Sofia Essaïdi : "Pour La Promesse, j’ai fouillé dans mes blessures"

Dans ce thriller en six épisodes co-produit par la RTBF, Sofia Essaïdi se glisse dans la peau d'une enquêtrice en charge de la disparition d’une petite fille. Un rôle dans lequel s’est beaucoup investie l’actrice avec qui nous avons eu la chance de nous entretenir. La série est à voir sur La Une dès le 3 janvier à 20h20, et ensuite sur Auvio !

Révélée en 2003 par la Star Academy, Sofia Essaïdi partage aujourd’hui son temps entre la musique et la comédie. Ne lui demandez pas de choisir : elle ne pourrait "pas vivre sans l’un ou l’autre". Après le succès des téléfilms Aïcha de Yamina Benguigui dans lesquels elle tenait le première rôle, Sofia Essaïdi a continué à parfaire sa carrière sur le petit écran. Vous l'avez peut-être vue dans Meurtres en Auvergne avec Frédéric Diefenthal ou dans la série Insoupçonnable aux côtés d’Emmanuelle Seigner. En 2019, elle était sur scène dans la comédie musicale Chicago. La voilà aujourd’hui à l’affiche de la prochaine série événement de la rentrée : La Promesse.

Dans cette mini-série initiée par Anne Landois (Engrenages) et réalisée par Laure de Butler (Profilage), l'histoire débute au lendemain de Noël 1999, dans les Landes. Au cours de la grande tempête qui a ravagé la France, Charlotte Meyer, une petite fille de 11 ans, disparaît sans laisser de traces. Le capitaine Pierre Castaing (Olivier Marchal), en charge de l'enquête, échoue à la retrouver. À quelques centaines de kilomètres de là, Sarah, une jeune enquêtrice (Sofia Essaïdi), se trouve confrontée à une disparition similaire.

À voir : les deux premiers épisodes de La Promesse sur Auvio !

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Sofia ESSADI, Lornt DEUTSCH et François BRIAULT dans La Promesse. © Marie ETCHEGOYEN / SORTILEGES PRODUCTIONS / AREZZO FILMS/TF1

Comment avez-vous été introduite à ce projet ?

J’ai eu la chance de recevoir une proposition de la part de la chaîne et de la production. Ils m’ont envoyé les scénarios en me demandant si ce projet m’intéressait. Au début j’étais un petit peu réticente, car j’avais déjà fait plusieurs projets de flic et j’ai toujours envie d’explorer des choses différentes. Mais à la lecture des scénarios, j’ai été immédiatement emballée. J'ai compris qu’on n’était pas dans une série de flics comme on a l’habitude d’en voir à la télévision. Il y avait quelque chose de différent et d’original. J’ai lu les six scénarios sans m’arrêter, et j’ai dit oui !

Qu’est ce qui vous a le plus marqué à la lecture des scénarios justement ?

Dans La Promesse, l’enquête n’est qu’un prétexte pour réellement parler d’hommes et de femmes, des ravages et des conséquences qu’ont les enquêtes sur les enquêteurs et les suspects. On n’a pas l’habitude de s’attarder sur les aspects psychologique et dramatique que peuvent provoquer des enquêtes, surtout des enquêtes sur des enfants. Ce qui m’a plu dans le personnage de Sarah, c’est ce côté familial et psychologique, au-delà de l’enquêtrice.

Quelles ont été vos inspirations pour interpréter votre personnage ?

Ce que je fais toujours pour me préparer à mes rôles, c’est d'abord partir d’un travail très personnel. Je pars de moi, de ce qui vibre en moi quand je lis le scénario. Sarah est bloquée dans son passé, dans ses blessures d’enfants. Cela l’empêche de profiter de son présent. On a des blessures en commun. Pour La Promesse, j’ai été fouiller dans mes blessures, dans ce qui peut encore m’empêcher d’être libre. C’est comme ça que j’aime travailler, c’est ça qui me plait dans ce métier. C’est très engageant comme travail, c’est presque du travail de psy. Nous les acteurs, on a la chance de pouvoir régler nos problèmes face à la caméra.

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Olivier Marchal dans La Promesse. © Marie ETCHEGOYEN / SORTILEGES

Vous jouez aux côtés d’Olivier Marchal. Dans une interview pour TF1, vous dites avoir sauté au plafond en apprenant que vous alliez jouer avec lui. Pourquoi tant d’enthousiasme ?

C’est quelqu’un que j’admire depuis longtemps, en tant que réalisateur et qu’acteur. J’adore les thrillers, les films de genre, les policiers. Mon coach avait travaillé avec lui sur un de ses projets il y a quelques années. Il m’a dit à l’époque : "Il faut que tu le rencontres, que vous bossiez ensemble. Il peut se passer un truc. Vous avez beaucoup de points communs". Il me connait très bien, donc ça m’était resté en tête. Olivier est un homme merveilleux, très touchant, humain et sincère. On a très vite connecté sur des valeurs humaines très belles. Evidemment, on a aimé jouer ensemble, mais au-delà de ça on a aussi la même façon d’envisager le travail, l’humanité, l’émotion, les sentiments. Ça a créé quelque chose d’assez fort qui n’arrive pas très souvent. Cela nous donne bien sûr envie d’aller sur d’autres projets ensemble.

Le tournage, comme bien d’autres, a dû être interrompu à cause du Covid-19. Comment avez-vous vécu cette interruption ?

On n’avait pas du tout envie que le projet s’arrête, car ça faisait un mois qu’on tournait. Le tournage a ensuite repris après plusieurs moi (en juin, NDLR). On était heureux de reprendre le projet, mais les difficultés sont arrivées. La série se passe en hiver, on était donc habillé très chaudement pour pouvoir supporter le tournage en extérieur (qui avait débuté en février, NDLR). Et là on se retrouve en plein été caniculaire, sauf qu'on devait porter les mêmes tenues. Physiquement ça a été assez éprouvant de devoir être habillé du matin jusqu’au soir avec des manteaux et des pulls en laine en plein été.

C’était une expérience assez unique. J’étais en sauna du matin jusqu’au soir !

Pour l’équipe technique c’était difficile aussi. Il fallait retrouver des décors, des lumières similaires à des lumières d’hiver. Il a aussi fallu faire attention au bronzage ! On tournait dans les Landes, une région du Sud-Ouest avec la mer, le soleil. Je ne suis jamais allée me baigner, pas une seule fois pendant tout le tournage, car je bronze assez vite et j’avais peur de changer de peau. Je sais que quelques acteurs ont eu ce problème et les maquilleuses avaient du mal à rattraper ça. On était tartiné de crème solaire tout le temps.

Votre carrière médiatique a commencé avec la musique. Cela fait de nombreuses années qu’on vous voit sur le petit écran, dans des rôles de plus en plus importants. Est-ce que la musique est une page que vous avez définitivement tournée ?

Jamais de la vie ! J’étais sur scène il y a peu dans le spectacle Chicago à Paris. C’est un exercice que j’adore autant que la comédie. Je ne peux pas vivre sans l'un des deux. Mais je suis de plus en plus exigeante, car je ne veux faire que des projets dans lesquels je me sens complètement en phase. Il n’y en a forcément pas beaucoup. Par exemple, Chicago, ça faisait dix ans que je l’attendais.

Dans la musique, ça a été très compliqué pour moi. J’ai travaillé avec des équipes qui ne m’ont pas permises de m’exprimer et d’être qui j’avais envie d’être.

J’ai préféré tout arrêter, car ça me faisait trop souffrir de faire des choses qui ne me plaisaient pas. J’ai pris du recul pour revenir en étant moi-même. Depuis quelques temps, je compose et j’écris un peu, je rencontre des gens que j’admire qui me font des chansons. Je n’ai plus de couteau sous la gorge, de pression, de grosse machine derrière moi qui me force à faire des choses. Quand je serai complètement fière de ce que j'ai et quand j’aurai assez de matière, je sortirai un album. Je travaille sur la chanteuse que j’ai envie d’être et ça avance bien ! J’espère pouvoir dans quelques temps présenter un travail au public, un travail qui sera pour le coup complètement personnel et qui me ressemblera de A à Z.

La Promesse, une mini-série en six épisodes à voir dès le 3 janvier sur La Une à 20h20. Les deux premiers épisodes sont disponibles sur Auvio.

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