Mille-feuilles : "les derniers pour la route" de ce 11 janvier 2011

L'équipe de Mille-feuilles
18 images
L'équipe de Mille-feuilles - © Photo I.Franchimont
Quelques suggestions littéraires supplémentaires pour les amoureux de la lecture!

" Les vies liées de Lavilliers " de Michel Kemper - Ed. Flammarion

Entre rêve et réalité, Bernard Lavilliers a plus d'une vie. II existe en conséquence plusieurs manières de le raconter. On peut s'enfoncer avec lui au plus profond de la jungle amazonienne, se ganter de boxe, croupir dans d'infâmes geôles, se la jouer Borsalino... Ou, plus sagement, retrouver les traces d'un jeune homme dont l'ambition n'a d'égal que son talent. D'un chanteur qui, fardé pour l'éternité d'une palpitante légende, s'imposera comme un des géants de la scène et le restera. Ce livre est un choc et fera débat. Ce n'est pas l'histoire officielle, mythographie mille fois imprimée, qui y est racontée: c'est l'envers de la légende. Longue enquête de plus de six ans qui démêle le vrai du rêve, l'usage du rêve, où, pour la première fois, nombre de ses compagnons de route racontent leur Lavilliers, ce livre révèle la part d'ombre d'un artiste qui s'est inventé un nid pour y accoucher d'une oeuvre majeure. Après un long silence, la légende s'entrouvre enfin, mettant en lumière un personnage digne des plus beaux romans.

"Indignez-vous !" de Stéphane Hessel - Ed.Indigène

« 93 ans. La fin n est plus bien loin. Quelle chance de pouvoir en profiter pour rappeler ce qui a servi de socle à mon engagement politique : le programme élaboré il y a soixante-six ans par le Conseil National de la Résistance ! » Quelle chance de pouvoir nous nourrir de l expérience de ce grand résistant, réchappé des camps de Buchenwald et de Dora, élevé à la dignité d Ambassadeur de France et de Commandeur de la Légion d honneur !
Pour Stéphane Hessel, le « motif de base de la Résistance, c était l indignation. » Certes, les raisons de s indigner dans le monde complexe d aujourd hui peuvent paraître moins nettes qu au temps du nazisme. Mais « cherchez et vous trouverez » : l écart grandissant entre les très riches et les très pauvres, l état de la planète, le traitement fait aux sans-papiers, aux immigrés, aux Roms, la course au toujours plus , à la compétition, la dictature des marchés financiers et jusqu aux acquis bradés de la Résistance retraites, Sécurité sociale... Pour être efficace, il faut, comme hier, agir en réseau : Attac, Amnesty, la Fédération internationale des Droits de l homme... en sont la démonstration.
Alors, on peut croire Stéphane Hessel, et lui emboîter le pas, lorsqu il appelle à une « insurrection pacifique ».
Sylvie Crossman

"Dites-moi à quoi ressemble un arbre " de Marcos Ana - Ed. Aden

" Pablo Neruda, m'écoutait avec une émotion soutenue, tandis que ses doigts jouaient en silence avec un crayon vert. Avant d'aller nous reposer quelques heures, Pablo commenta, contrarié : - Nous sommes insensés, si nous avions allumé un enregistreur, tu aurais la matière pour un livre impressionnant. - Mais, Pablo, tout ce que je t'ai raconté fait partie de ma vie, je ne vais pas l'oublier et je l'écrirai un jour. - Je sais bien que ces histoires t'accompagnent et que tu ne vas jamais les oublier mais, à force de les répéter, elles risquent de se mécaniser et de perdre l'intimité, la vive et frémissante spontanéité de cette nuit. Il ne faut pas tarder à les écrire. - Ce n'est pas possible maintenant, Pablo. Je me dois à mes frères qui sont encore en prison, je dois sans relâche porter leur témoignage dans le monde. Mais Pablo insistait : - Tu dois te fier au pouvoir du témoignage écrit, la parole est fugace. Il s'agit de donner vie et de fixer sur le papier les histoires que tu m'as racontées cette nuit." Ce livre est la preuve que Marcos Ana écouta, enfin, les conseils du poète chilien. Ces mémoires d'un jeune homme de 90 ans qui fut condamné à mort à 19 ans et enterré 23 ans dans les prisons franquistes sont un hymne à la liberté, à l'amour et à la lutte pour un monde meilleur. Pedro Almodóvar consacrera un film à ces mémoires dans les années à venir.

"Du train où vont les choses à la fin d'un long hiver" de Francis Dannemark – Ed. Robert Laffont

En pleine crise de lassitude au coeur de la crise économique, Christopher, opérateur culturel belge de cinquante ans au bord de la faillite, souhaite ralentir et se recentrer sur des valeurs plus justes. Parce que « la vie rappelle de temps en temps que le monde est tout petit », il décide de s’arrêter et de partir. Ce sera pour le Portugal, en train. Alors que le ciel additionne les nuages, Christopher croise sur le quai de la gare une inconnue, Emma, qu’il va découvrir le temps d’un voyage entre Bruxelles et Lisbonne, au cours d’une longue et belle conversation, à la fois tendre, émouvante, et toujours sincère. Francis Dannemark, avec toute la délicatesse et l’élégance qui le caractérisent, nous offre comme à son habitude un court roman, subtil et délicat, sur les choses de la vie.

"La cote 400" de Sophie Divry – Ed. Les allusifs

Elle rêve d'être professeur, mais échoue au certificat et se fait bibliothécaire. Esseulée, soumise aux lois de la classification de Dewey et à l'ordre le plus strict, elle cache ses angoisses dans un métier discret. Les années passent, elle renonce aux hommes, mais un jour un beau chercheur apparaît et la voilà qui remet ses bijoux. Bienvenue dans les névroses d'une femme invisible. Bienvenue à la bibliothèque municipale, temple du savoir où se croisent étudiants, chômeurs, retraités, flâneurs, chacun dans son univers. Mais un jour ce bel ordre finit par se fissurer.

" Libre, seul et assoupi " de Romain Monnery – Ed. Diable vauvert

"J'étais un enfant de la génération précaire et, très vite je compris que viser un emploi dès la sortie de ma scolarité revenait à sauter d'un avion sans parachute." Machin vit chez ses parents qui, excédés de le voir ne rien faire, le mettent à la porte. Il rejoint une amie à Paris qui lui propose une colocation, puis tente d'aller se faire exploiter en stage dans une chaîne de télévision. Finances à marée basse, il va, lucide et résigné, devoir se confronter au monde réel. Le roman naturaliste des désillusions perdues, où l'initiation d'un anti-Rastignac d'aujourd'hui se joue entre échec volontaire et résignation constructive.

"Don Quichotte I et II " de Miguel de Cervantès – Ed. Folio classique

En conséquence, l'esprit désormais perdu, il en arriva à la plus étrange pensée où tomba jamais fol au monde, qui fut qu'il lui parut convenable et nécessaire, tant pour l'accroissement de son honneur que pour le service de sa république, de se faire chevalier errant et de s'en aller de par le monde, avec ses armes et son cheval, pour chercher les aventures et s'exercer en tout ce qu'il avait lu que s'exerçaient les chevaliers errants, remédiant à toute espèce d'injures et s'exposant à des dangers et des périls propres à lui valoir, en y mettant fin, éternel renom et gloire.

"L'ingratitude des fils " de Pierre d'Ovidio – Ed. 10/18

Hiver 1945. Paris est libéré mais les conditions matérielles d'existence ne se sont guère améliorées : privations et rationnement, marché noir et trafics en tout genre. C'est dans ce climat de tensions que des enfants, jouant dans les ruines d'un immeuble de Malakoff, découvrent un cadavre dont une main est peinte en noir. Le jeune inspecteur Maurice Clavault est dépêché pour mener l'enquête. Son unique indice : un message laissé dans la bouche du mort : " A PARM ". Grâce à l'aide de Ginette, sa petite amie actrice, ses pas le mènent jusqu'à un immigré lituanien, sauvé de la rafle du Vél' d'Hiv, un certain Samuel Litvak... Si la victime ne peut plus parler, les fantômes qu'elle a laissés derrière elle parleront à sa place.

"Le chant des martyrs : dans les camps de la Chine de Mao " de Xianhui Yang – Ed. Balland

Entre 1957 et 1960, près de 3 000 citoyens chinois suspectés de rébellion contre le régime communiste sont bannis et envoyés dans le camp de rééducation de Jiabiangou, en plein milieu du désert, un camp de travail aux allures de camp de concentration. Travaillant jusqu'à l'épuisement, se nourrissant de racines, ces condamnés regardent, impuissants, leurs compagnons mourir les uns après les autres. Seuls les plus débrouillards et les plus résistants réussiront à sauver leur vie. 500 personnes ont survécu à ce camp de la mort.Xianhui Yang, l'auteur de ce document exceptionnel, est l'un des auteurs chinois les plus controversés. Il a passé cinq ans à interviewer des survivants de ce camp avant d'écrire ce livre. Ces récits ont été présentés à l'origine sous forme de nouvelles littéraires, pour échapper à la censure chinoise et témoignent d un enfer difficilement imaginable. L'histoire du livre : En 2000, alors que la violation des droits de l'homme est toujours d'actualité en Chine, un magazine littéraire chinois publie le premier récit : « La Femme de Shanghai ». L'histoire d'une femme qui fait le long voyage depuis Shanghai afin de rendre visite à son mari à Jiabiangou, pour apprendre une fois arrivée qu'il est mort d'inanition... Cette histoire eut l'effet d un électrochoc sur la nation.

"Just Kids " de Patti Smith –Ed Denoël

Immergés dans ce milieu, deux gamins font le pacte de toujours prendre soin l'un de l'autre. Romantiques, engagés dans leur pratique artistique, nourris de rêves et d'ambitions, ils se soutiennent et se donnent confiance pendant les années de vache maigre. Just Kids commence comme une histoire d'amour et finit comme une élégie, brossant un inoubliable instantané du New York des années 60-70, de ses riches et de ses pauvres, de ses paumés et de ses provocateurs. Véritable conte, il retrace l'ascension de deux jeunes artistes, tel un prélude à leur réussite.

"La mer de Corail " de Patti Smith - Ed.Tristram

Newsletter TV

Recevez chaque jeudi toute l'actualité de vos personnalités et émissions préférées.

OK