Mille-feuilles : les choix des chroniqueurs de ce mardi 23 novembre

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Avis à tous les insatiables de lecture, voici le choix des chroniqueurs de ce mardi 23 novembre !

"Correspondance de Michel de Ghelderode" Annotateur: Roland BEYEN – Ed Luc Pire

"Sans l'effort de Roland Beyen, ce livre n'aurait jamais existé. On y découvre que Michel de Ghelderode, en plus d'être un immense auteur dramatique, était un des plus grands épistoliers de la littérature française." JDD

"Photo-photo" de Marie NIMIER Ed Gallimard

"A partir d'une séance de photo de Karl Lagerfeld, Marie Nimier va s'interroger sur la représentation, l'immortalité, l'identité, l'image. Ce livre est écrit comme un vagabondage. Une rencontre donne lieu à une autre rencontre. Un livre très, très plaisant qui peut paraître intellectuel mais qui ne l'est pas du tout. L'auteure parle de choses graves mais de façon légère. Une fantaisie qui est délicieuse à lire !" LD

Il est une question que l'on me pose souvent, la question des idées. Comment elles arrivent, où je les pêche, le fameux "mais où va-t-elle chercher tout ça". De quelle façon s'est imposée, en l'occurrence, l'idée d'écrire un roman à partir d'une séance photo avec Karl Lagerfeld ? J'ai tendance à répondre que les idées n'existent pas, qu'il n'y a que du temps. Ou si elles existent, elles ont bien peu à faire avec la pratique du roman, son écriture au jour le jour. Elles sont là en amont, couvrent des pages de notes préparatoires, puis fondent comme neige au soleil. Restent les parties du corps qu'elles ont mises en lumière, les lignes qu'elles ont inspirées. L'apparition d'un chat. Le clignement d'une paupière. Des chaussures vert tilleul. Deux lettres, un angle, une jetée. Un voyage à Baden-Baden, le rendez-vous des évaporés. La douceur de la bouche de Frederika, son velouté.

"Fragments" de Marilyn MONROE - Ed Seuil

"Dans ce livre, le meilleur voisine avec le pire. Le meilleur, c'est qu'on se rend compte que Marilyn Monroe aimait beaucoup lire, savait un peu écrire. Ses poésies de jeunesse sont touchantes. Le pire, ce sont les longues listes de recettes. Ce que j'ai beaucoup aimé, ce sont les photos de Marilyn qui sont à contre-courant  de ce qu'on voit d'habitude, où on la voit tout le temps avec des livres. Il y en a trop pour que ce soit une construction médiatique  de l'époquee. Elle avait dont un vrai appétit de lecture. C'est un livre intéressant à lire sans plus mais qui redonne un cerveau à Marilyn." GD

Marilyn était un mythe de son vivant mais sa mort prématurée a encore nourri son mystère.
Le livre Fragments, édité par Bernard Comment et Stanley Buchthal permet d atteindre la réalité du mythe de Marilyn Monroe, de découvrir la sensibilité exacerbée, la véritable créativité, qui se cachaient derrière l image de la blonde pulpeuse à laquelle on voulut à tout prix - les studios d Hollywood les premiers - la réduire.
On découvrira dans ce livre, en exclusivité, les textes de l actrice : fragments, notes, poèmes, correspondance, et même recettes de cuisine...Tous ces documents nous révèlent la grâce d un être fragile, sujet à une perpétuelle introspection et en permanente quête d amour. Et plus encore, le talent et la profondeur d une artiste sensible, souvent mélancolique, se passionnant pour Joyce, Kerouac, les peintres italiens de la Renaissance, réfléchissant avec une exigence sans faille aux rôles qu il lui fut donné d incarner.

Le livre est composé de 104 fac-similés des manuscrits de Marilyn Monroe accompagnés de leurs transcriptions, et de leurs traductions. Ces textes sont assortis de 33 photos, dont certaines sont visibles pour la première fois. Ces photos - qui toutes présentent Marilyn en lectrice, ou en compagnie d écrivains - éclairent la relation singulière que l'actrice entretenait avec la littérature.

"L'empoisonneuse d'Istanbul" de Petros MARKARIS Ed. Seuil

"Un livre sur les relations turco-grecques. Un panorama de la Grèce très, très représentatif de la Grèce d'hier, celle d'hier et celle de demain. Un très grand auteur grec et surtout un très grand auteur européen qui nous donne une vision d'un pays qu'on méconnait peut-être un peu." MD

Katérina, la fille du commissaire Charitos, se marie civilement, pas devant le pope ! La cérémonie tourne court : personne ne se parle. Pour calmer sa femme, Charitos lui offre un voyage à Istanbul où ils prennent contact avec la petite communauté grecque des Roums. Mais le séjour est bientôt troublé. Maria, une nonagénaire, aurait empoisonné son frère en Grèce avant de filer à Istanbul. Pour éviter un incident diplomatique, Charitos est chargé par son supérieur d'enquêter en collaborant avec une jeune collègue turc : méfiance ancestrale au programme. Multiplication de cadavres, indices minces. La vieille Maria se déplace comme un fantôme et a toujours une longueur d'avance sur la police. Charitos rentrera-t-il à temps pour le mariage religieux auquel Katérina a finalement consenti ?

" Alice Khan" de Pauline KLEIN Ed. Allia

"Une des bonnes surprises de la rentrée littéraire. Un premier livre sur le phénomène de l'imposture . Un petit roman un peu intello, un peu bobo, très Saint Germain des Prés, assez piquant et gracieux." YP

À la suite d’un quiproquo, une jeune femme, la narratrice, se substitue à une autre prénommée Anna et fait la connaissance, à la terrasse d’un café parisien, de William Stein, artiste photographe à la réputation bien établie.
Se sentant mal aimée depuis son enfance, ayant toujours eu l’impression d’être reléguée au second plan en toutes circonstances, elle profite de ce coup du sort pour prendre sa revanche sur la vie. Elle se laisse modeler par l’autre, Anna. S’adressant à elle en croyant la connaître, William Stein lui confie ses états d’âme d’artiste : l’inspiration, le rapport au public, aux galeristes. La narratrice se décide alors à postuler dans une galerie. À ce moment, s’opère une mise en abyme des identités : la fausse Anna crée Alice Kahn, une artiste qui se serait approprié des droits d’auteur sur le silence, tandis qu’elle-même ajoute furtivement des marques de stylo sur une œuvre d’Andy Warhol dont elle se réclamera alors co-auteur. Mais l’imposture va rapidement être découverte par William… et les rôles s’inverser. La fiction, dont on ne sait son degré de réalité, devient le prétexte pour questionner le vrai et le faux, cet acte de subterfuge qui fait parfois le ressort même de la création, en particulier contemporaine.

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