"Mise à nu" : un téléfilm choc sur le revenge porn et ses conséquences dramatiques

À l'occasion de la semaine contre le cyberharcèlement, La Une diffuse en exclusivité le téléfilm "Mise à nu" avec Julie de Bona. Un récit percutant sur une victime de revenge porn se retrouvant sur le banc… des accusés. À découvrir vendredi 14 mai à 20h45 sur La Une et Auvio.

C'est une histoire qui commence simplement, une histoire qui aurait pu être belle. Sophie (Julie de Bona) et Vincent (Julien Boisselier), deux adultes consentants, tombent amoureux. Elle est restauratrice tandis qu'il tient la librairie juste en face de son établissement. En plein divorce, Sophie préfère garder leur histoire secrète pour ne pas blesser son ex et perturber ses deux enfants. Mais Vincent n'est pas de cet avis et insiste… trop. Tellement que Sophie met fin à leur relation. Blessé dans son égo, Vincent choisit de se venger en diffusant des vidéos intimes de Sophie, prises à son insu lors de leurs ébats amoureux. C'est le début de la descente aux enfers pour Sophie qui doit faire face à l'incompréhension de son entourage, les rires gras et gestes déplacés de ses clients, la honte et l'effroi qu'elle ressent jour et nuit, les agressions sexuelles et la dépression. 

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Julie de Bona et Julien Boisselier dans "Mise à nu". © 2021/GILLES GUSTINE-FTV-ADRÉNALINE

Une explosion du phénomène

Cette histoire est celle de Sophie, mais aussi celle des nombreuses victimes de revenge porn, une pratique qui consiste à diffuser des images de nus ou à caractère sexuel sans l’autorisation de la personne qui apparaît sur ces images. Les conséquences d'un tel acte sont dramatiques pour les victimes : sentiment de honte ou culpabilité (qui empêchent de porter plainte), dépression, syndrome post-traumatique, crises de panique, etc. "Les victimes ont tendance à rester cloîtrées chez elles, à s’isoler et à se renfermer sur elles-mêmes. Il arrive que, les victimes envisagent le suicide ou passent à l’acte", explique la Fédération des Centres de Planning familial des FPS, qui alerte sur une explosion du phénomène pendant le confinement.

Dans "Mise à nu", Sophie se confond en excuses auprès de son entourage alors qu'elle est la victime. Elle est humiliée et meurtrie par le mutisme de son père qui l'évite comme la peste. La police n'est d'abord pas d'une grande aide : "Assumez, passez à autre chose" lui dira un agent de police sous les regards amusés de ses collègues. Sophie devient une bête de foire, celle qu'on évite, la "pute du quartier", celle qu'on peut toucher sans gêne. Elle finira par trouver de l'aide auprès d'une association spécialisée dans ce type d'affaire, mais les séquelles sont déjà là, trop profondes pour que Sophie puisse agir avec sang froid.

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Julie de Bona dans "Mise à nu". © 2021/GILLES GUSTINE-FTV-ADRÉNALINE

Sans arrondir les angles, "Mise à nu" montre aussi bien le traitement réservé aux victimes de revenge porn (moqueries, ignorance, slut shaming...) que l'impact destructeur de ce type d'harcèlement. Si la peine pour ce genre de délit peut aller jusqu'à cinq ans d'emprisonnement (ainsi que des amendes pouvant s'élever jusqu'à 15.000 euros) en Belgique, peu d'affaires de revenge porn aboutissent. Dans "Mise à nu", les 58 plaintes de Sophie finissent par être classées sans suite… conduisant la jeune femme à réagir impulsivement. Un film fort et nécessaire pour se joindre à toutes les voix qui "gueulent, jusqu'à ce que la honte change de camp".

Mise à nu, vendredi 14 mai à 20h45 sur La Une et Auvio.

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