"Salvatore Adamo, quand je chante" : l’ampleur insoupçonnée d’un artiste tant aimé

Dans le cadre de la semaine italienne, la RTBF vous propose un portrait inédit du chanteur belgo-italien le plus aimé du pays : Salvatore Adamo. Assis au premier rang de sa vie, l’artiste se confie comme jamais.

Il y a 75 ans, la Belgique signait l’accord "charbon contre main d’œuvre". L’Italie ne se doutait pas qu’elle envoyait alors l’une de ses voix les plus singulières qui allait marquer plusieurs générations et laisser sa trace indélébile dans la chanson française.

Aujourd’hui, cet enfant d’immigrés siciliens arrivé en Belgique à l’âge de trois ans, incarne 60 ans de succès et de vie sur scène à travers le monde. Après un concert au théâtre Royal de Mons, Salvatore s’est assis au premier rang de sa vie.


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Avec lui, et avec la contribution exceptionnelle de sa discrète épouse et le regard de proches comme Jacques Mercier et Thierry Coljon ou d’artistes qui interprètent librement des titres de Salvatore, on passe en revue les étapes d’une carrière exceptionnelle et voit défiler les images d’une vie qu’il regarde passer comme s’il était un spectateur.  Après tout, c’est sa vie. C’est elle qui l’a choisi…

Un documentaire inédit signé Hadja Lahbib

Journaliste à la RTBF, Hadja Lahbib, à l’écriture et à la réalisation de ce film aux côtés de Jean-Marc Panis, revient sur cette envie de mettre à l’honneur ce chanteur aux multiples facettes :

HL : C’est une longue aventure qui a commencé en 2018. Le projet a ensuite été mis de côté avant que nous ne repartions à l’attaque fin 2020. C’était le bon moment, les étoiles se sont alignées alors qu’on était en pleine 2e vague, que tout était à l’arrêt. C’est peut-être aussi ce qui a permis à Salvatore de dégager du temps parce qu’il avait forcément moins de scènes. On a pris le temps de se parler, pour faire de longues interviews.

Comment souhaitiez-vous retracer son histoire, son parcours dans le film ?

HL : Le documentaire permet de passer en revue toutes les étapes d’une vie et d’une carrière, avec le regard et l’éclairage de proches amis. On a notamment découvert un chanteur au parcours extraordinaire qui n’est pas celui qu’on pense en général. Beaucoup le perçoivent encore comme un chanteur romantique, fleur bleue, poète, une espèce de troubadour gentil. Mais c’est beaucoup plus que ça, Salvatore Adamo. C’est quelqu’un d’engagé, de concerné dans ses chansons. Il a fait des chansons dont on a découvert la profondeur et la poésie des textes. En lisant ses textes, sans la musique, les arrangements, ça prend une toute autre couleur.

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Le documentaire laisse également la place à d’autres artistes…

HL : Oui, on a contacté des artistes, mais pas seulement des chanteurs. Des poètes, des comédiens, etc. Ils se sont appropriés certains de ses textes et racontent ce qu’ils éveillent en eux. On a eu des résultats incroyables. Avec des réinterprétations permettant de découvrir la profondeur de textes engagés.

Quel moment vous a particulièrement touchée ?

HL : Nous avons eu l’opportunité d’interviewer son épouse, Nicole. C’est vraiment une femme de l’ombre, mais qui compte énormément dans sa vie d’homme et de chanteur. En discutant avec elle, elle m’expliquait à quel point elle redoutait les caméras depuis le début de leur vie de couple. Ils se sont mariés en cachette parce qu’ils ne voulaient pas d'un mariage à la Johnny Hallyday avec des milliers de fans. On est dans les années 60 où Adamo est extrêmement populaire. Lorsqu’elle raconte tout cet épisode, je trouve ça très touchant.

Dans ce documentaire, Salvatore Adamo nous ouvre la porte de sa chambre de création, il se met au piano et travaille devant la caméra

Et puis, il y a aussi toute la polémique autour de la chanson "Inch’allah". Quand Salvatore raconte comment cette chanson est née, comment il l’a écrite. Voir son processus créatif, c’est aussi impressionnant. Il nous raconte la naissance de ses chansons, comment elles lui arrivent, avec cette impression que les chansons lui préexistent en fait.

On y découvre ainsi de nouvelles facettes de l’homme ?

HL : Oui, on y découvre quelqu’un d’attachant mais aussi une personnalité qui est très complexe. Il sait ce qu’il veut. On avait cette phrase qui nous tenait comme un mantra : "deviens ce que tu es". C’est quelqu’un qui est devenu ce qu’il était. Il n’avait pas 16 ans quand il s’est mis à chanter et gagner ses premiers concours radio. On l’a très vite mis dans la case "chanteur italien". On s’était dit qu’on avait trouvé le Rocco Granata wallon.

On l’a enfermé dans une case qui ne lui convenait pas. Certains n’ont pas tout de suite vu qui était Salvatore Adamo. Lui, il savait.

Il l’a fait pour faire plaisir, mais il savait que son chemin n’était pas là. Il voulait chanter et écrire en français. Et quand on lit ses paroles, c’est d’une force poétique. On se demande comment on a pu passer à côté.

Le documentaire regorge de nombreuses images d'archives également !

HL : C’était un boulot de bénédictins. Salvatore nous a aidés. Il a une mémoire très impressionnante. Il se souvient de tout ! Il y avait vraiment beaucoup de matière, parce qu’il a aussi eu une carrière dans le cinéma que beaucoup ignorent. Il a joué dans plusieurs films et en a réalisé un. Je crois que beaucoup de gens vont être surpris de découvrir quelqu’un qui a cette ampleur insoupçonnée, alors qu’on sait que c’est déjà grand d’être Adamo.

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Salvatore Adamo, quand je chante, un documentaire exceptionnel signé Hadja Lahbib et Jean-Marc Panis à découvrir vendredi 28 mai à 20h50 sur La Une.

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