jours avant Noël, le corps d’une jeune fille, Mokhtaria, est découvert dans un terrain vague. Scène d’horreur insoutenable pour les enquêteurs et les médecins légistes : tuée d’une dizaine de coups de couteau, son corps a ensuite été mutilé. Des découpes post-mortem précises au scalpel laissent à penser que l’acte vient d’un médecin.
 
Il faut tout mettre en œuvre pour retrouver ce prédateur. Un suspect est arrêté, la population soulagée. C’est un médecin péruvien, un escroc menteur et qui a le profil idéal du meurtrier de la jeune femme. La police va axer son enquête sur cet homme pour trouver des preuves conséquentes contre lui durant 6 mois. Fausse piste.
 

Les victimes se multiplient

Juin 1998, soit 6 mois après cette fausse piste, une disparition a été signalée depuis une dizaine de jours et un nouveau corps est retrouvé : celui de Marie-Hélène, sauvagement mutilée elle aussi. Scène de consternation pour les observateurs qui sont convaincus que c’est le même auteur, les 2 jeunes filles ont le même profil, le mode opératoire est le même et les 2 crimes se sont produits dans ce même quartier de la gare.

Mais surtout, c’est la preuve que le suspect, qui était en prison au moment de ce 2e crime, n’a donc pas pu la tuer. Branle-bas de combat à la PJ qui pense à une sorte d’Hannibal Lecter, terreur au sein des habitants. C’est une grosse machine qui se met en place pour mener à bien cette enquête, tout est mis en œuvre mais l’enquête patauge.

Gilles Soulié quitte ensuite son service à Perpignan pour rejoindre celui de Marseille, emmenant avec lui cet échec. Et à peine parti, en janvier 2001, il apprend la disparition d’une nouvelle jeune femme, Fatima. Coup de massue : le tueur de la gare recommence. Très vite, un suspect est interpellé, un jeune barman qui avoue d’emblée le crime de Fatima. Il est condamné à 30 ans de réclusion criminelle. Nouveau soulagement. Mais pourrait-il également l’auteur des autres crimes ? De nouvelles investigations sont menées.

L’ADN va parler

L’été 2004, Gilles Soulié reprend pied dans cette affaire. Et ce n’est que vers 2013, et grâce aux avancées techniques dans ce domaine, que l’ADN sur une chaussure de Mokhtaria va révéler le nom d’un suspect potentiel, suspect à côté duquel ils sont passés 15 ans plus tôt. Un homme qui a déjà été condamné pour viol, dans le Nord, et qui, à sa sortie de prison, a cherché à s’installer le plus au sud. Après de longues heures d’audition, il finira par tout avouer. Lourdement condamné pour les meurtres de Marie-Hélène et Mokhtaria en 2018, ainsi que pour tentative de meurtre et de viol sur 2 autres victimes, seule la disparition de Tatiana demeure une énigme à ce jour.

 
Une terrible affaire criminelle à revivre dans l’Enquête de ma vie ce vendredi 27 août à 20h30 sur La Trois et quand vous voulez sur Auvio.
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