En finir avec le racisme ? Une école en Angleterre a essayé

 

Une expérience peu commune a été menée dans une classe d’un collège proche de Londres. Les élèves sont âgés de 11 à 12 ans et sont issus de cultures variées et de couleurs différentes. Ils vont être confrontés à la problématique du racisme.

Les Blancs se considèrent-ils inconsciemment comme supérieurs ? Les gens de couleur sont-ils tous stigmatisés ? Quels sont les préjugés ? Où se situe la façon de penser de chacun ? La notion de racisme est-elle implantée au plus profond de notre subconscient ? Voilà des exemples de questions posées dans ce documentaire en 2 parties.

 

Un test à inscrire dans le programme scolaire

 

C’est un audacieux programme scolaire, venu droit des États-Unis. Il est importé en Angleterre par Marianne Richards – experte américaine en éducation. Elle fait partie d’un groupe d’universitaires et de scientifiques de premier plan, dans le domaine de l’éducation multiculturelle.

Elle débarque dans une classe du Glenthorne Highschool, non loin de Londres. Son objectif est de tester sur cette classe les préjugés raciaux inconscients qu’ils pourraient avoir. Bien entendu, la classe composée de volontaires rassemble des élèves de nombreuses origines.

Ils ont accepté de participer au test avec enthousiasme. Ils vont vivre pendant 3 semaines, sous le regard des caméras, des moments de consternations, d’émotions et de vérité.

 

Sommes-nous tous racistes inconsciemment ?

 

Basée sur un programme d’avant-garde, l’expérimentation commence par un questionnaire sur le racisme. Les élèves doivent y répondre individuellement et le but est de savoir s’ils ont des aversions inconscientes envers leurs camarades de couleurs, qu’ils soient blancs, noirs, jaunes ou métissés. Et le résultat est étonnant pour certains d’entre eux. Ils ne s’attendaient pas à ce que cet exercice remette en question leur façon de juger leurs compagnons de classe. Le but ici est de prendre des étudiants en plein épanouissement et apprentissage, et de cette façon, saisir le problème à la racine. Il ne faut pas attendre que ces jeunes soient plus grands. À cet âge-là, les enfants se font encore facilement d’amis sans distinction de race. Ce n’est que lorsqu’ils grandissent qu’ils commencent à faire des distinctions d’ethnies, qui les amènent à un comportement d’auto-ségrégation. Il faut parvenir à changer certaines de leurs habitudes, avant qu’elles ne se cristallisent quand ils auront franchi l’âge adulte.

 

Une préférence involontaire pour les Blancs

 

Oui, vous avez bien lu. Le résultat du test est interpellant : ce sont les Blancs qui remportent un pouvoir attractif, quelle que soit votre origine.

Alors le but du programme est de bien comprendre pourquoi on en arrive à ce résultat-là. Il doit faire réfléchir les élèves sur le sujet, ce qui leur permettra alors de changer de comportement. À l’aide de jeux, d’exercices et d’activités, les ados vont remettre en question tout ce qu’ils pensaient savoir sur la race.

 

Préjugés, préjudices et discimination

 

Pour parvenir à modifier leur inconscient, il faut parvenir à enrayer la succession d’idées suivantes :

  • Tout démarre par des préjugés bien ancrés dans votre inconscient.
  • Si rien n’est fait pour que vous vous en rendiez compte, vos actes peuvent alors porter préjudice.
  • Cela entraîne dès lors des discriminations en tous genres.

Voilà en quelque sorte le chemin qu’emprunte le racisme pour se révéler chez tout un chacun. Et en général on ne s’en rend pas compte.

Vous tombez alors dans ce qu’on appelle : le cycle de l’oppression.

 

La peur de la différence ou les prémices de l’oppression

Je pensais qu’il fallait être blanche pour être belle

une élève métisse de la classe

 

 

Par le biais de l’éducation, il faut donc empêcher que les jeunes ne tombent dans ce piège et croient inconsciemment que les gens de couleurs sont des personnes inférieures.

À noter que ce documentaire étant tourné en Angleterre. La question est de savoir si ce pays est profondément xénophobe, sans même s’en rendre compte. Même si le sujet est universel, certaines spécificités sont propres au Royaume-Uni. Malgré cela, il est évident que les idées développées sur le racisme peuvent se retrouver dans de nombreuses contrées.

 

2 images
2 étudiantes de la classe © Channel 4 Television

Les chiffres attestant que les Blancs sortent du lot

 

On peut citer des dizaines et des dizaines de situations dans la société, où être blanc est devenu une race plus importante que toutes les autres.

Voici quelques exemples en chiffres pour le Royaume-Uni :

 

  • 94% des journalistes britanniques sont blancs.
  • 9% des plus grands magazines de mode on fait figurer une personne de couleur en couverture.
  • 25% seulement des professeurs d’universités sont noirs.
  • 1% des héros de livres pour enfants récemment publiés sont noirs ou de minorités ethniques.
  • Dans l’école où le test a lieu, il n’y a que deux professeurs noirs.
  • Les incidents racistes et autres sortes de discrimination dans le sport sont très importants et ont augmenté de 38%.
  • Les frais de justice et de condamnations des Noirs sont 3 fois plus élevés que pour un Blanc…

 

Conclusion : tous racistes malgré nous ?

 

Après le test du début de l’expérience, les étudiants forment des groupes en fonction de leur couleur de peau. Au fil des exercices, certains sont choqués de voir à quel point ils peuvent avoir un avis tranché sur la question. Et finalement, ils comprennent qu’ils sont en fait tous racistes, même s’ils ont beau penser le contraire.

Le but de l’expérience est aussi de parvenir à inverser le résultat du questionnaire du début de l’expérience. Voilà pourquoi à la fin de l’expérience, les élèves sont amenés à refaire le test du début.

Ce qui permet de se rendre compte si ce travail a pu changer leur perception par rapport à ce problème tristement universel.

 

 

 

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