Nuestras Madres... quand un film se penche sur les pages sombres de l'histoire du Guatemala.

Nuestras Madres... quand un film se penche sur les pages sombres de l’histoire du Guatemala.
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Nuestras Madres... quand un film se penche sur les pages sombres de l’histoire du Guatemala. - © Tous droits réservés

Ernesto, jeune anthropologue, travaille à l’Institut médico-légal. Chaque jour il s’emploie à identifier les ossements exhumés d’un cimetière municipal, vestiges parmi tant d’autres d’un massacre perpétré par le commandement militaire 30 ans plus tôt, lors de la guerre civile qui a frappé son pays.

Alors qu’il recueille le témoignage d’une Indienne d’une soixantaine d’années, il pense être enfin sur la piste de son père, un ancien guérillero qu’il n’a jamais connu et qui a disparu lors de cette guerre fratricide...

Une œuvre de mémoire

Si bon nombre de guerres civiles ont fait et font toujours les gros titres des journaux, celle du Guatemala y a échappé.

Ce conflit, qui débuta en 1960 au lendemain de l’instauration d’un régime militaire, durera 36 ans. Les pires exactions seront commises au nom de " La Doctrine de Sécurité Nationale " prônées par les généraux en place.

C’est à l’occasion d’un repérage pour un documentaire que l’idée de Nuestras Madres s’est imposée à César Díaz, réalisateur belgo-guatémaltèque dont c’est le premier long métrage. Il lui fallait parler de ce que son pays avait traversé et raconter ce que toutes ces femmes mayas, particulièrement touchées, avaient pu vivre pendant cette guerre civile.

Un travail de résilience

On devine la patte du documentariste César Díaz dans cette plongée au cœur de l’histoire avec un grand H du Guatemala sur fond de procès du commandement militaire, et l’on évoquera cette superbe scène où défilent face caméra les beaux visages marqués de ces femmes mayas... des mères que l’on devine être de vraies rescapées de ces terribles massacres.

Au documentaire répond le pouvoir de la fiction avec le magnifique personnage d’Ernesto.

Jour après jour, minutieusement, le jeune homme s’applique à reconstituer une histoire que l’on a voulu enterrer, effacer (au propre comme au figuré), à offrir aux familles une digne sépulture à leurs disparus. Un travail comme un écho à sa propre histoire : avec la disparition de ce père qu’il n’a jamais connu et dont on n’a pas retrouvé la trace, une partie de son passé, une partie de lui même lui a été confisqué. 

On dit qu’un homme sans passé n’a pas d’avenir. Il en va de même pour un pays. Ce travail qu’entreprend Ernesto pour les autres, pour lui-même et d’une certaine manière pour son pays en est la plus belle démonstration...

Honoré au denier Festival de Cannes par de nombreux prix dont La Caméra d’or. Les récompenses se multiplient pour ce très beau film de César Díaz avec le prix de la critique au FIFF de Namur et tout dernièrement à Chicago, avec le Prix du meilleur réalisateur.

En outre, Nuestras Madres représentera la Belgique dans la course à l’Oscar du meilleur film international.

Des honneurs bien mérités pour ce film qu’à notre tour nous vous recommandons vivement.

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