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Obésité : pas de chirurgie sans accompagnement - RTBF 7 a la une

Obésité : pas de chirurgie sans accompagnement

  • Un Belge sur deux de plus de 15 ans est en surpoids et près d'un sur cinq est considéré comme obèse. Pour ces personnes, la chirurgie bariatrique apparaît souvent comme la dernière solution pour perdre du poids. Mais attention, installer un bypass, une sleeve ou un anneau gastrique n’est pas sans conséquence…

    En 2016, on a réalisé plus de 2600 opérations liées à l’obésité dans les hôpitaux belges, soit deux fois plus qu’en 2010. Un véritable phénomène de société qui pousse aujourd’hui de nombreux hôpitaux à se spécialiser dans le domaine. La Clinique de l’obésité du CHU de Namur reçoit ainsi près de 500 patients par an. Mais tous ne reçoivent pas le feu vert pour une opération. " Un patient qui me dirait qu’il vient de perdre son boulot, ou qui serait en pleine rupture amoureuse, n’est clairement pas dans les bonnes conditions pour subir une telle opération, précise d’emblée Samuel Dubois, psychologue au CHU de Namur. " En cas de consommation problématique d’alcool, nous refusons aussi d’opérer les patients. "

    Car psychologiquement, les conséquences d’une intervention bariatrique s’avèrent souvent très difficiles à surmonter. " Du jour au lendemain, ce sont toutes vos habitudes alimentaires qui se trouvent chamboulées, explique Samuel Dubois. Vous devez continuer à boire un litre d’eau par jour, mais gorgée par gorgée. Vous devez manger à heures régulières, vous ne pouvez pas sauter de repas, mais vous ne pouvez pas non plus vous octroyer d’extras… c’en est fini de compenser le stress par la nourriture. " C’est pourquoi la Clinique de l’Obésité du CHU de Namur impose une journée d’information à tous les patients qui frappent à sa porte pour les informer des difficultés du parcours. Au terme de cette séance, en moyenne un patient sur cinq décide d’abandonner.

    Un parcours par étapes

    Ceux qui décident de poursuivre les démarches sont alors orientés vers une diététicienne qui va leur soumettre un long questionnaire. Une enquête qui porte sur les antécédents et les habitudes alimentaires du patient. " On privilégie les personnes qui ont déjà tenté plusieurs régimes, précise Anaïs Goossens, diététicienne au CHU de Namur. On veut ainsi éviter les patients qui se seraient réveillés un beau matin en se disant que la chirurgie allait tout régler d’un coup de baguette magique. "

    Dans la Clinique de l’Obésité du CHU de Namur, ce n’est donc qu’après avoir obtenu le double feu vert de la diététicienne et du psychologue que les patients sont orientés vers la chirurgie. Plusieurs opérations sont alors possibles pour réduire le volume de l’estomac : bypass, sleeve ou anneau gastrique. " Les statistiques démontrent que ces interventions peuvent prolonger l’espérance de vie des patients obèses de près de 8 ans, explique le Dr. François Terryn, Chirurgien digestif au CHU Namur. Ça n’a donc rien à voir avec de la chirurgie esthétique, ou une chirurgie de " confort " comme le prétendent certains. "

    Mais ce n’est pas non plus une chirurgie " miracle ". Car la réussite d’une telle intervention dépend surtout de l’accompagnement psychologique après l’opération. Un suivi que tous les centres spécialisés ne proposent pas à leurs patients. Mieux vaut donc savoir à qui on s’adresse avant de se lancer sur la voie de la chirurgie bariatrique.

    Benoît Feyt

     

    La clinique de l’obésité

    En Belgique, près d’un adulte sur cinq est considéré comme obèse. Et parmi les personnes souffrant de surpoids, nombreux sont ceux qui ont déjà tout essayé pour retrouver la ligne : sport, régimes drastiques, … Mais quand aucune de ces solutions ne fonctionne et que leur santé est en danger, la chirurgie se présente comme la solution de la dernière chance. Mais attention, une telle intervention n’est pas à prendre à la légère et peut comporter des risques. Nous vous proposons de plonger dans l’envers du décor d’une clinique spécialisée.

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