RTBF .be

Michel Dufranne, le chroniqueur qui aime les mauvais genres - RTBF Mille feuilles

Michel Dufranne, le chroniqueur qui aime les mauvais genres

  • 1. Dix mots pour vous présenter ?
    Michel Dufranne : Râleur, entier, méticuleux, curieux, créatif, anticonformiste, passionné collectionneur, gourm[and/et] sincère

    2. Votre principal trait de caractère ?
    MD : Obsessionnel ?

    3. Votre premier bonheur littéraire ?
    MD : À travers “mes” âges : Astérix, Anthony Buckeridge, Michaël Moorcock, Daniel Keyes et enfin Jean-Patrick Manchette.

    4. Que faites-vous en dehors d’être chroniqueur à Mille-feuilles ?
    MD : Psy de formation, j’ai commencé ma vie professionnelle comme chasseur de têtes. Il y a une grosse décennie, ma carrière a pris un virage en épingle pour embrasser le “joyeux petit monde” de l’industrie culturelle et de l’édition. Tour à tour (ou en parallèle), rédac’ chef adjoint de magazines (Science-Fiction Magazine et Pavilon rouge), consultant éditorial, responsable du développement web de la com’ externe d’un éditeur de bande dessinée, “gestionnaire de flux” (com’ interne) du même éditeur, chroniqueur BD et littéraire, nègre… et, depuis une bonne décennie, scénariste de bande dessinée.

    5. Votre spécificité au sein de Mille-feuilles ?
    MD: Les “mauvais” genres ! Tout ce qui fait honte au bel esprit germanopratin, mais rencontre les passions littéraires de nombre de lecteurs : polar (au sens très très large), S-F, fantasy, fantastique…

    6. Votre mot préféré ?
    MD : Poliorcétique.

    7. Le mot que vous détestez ?
    MD : Consensus (ce mot flirte avec le graveleux, de plus en Belgique il devient vulgaire lorsque l’on y accole l’adjectif “mou”).

    8. Vos auteurs favoris ?
    MD : Ian Kershaw, Didier Daeninckx, Boris Akounine, George Pelecanos, Thomas Day, Xavier Mauméjean, Caryl Ferey, Mike Resnick, Robert Charles Wilson, Jean-Marc Ligny, Richard Price, Gianni Pirozzi, Cormac McCarthy, Pierre Bordage, Valerio Evangelisti, Andreas, Neil Gaiman, Tardi, Walter Jon Williams, Dennis Lehane, Lewis Trondheim, Christopher Priest, Henning Mankell, Deon Meyer… vous en voulez encore ?

    9. Vos poètes préférés ?
    MD : Aloysius Bertrand, Gérard de Nerval, Hugo Claus, David B.

    10. Votre genre préféré ?
    MD : Tous les “mauvais” genres… mais – pour le moment – le polar tient la tête de peu devant la S-F.

    11. Quelle est la qualité que vous préférez chez un(e) écrivain(e) ?
    MD : Sa curiosité culturelle.

    12. Pour quel défaut avez-vous le plus d'indulgence chez un(e) écrivain(e) ?
    MD : Son manque de style.

    13. Quel est votre héros favori dans la fiction ?
    MD : Alexandre-Benoît Bérurier, Gabriel “Le Poulpe” Lecouvreur, Robert “Bob” Morane, John Dortmunder… Un par saison !

    14. Quelle est votre héroïne favorite dans la fiction ?
    MD : Adèle Blanc-sec.

    15. Votre meilleur souvenir à Mille-feuilles ?
    MD : Toutes mes interactions avec le reste de l’équipe ; c’est toujours un plaisir de les retrouver en plateau, en réunion, devant un verre, dans une voiture ou un train, face à une pizza géante… et de causer culture (et pas seulement livres).

    16. Votre pire souvenir à Mille-feuilles ?
    MD : Tous ces auteurs imbus d’eux-mêmes – parfois pressés par des attaché(e)s de presse arrogant(e)s – qui n’ont aucune considération, ni aucun respect pour les chroniqueurs. Tous ces c*** qui ne disent ni “bonjour”, ni “au revoir”, qui passent en vitesse vendre leur soupe et ne daignent faire des courbettes qu’au rédac’ chef de l’émission au mépris de toutes les autres “petites mains”. Tous ceux-là (et ils sont malheureusement très nombreux) sont mes “pires” souvenirs de l’émission.

    17. Quel auteur rêveriez-vous de rencontrez ?
    MD : Sincèrement… Aucun ! J’aime les œuvres des auteurs, pas spécialement ce qu’ils sont. Je prends toujours beaucoup de plaisir à rencontrer les gens, mais je ne cours pas derrière ce genre de rencontre. Il est tout à fait légitime qu’un auteur ne “soit” pas son œuvre ou se “cache” derrière elle ; il est tout à fait “normal” qu’un auteur n’ait aucune envie de parler de son œuvre, de l’expliquer, de la justifier, de la commenter… Je n’ai pas à “rêver” de percer ce mystère. Cela dit, s’il s’agit juste d’aller boire un verre, je rêve de rencontrer tous les auteurs !

    18. L’écrivain que vous ne lirez jamais ?
    MD : Claude Allègre… ah, non, ce n’est pas un écrivain !
    On ne peut jamais dire “jamais”. D’instinct je ne suis pas porté vers les récits “populaires” qui brassent des banalités bien pensantes… Mais sait-on jamais, parfois l’un de ces auteurs peut changer de registre et nous offrir un livre (roman ou non, fiction ou non) qui entre en résonance avec mes goûts.

    19. L’écrivain(e) dont vous ne vous lassez pas ?
    MD : Étant un lecteur compulsif, je me lasse de tous car je peux lire un auteur jusqu’à l’overdose… Étant un lecteur curieux, je me lasse de tous car il y a toujours quelqu’un à découvrir… Mais très vite, je peux revenir à ces “fulgurances” amoureuses.

    20. Comme qui aimeriez-vous écrire ?
    MD : J’aimerais être un cocktail complexe… La science de Ian Kershaw, la curiosité de Didier Daeninckx, la violence de Maud Tabachnik, l’humanité d’Ernst Jünger, la désinvolture de Joann Sfar, la méticulosité de Tardi, l’économie narrative de Cormac McCarthy, l’humour de Jean-Benard Pouy, l’érudition de Xavier Mauméjean, le verbe d’Hugo Claus et la facilité d’écriture de Jean David Morvan.

    21. De quel livre aimeriez-vous tirer un film ?
    MD : Les miens, bien sûr ! Ainsi je deviendrai immensément riche et je monterai les marches de Cannes entouré des plus belles actrices du monde… Ah, ce n’est pas comme ça que ça se passe ? Au moins la question m’aura fait rêver quelques secondes.
    Plus sérieusement… aucun ! Que la littérature soit la littérature, que la bande dessinée reste la bande dessinée et que le cinéma soit le cinéma. Les adaptations très bien faites me donnent envie de lire le texte original et, trop souvent, je suis déçu car je ne peux m’empêcher de comparer les deux œuvres ; par contre, j’essaye toujours de lire le livre d’une adaptation qui me semble vraiment pourrie afin de “réhabiliter” l’œuvre originale.

    22. Si on vous demandait d'enregistrer un livre audio, lequel choisiriez-vous de lire ?
    MD : “Des fleurs pour Algernon”.

    23. Quel est le titre de votre livre idéal ?
    MD : Un livre sans titre (une horreur pour les banques de données des libraires et bibliothécaires) qui, ainsi, laisserait planer de nombreux doutes sur son contenu.

    24. Quelle est la couverture de votre livre idéal ?
    MD : Une couverture noire, au lettrage blanc, avec un liseré jaune ou rouge. Aucune illustration, ni verbatim (que la concierge du frère de la femme du cousin du facteur de James Ellroy qui a beaucoup aimé le livre reste chez elle). Et surtout, en quatrième, aucune photo d’auteur, ni de biographie.

    25. Quel sera le premier livre numérique que vous téléchargerez ?
    MD : C’était “Les trois mousquetaires” d’Alexandre Dumas.

    26. Quel est votre livre de chevet ?
    MD : Aucun… Ma table de chevet n’a pas de place pour accueillir un livre, car c’est là que s’empile la presse. Par ailleurs, je change de livre tous les deux ou trois jours ; ils n’ont pas le temps de s’attarder à mon chevet.

    27. Avec quel(le) écrivain(e) aimeriez vous passer la nuit ?
    MD : Avec un quatuor féminin composé de Pacale Fonteneau, Dominique Manotti, Maud Tabachnik et Fred Vargas. Par contre, je ne suis pas certain de terminer la nuit…

    28. Quel est le livre que vous offririez à votre pire ennemi ?
    MD : Un livre qu’il possède déjà. Il ne pourra pas m’accuser de lui offrir une “bouse” et comprendra, par ailleurs, que je le connais bien !

    29. Avec quel livre caleriez-vous un meuble ?
    MD : Selon la taille du meuble “Jan Karski” de Yannick Haenel, un livre récent de Michel Onfray ou l’intégrale d’Eric Emmanuel Lévy voire d’Amélie Musso.

Les articles de RTBF TV

Plus d'articles