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Quai des belges : Ensor by Arno - RTBF Quai des belges/vlaamse kaai

Quai des belges : Ensor by Arno

  • Le 29 septembre à 21.30 sur ARTE Belgique, le 3 octobre à 22.45 sur La Deux

    Quai des Belges consacre sa première soirée à James Ensor. L’émission, présentée par Hadja Lahbib, a été enregistrée à Ostende en présence du chanteur ARNO qui sera l'invité unique et le fil rouge de cette promenade picturale. Il nous propose son regard décalé sur cet artiste qui ne l'est pas moins... et qu'il affectionne plus que tout. Comment Arno voit-il l'oeuvre d'Ensor, a-t-il des points communs avec lui ? Se sent-il proche, éloigné d'Ensor ? ARNO nous emmènera sur les lieux clés d'Ostende : le casino, le théâtre, une petite église de Mariakerke où Ensor est né... Il feuillette avec nous les livres qu'il possède sur le peintre, en s'attardant sur un dessin qu'il apprécie particulièrement, intitulé "Les bains". A la suite de ce tournage, ARNO débutera début octobre la tournée de son dernier album BRUSSLD. Il sera le 20/10 au KVS, le 22/10 au Botanique, le 23/10 au Cirque royal et le 25/10 à l'AB.

     

    Avec au centre de cette soirée le documentaire de Nora Philippe et Arnaud de Mézamat, « Les ensortilèges de James Ensor », produit par Abacaris Films (Paris) et GEMSELproductions (Bruxelles).

    La silhouette du peintre James Ensor hante la digue d'Ostende. Ce personnage inclassable a élaboré entre le 19e et le 20e siècle un art d'avant-garde où couleurs et motifs saisissant le carnaval du monde. Les couleurs outrancières de ses fantasmes, ses dénonciations politiques, ses expérimentations avant-gardistes, sa fascination pour la figure du Christ, mais aussi l’assèchement soudain de son inspiration au tournant du siècle, sont autant de mouvements parcourus par le film. La voix de Jean-Quentin Châtelain portant les textes du peintre, emplis de colère, de drôlerie et de poésie; la musique originale de Marie-Jeanne Séréro, les œuvres filmées au plus près, la présence lumineuse de Pierre Alechinsky, sont quelques-unes des entrées choisies par les réalisateurs pour invoquer les « ensortilèges ».

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    James Ensor

    James Ensor - © Tous droits réservés

    "Je pris plaisir à peindre des masques. La voie était heureuse : elle appelait logiquement la couleur outrancière et violente." (James Ensor)

    James Ensor (1860-1949) représente un tournant dans l'histoire des arts entre le 19e et le 20e siècle. Il a été le mentor des expressionnistes allemands et de mouvements comme Cobra. Son oeuvre "L'entrée du Christ à Bruxelles en 1889" est une révolution de l'envergure du "Bal du Moulin de la Galette" ou de "Guernica".

    Avec le temps, James Ensor a acquis un statut de peintre culte pour de très nombreux artistes et pour un certain public, mais pour quelles raisons ? Est-ce en tant qu'avant-gardiste flamboyant et provocateur qui a profondément inspiré Emile Nolde, Vassily Kandinsky, Paul Klee et Pierre Alechinsky ? Est-ce parce qu'il est LE peintre belge, à l'instar de Magritte ? Est-ce pour son personnage étrange, qui a hanté la digue d'Ostende jusqu'à en devenir l'icône ? Est-ce dû à sa vision de peintre se tenant au carrefour d'un naturalisme qui décline, d'une figuration qui s'essouffle, devenant l'un des grands précurseurs de l'expressionnisme ? Pour l'ensemble de ces raisons, mais probablement surtout par un des ressorts majeurs de sa peinture : les masques.

    James Ensor a connu un très curieux destin. Né en 1860 à Ostende, ville qu'il ne quittera jamais jusqu'à sa mort en 1949, il grandit dans la boutique familiale de coquillages, souvenirs, singes empaillés et masques de carnaval, et peint dès l'âge de treize ans. Après une formation académique à Bruxelles qui l'assomme et l'expérience des salons de peinture classique qui rejettent ses remarquables toiles d'intérieurs ayant le tort de tendre à l'impressionnisme, il opère une révolution : dans son style et dans l'histoire de l'art. Contemporain de Cézanne, van Gogh, Munch et Vuillard, Ensor peint désormais des masques. Les masques hantent sa peinture jusqu'à la fin; ils sont devenus à la fois l'emblème et le mystère de son oeuvre.

     

    Les masques

    A travers les masques, sa peinture aborde des thématiques et des registres qui nous parlent : la mort, l'illusion, l'enfance, la mer, le rire, l'angoisse. Formellement, ses motifs hypnotiques, ses compositions bancales et aux coloris violents sont formidablement novateurs. La peinture de Nolde, Kandinsky et Klee s'en ressent profondément dès les années 1910.

    Que nous disent ces masques ? Sur la scène d'une peinture devenue théâtre, les masques nous montrent le grand et cocasse carnaval du monde. Tour à tour grotesques, scabreux, mélancoliques ou joyeux, ils s'attaquent à toutes les autorités en place : les bourgeois, le roi, les médecins, les juges, les urbanistes destructeurs des belles dunes d'Ostende... Ensor n'échappe pas à la charge satirique, se surnommant "Art ensor" et se figurant, parmi ses très nombreux autoportraits, sous forme de hareng. Soudain, Ensor rejoint les dadaïstes tout en gardant une gouaille toute belge, verve qui se retrouve dans ses nombreux écrits qui alimenteront le film. Le personnage est profondément attachant, parfaitement iconoclaste, toujours visionnaire : "Je suis condamné à dépasser de dix années les recherches de mes confrères." Après Bosch et Bruegel, il s'inscrit dans la longue tradition carnavalesque flamande, culturelle comme picturale.

    Arno présente Ensor ( extrait de l'émission)

     

  • Arno présente Ensor ( extrait de l'émission)

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      Arno présente Ensor ( extrait de l'émission)

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