Les "derniers pour la route" de ce mardi 9 novembre

L'équipe de Mille-feuilles
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L'équipe de Mille-feuilles - © Photo I.Franchimont

Pour les insatiables de livres, voici quelques idées de lecture supplémentaires !

Bonne lecture à tous !

" La mort de Staline T.1″ de Fabien Nury et Thierry Robin – Ed Dargaud

Le 2 mars 1953, en pleine nuit, Joseph Staline, le Petit Père des peuples, l’homme qui régna en maître absolu sur toutes les Russies, fit une attaque cérébrale. Il fut déclaré mort deux jours
plus tard. Deux jours de lutte acharnée pour le pouvoir suprême, deux jours qui concentrèrent toute la démence, la perversité et l’inhumanité du totalitarisme. À partir de faits réels, Fabien Nury, scénariste d’Il était une fois en France, et Thierry Robin, le créateur de Rouge de Chine, signent un album éblouissant, d’un humour ravageur et cruel, portrait saisissant d’une dictature plongée dans la folie.

« Le grand n’importe quoi » de Jean Pierre Marielle – Ed Calmann-Lévy

Décalé. Il paraît que je le suis.
Il est certain que je ne suis calé en rien.

Après cinquante ans à promener sa haute silhouette devant les caméras ou sur les planches, Jean-Pierre Marielle se confie pour la première fois. Dans cette balade au cœur de son intimité, on croise les copains de toujours, Belmondo, Rochefort, Salavador et les autres, les auteurs vénérés, Ionesco, Camus, Echenoz, Calet, les jazzmen adorés.

S’il demeure pour beaucoup le personnage culte des Galettes de Pont-Aven, il est tout autant l’austère M. de Sainte-Colombe de Tous les matins du monde. Comédien d’exception. il préfère les paradoxes aux évidences. Aussi à l’aise dans la truculence, le burlesque, la fantaisie que dans la sobriété, la retenue et la profondeur. À l’image de l’homme Jean-Pierre Marielle, solaire, jouisseur, fort en gueule, mais également solitaire, discret et cultivé.

Dans un joyeux bazar haut en couleurs, bons mots loufoques, traits d’esprit et anecdotes savoureuses composent l’autoportrait sensible de l’un des Grands ducs du cinéma français.

« Les vies extraordinaires d’Eugène » de Isabelle Monnin – Ed JC Lattès

On sait peu de choses d’elle. Pas son prénom. Juste qu’elle a décidé de ne plus parler, « puisqu’il n’y a plus rien à dire », qu’elle coud le même modèle de pantalon en velours rouge dans toutes les tailles, de 6 mois à 102 ans, qu’elle surnomme ses parents Lucha mama et Dalaï papa et qu’autrefois elle imitait Bourvil pour le faire rire. De lui, on sait qu’il prépare le marathon de New York, qu’il est historien et qu’il s’est donné une mission : pour que sa compagne retrouve la parole, il doit faire le récit de l’histoire d’Eugène. Eugène est leur fils. Il est mort à l’âge de six jours. Mais comment raconter une si courte vie ? A-t-il existé, lui qui n’a pas vécu ? Le père d’Eugène n’a pas d’imagination mais de la méthode. Il se lance dans une enquête. La traque pragmatique de ce qu’aurait dû être la vie d’Eugène. Il cherche ses « aurait dû » partout. Jusqu’à la crèche qu’il aurait dû fréquenter où il dérobe la liste des enfants qui auraient dû devenir les copains de son fils. Le voilà qui espionne, sur Internet ou dans les rues d’un quartier populaire de Paris, les familles de ces petits. Pendant une année, il tient le journal de cette enquête. Et il s’entraîne pour le marathon sur un tapis de course installé dans leur appartement. Pendant qu’il court, la mère d’Eugène glisse des morceaux de velours rouge dans sa machine à coudre et se raconte en silence les vies héroïques de son glorieux fils. Livre de deuil, Les Vies extraordinaires d’Eugène est le récit de l’absurdité et de la puissance de la vie.

« Qu’avez-vous fait de moi? » d’Erwan Larher – Ed Michalon

Je suis une bombe… Fragmenté de frustrations. Vous m’avez gavé de savoirs, vous m’avez infiltré de connaissances, puis vous m’avez jeté sur votre marché du travail, lesté de bagages mais sans rien ni personne pour me guider, avec en guise de boussole un impératif sans cesse instillé par vos médiatiques nervis : réussir. Je me suis perdu, il va de soi. Je ne me suis même peut-être jamais trouvé. Maintenu en dehors de votre monde – à la lisière tout d’abord, puis imperceptiblement de plus en plus loin à la périphérie – , je me suis mis à le haïr. Vous avez fait de moi un rebelle au lieu d’un petit soldat. Je voulais bien jouer le jeu mais les rôles étaient déjà distribués. Alors je m’en suis écrit un. Si n’y a pas de révolutions, j’en inventerai. Je suis une bombe … Fragmenté de frustrations. Et j’ai rencontré des artificiers. –Léopold Fleury

« Les philosophes meurent aussi » de Simon Critchley – Ed Bourin

Pythagore préféra se faire massacrer plutôt que de traverser un champ de fèves ; Platon serait mort d’une infestation par les poux Epicure accueillit sa fin avec joie, entouré de ses amis – « la mort n’est rien pour nous », disait-il ; Descartes fut emporté par une pneumonie à la suite des leçons matinales qu’il prodiguait au coeur de l’hiver suédois ; Voltaire. pourfendeur de l’Eglise, demanda à être confessé par un prêtre sur son lit de mort : Kant termina sa vie sur ce mot : « Sufficit « , « c’est assez »; Bentham se fit embaumer pour être exposé dans une vitrine à l’University College de Londres ; Simone Weil s’est laissée mourir de faim pendant l’Occupation ; Camus est mort d’un accident de voiture, rattrapé par l’absurde ; Sartre lança un jour :  » La mort ? Je n’y pense pas » : 50 000 personnes assistèrent à ses funérailles.

« Starfish » de Peter Watts – Ed Fleuve Noir

Lenie Clarke est chef d’équipe dans une station des abysses, sur la côte pacifique, chargée d’exploiter et de contrôler l’énergie géothermique. Comme ses compagnons, elle a d’abord suivi des tests et un entraînement rigoureux puis subi des altérations génétiques qui lui permettent d’accoutumer sa vision à l’obscurité et de respirer dans l’eau lors des sorties obligatoires.
Ce qu’elle ignore, c’est que la société qui l’emploie ne choisit pas les candidats par hasard : seuls sont recrutés des hommes et des femmes aptes à subir de fortes doses de stress, des individus présentant tous une psychologie… déviante. Le noir et le silence des profondeurs deviennent le théâtre d’un huis clos inquiétant où les monstres ne rôdent pas seulement à l’extérieur.

« Kornwolf » de Tristan Egolf – Ed Folio

Owen Brynmor ne comptait plus retourner dans la Pennsylvanie profonde de son enfance, pays provincial et rétrograde partagé entre «Habits rouges» et «Bataves», autrement dit entre beaufs américains et Amish rigoristes. Mais à peine engagé comme reporter au journal local, il décroche un scoop : le retour du Démon de Blue Ball, cette bête mystérieuse qui jadis ravagea la région. À moins qu’il ne s’agisse d’un canular… Or, si son enquête l’amène à exhumer la légende du Kornwolf, ce loup-garou qui hanta l’Europe du dix-septième siècle, elle croise aussi, à chaque pas, la trajectoire d’Ephraim Bontrager, un orphelin muet qui vit en marge de sa communauté religieuse. Mais où s’incarne vraiment le Mal? Dans un monstre quelconque, ou parmi les humains qui le pourchassent?
Dans son dernier roman achevé, Tristan Egolf renoue avec la veine truculente et enragée du Seigneur des porcheries. Tout en pastichant la littérature fantastique, il manifeste une verve gourmande et une énergie langagières de tous les instants pour offrir une peinture vengeresse d’une Amérique dégénérée, dont seuls les parias méritent d’être sauvés. On n’est pas près d’oublier la puissance visionnaire de cette écriture torrentielle.
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