Mille-feuilles: le choix des chroniqueurs de ce 17 mai

L'équipe de Mille-feuilles
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L'équipe de Mille-feuilles - © Photo I.Franchimont
Un peu de tout pour tous les goûts… mais toujours avec une note d’éclectisme ! Bonne lecture !

« Un été sans les hommes » de Siri Hustevdt - Ed. Actes Sud

« Ce roman est très bien fait, remarquablement écrit et intelligent mais…en fin de compte agacant !

Un roman, quand il est parti aussi loin dans le volontarisme de la démonstration, n’est plus un roman même si les personnages sont bien décrits, tout est très bien fignolé et l’idée générale débouche sur le fait qu’un monde idéal serait un monde sans hommes. Alors les hommes en lisant le livre, se sentent mal à l’aise. Cela dit, c’est de la littérature de qualité ! » JDD

Incapable de supporter plus longtemps la liaison que son mari, Boris, neuroscientifique de renom, entretient avec une femme plus jeune qu’elle, Mia, poétesse de son état, décide de quitter New York pour se réfugier auprès de sa mère qui a, depuis la mort de son mari, pris ses quartiers dans une maison de retraite du Minnesota. En même temps que la jubilatoire résilience dont fait preuve le petit groupe de pétillantes veuves octogénaires qui entoure sa mère, Mia va découvrir la confusion des sentiments et les rivalités à l’oeuvre chez les sept adolescentes qu’elle a accepté d’initier à la poésie le temps d’un été, tout en nouant une amitié sincère avec Lola, jeune mère délaissée par un mari colérique et instable… Parcours en forme de « lecture de soi » d’une femme à un tournant de son existence et confrontée aux âges successifs de la vie à travers quelques personnages féminins inoubliables, ce roman aussi solaire que plaisamment subversif dresse le portrait attachant d’une humanité fragile mais se réinventant sans cesse. 

« Tombée sur la tête » de Leslie Bedos – Ed. Jean-Claude Lattès

« Ce roman est très déconcertant, je dirais que ce n’est pas sympathique au début. Le personnage est un peu irritant et l’on se dit que c’est encore un roman qui se regarde le nombril, avec quelqu’un qui passe son temps à faire des psychanalyses. Mais quand même, la personnalité de Leslie Bedos transparait petit à petit. On se rend compte que ce qu’elle raconte est beaucoup plus subtil, plus émouvant qu’un simple billet d’humeur sur les femmes un peu dépassées par la vie. Quand on rencontre Leslie Bedos, on se rend compte qu’elle est elle-même dans la bienveillance. Ce n’est pas du tout le roman d’une femme qui serait amère de ses souffrances. » LD

"La spécialité de la dame chez qui je laisse parler ma tête, c’est d’écouter les gens brisés par une longue maladie. Je suis sa seule patiente à priori en forme. Elle aurait pu me virer, elle n’a pas moufté. Elle me plaît bien. Les rares moments où je la ferme, elle a les bonnes formules pour faire réfléchir. J’aimerais juste me taire un peu plus. Mes longs monologues me saoulent. Je ressemble à’un bain moussant, avec trois gouttes minuscules, je remplis douze baignoires. Heureusement, il lui arrive de m’interrompre. Ca me repose. Mais je n’ai encore rien confessé. Elle a intérêt à être persévérante. Qu’est ce qu’elle croit ? Je ne suis pas une fille facile ».

« Le dernier stade de la soif » de Frédérick Exley – Ed. Toussaint Louverture

« Le roman pourrait être très ,très triste mais cela ne l’est pas c’est raconté avec un humour décapant et le tout est servi avec une panoplie, un carnaval de personnages savoureux. De plus la qualité d’édition est superbe, bien travaillée ! » GD

La parution en français d un classique américain comme « Le Dernier stade de la soif « de Frederick Exley, mythique journaliste poivrot, vient à point rappeler les tourments autrement plus hard auxquels s exposent les alcooliques et le récit torturé et cette descente aux enfers d un écrivain raté et fou de sport, se lit comme la terrible autobiographie qu il prétend être, à fond les ballons (de rouge) et toutes vannes ouvertes: tricheries, mensonges, illusions, désillusions, dérapages, erreurs, oublis, la conduite est difficile pour les damnés de la boutanche et l amour des New York Giants ne les sauvent que rarement de la géhenne et du feu éternel des regrets, aussi inextinguibles que leur soif. Préfacé par Nick Hornby, ce livre culte premier de son genre, confession, roman in vivo et à vif, démontre aisément les méfaits tragiques de l’alcool sans modération et la maestria de l’auteur, double à peine décalé du héros. Cheers! –Agnès Léglise / Rock&Folk

« Les visages écrasés »de Marin Ledun- Ed. Seuil

« Âmes sensibles s’abstenir car on va plonger dans un univers très violent où la mort n’est juste qu’un fait divers et tous les coups sont permis puisque l’on entre dans le monde de l’entreprise. Marin Ludun est chercheur en sociologie et signe ici un excellent roman, très dur ! » MD

« Fascinée, je contemple de nouveau le semi-automatique. L’idée me traverse l’esprit de le retourner contre moi mais, encore une fois, Vincent n’est pas le problème. Il le sait, je le sais. Le problème, ce sont ces fichues règles de travail qui changent toutes les semaines. La tension permanente suscitée par l’affichage des résultats de chaque salarié, les coups d’œil en biais, les suspicions, le doute permanent. La valse silencieuse des responsables d’équipes, toujours plus jeunes et plus inflexibles. L’infantilisation, les sucettes comme récompense, les avertissements comme punition, les objectifs inatteignables. Les larmes qui coulent pendant des heures, une fois seul, mêlées à une colère froide qui rend insensible à tout le reste. Les injonctions paradoxales, la folie des chiffres, les caméras de surveillances, la double écoute, le flicage, la confiance perdue. La peur et l’absence de mots pour la dire. Le problème, c’est l’organisation du travail et ses extensions. Personne ne le sait mieux que moi. Vincent Fournier, 13 mars 2009, mort par balle après injection de Sécobarbital, m’a tout raconté. C’est mon métier, je suis médecin du travail. Écouter, ausculter, vacciner, notifier, produire des statistiques. Mais aussi : soulager, rassurer. Et soigner. Avec le traitement adéquat. »

« Little Bird » de Craig Johnson- Ed. Gallmeister-Totem

« C’est un livre qui est une ode aux montagnes, aux grands espaces mais aussi un polar parce qu’il y a une enquête  sur le meurtre d’un responsable de viol collectif sur la personne d’une jeune indienne « Little Bird ». La région dont il est question, borde une réserve indienne et la culture, la spiritualité indienne est ressentie tout le long du récit, elle infuse tout le roman ». YP

« Après vingt-quatre années passées au bureau du shérif du comté d’Absaroka, dans le Wyoming, Walt Longmire aspire à finir sa carrière en paix. Ses espoirs s’envolent quand on découvre le corps de Cody Pritchard près de la réserve cheyenne. Deux années auparavant, Cody avait été un des quatre adolescents condamnés avec sursis pour le viol d’une jeune indienne, Melissa Little Bird, un jugement qui avait avivé les tensions entre les deux communautés. Aujourd’hui, il semble que quelqu’un cherche à se venger.
 Alors que se prépare un blizzard d’une rare violence, Walt devra parcourir les vastes espaces du Wyoming sur la piste d’un assassin déterminé à parvenir à ses fins.
Avec Little Bird, premier volet des aventures de Walt Longmire, Craig Johnson nous offre un éventail de personnages dotés d’assez de sens du tragique et d’humour pour remplir les grandes étendues glacées des Hautes Plaines. »

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