Les "derniers pour la route" de ce mardi 26 avril

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Avis à tous les amateurs de lecture, voici quelques suggestions supplémentaires !

"Faust" de Goethe illustré par Delacroix - Ed. La petite collection / Diane de Selliers

Le mythe de Faust naît au XVIe siècle. Il est repris et sublimé par Goethe au début du XIXe siècle. C’est immédiatement à sa parution en 1808 que le jeune poète romantique Gérard de Nerval entreprend sa traduction qui deviendra la plus célèbre en langue française et qui sera louer par Goethe lui-même. Le vieux docteur Faust a pour objectif la connaissance totale du monde mais estime ses capacités bien trop limitées. C’est alors qu’il signe un pacte avec Méphistophélès qui, en échange de son âme, lui assure la jeunesse éternelle et lui offre ainsi la possibilité de poursuivre sa quête d’absolu. Entre doutes et certitudes, Faust va se retrouver partagé entre l’esclavage diabolique et la repentance. Eugène Delacroix entreprend d’illustrer le Faust de Goethe en 1826, sur la demande de l’éditeur Charles Motte. Ces 17 lithographies enracinent l’œuvre de Goethe en tant que mythe romantique et fantastique. Goethe appréciera particulièrement le travail de l’artiste français.

"Images d'après: cinéma et génocide au Rwanda" de François-Xavier Destors - Ed. Le bord de l'eau

En 1994, aux yeux du monde et malgré les " plus jamais ça ", l'inimaginable s'est de nouveau produit au Rwanda, théâtre d'un génocide où près d'un million de Tutsi et de Hutu modérés ont subi le déferlement de la violence la plus extrême. Comme pour les autres crimes de masse qui ont marqué le XXe siècle, il n'existe que très peu d'images de cet événement. Pour témoigner de l'horreur, le cinéma apparaît donc comme un défi risqué mais reste, dans sa dimension fictionnelle surtout, un outil privilégié, voire primordial pour suggérer l'indicible. Cette étude consacrée aux représentations cinématographiques du génocide rwandais s'inscrit dans le foisonnement littéraire, plastique et visuel qui a émergé après le drame de 1994. Si de nombreux documentaires ont donné la parole aux rescapés, établissant la vérité historique du génocide et interrogeant la possibilité du " vivre ensemble ", dix films de fiction ont jusqu'ici tenté de reconstituer la folie collective qui s'est emparée du Rwanda. Ils contribuent, à leur manière, à construire et à transmettre la mémoire internationale du génocide des Tutsi. La mise en fiction d'un phénomène aussi traumatisant soulève de nombreux enjeux, aussi bien éthiques qu'esthétiques. Elle dévoile les frontières de la représentation, pose la question du témoin et du regard, tout en présentant une garantie d'authenticité vis-à-vis des survivants, exhortés à se confronter de nouveau, pour les besoins de la caméra, à leurs bourreaux d'hier. Le film de génocide se révèle également un moyen thérapeutique, à la fois pour alléger la culpabilité des Occidentaux et pour exprimer le traumatisme des rescapés dont certains contribuent aujourd'hui à l'émergence du cinéma rwandais. En empruntant aussi bien à l'histoire qu'à l'anthropologie et à la psychanalyse, le présent ouvrage revient en détail sur la place des fictions cinématographiques dans le corpus artistique issu du génocide rwandais et démontre, au-delà des questions de représentation, la responsabilité d'un art comme le cinéma - documentaire et de fiction - dans la construction de la mémoire d'un événement historique majeur de notre temps.

"La violencelliste" de Marcel Moreau – Ed. Denoël

Sous forme d'une "Lettre à un jeune corps n'aimant pas lire et en grand danger de mort dans l'âme", Marcel Moreau retrace son histoire d'écrivain et de lecteur entièrement voué au rythme de la langue. La chair et le livre ne font plus qu'un dans une fusion érotique et littéraire dont l'auteur de "Quintes" a le secret.

"Le dictionnaire des injures littéraires" de Pierre Chalmin – Ed. L'éditeur

Les entrées de ce dictionnaire se caractérisent par trois principes : la notoriété de l'injurié, la qualité de celui qui injurie, et le caractère outrancier, humoristique ou d'une absolue mauvaise foi de l'insulte. En voici quelques exemples...

''Tant et tant d'arrivisme pour arriver si peu !'' Salvador Dali, au sujet d'Aragon.

''Qu'il soit devenu, j'allais dire le pape de la psychiatrie, ne m'étonne pas. Il a toujours eu le goût du canular.'' Louis Leprince-Ringuet, à propos de Jacques Lacan.

"Grendel" de John Gardner – Ed. Denoël/Lunes d'encre

Le Grendel de John Gardner est à la saga de Beowulf ce que l’Ulysse de James Joyce est à L’Odyssée d’Homère. Dans les deux cas, il s’agit d’une complète trahison. Cette violence faite au texte original n’est rendue possible que par une claire compréhension de l’œuvre, et se justifie par un impératif supérieur, celui de la création littéraire. Chez John Gardner, l’acte de réécriture se double d’une dette jamais acquittée à l’égard de son frère dont il est le meurtrier. » Xavier Mauméjean.

Grendel, qui narre l’épopée de Beowulf du point de vue du monstre, s’est imposé en moins de quarante ans comme un des grands classiques de la fantasy anglo-saxonne. Court, brutal, d’un humour ravageur, ce conte philosophique frappe le lecteur avec la force d’une comète, dans l’éblouissement

"Le prote-lame" de William Burroughs - Ed. Tristram

Depuis la parution du Festin nu en 1959, l'oeuvre de William S Burroughs (1914-1997) n'a cessé d'inspirer les créateurs contemporains - influençant, aussi bien le cinéma (Gus Van Sant, David Cronenberg) que les arts plastiques ou la scène rock. Sans doute est-ce sa brièveté qui explique que Le Porte-Lame - l'un de ses chef-d'oeuvres des années 1970 - soit resté inédit en français jusqu'à aujourd'hui. " En l'an 2014, New York, centre mondial WU médecine parallèle, est la métropole la plus attirante, la plus dangereuse, la plus pittoresque, la plus essentielle et la plus excessive que le monde ait lamais connue. " Adoptant la forme d'un film imaginaire, Le Porte-lame est un concentré des obsessions et du style de Burroughs : écriture " cut ", la drogue et la maladie comme métaphores, et surtout son extraordinaire humour qui culmine ici dans une scène de chirurgie underground digne des Marx Brothers. Dans le monde de la médecine illégale, le porte-lame (the blade runner en v.o.) - échappé d'un roman de science-fiction d'Alan E Nourse dont Burroughs a repris situations et personnages - est ce desperado adolescent qui fourgue aux toubibs matériel et médicaments de contrebande. C'est là que Ridley Scott, trois ans plus tard, a trouvé le titre de son propre film Blade Runner.

"Le boxeur manchot" de Tennessee Williams – Ed. Robert Laffont / Collection Pavillons Poches

Le boxeur manchot réunit sans doute les textes les plus forts de Tennessee Williams. Avec la nouvelle, La Statue mutilée, qui inspire le titre de l'ouvrage, c'est d'abord l'histoire d'Oliver Winemiller, jeune homme simple, né dans les champs de coton de l'Arkansas, qui s'engage à 18 ans dans la Marine. Devenu boxeur pour la flotte du Pacifique, il perd un bras dans un accident de voiture. Dès lors, Oliver erre de ville en ville et sombre dans la prostitution, la dépression et le meurtre. Jugé et condamné, il attend dans sa cellule de passer sur la chaise électrique. On assiste alors à ses dernières heures, celles du repentir et des questions sans réponses : un boxeur manchot, quel sens cela peut-il avoir ? Y a-t-il un sens à l'absurdité du monde et quelle est la place réservée aux poètes, aux fous et aux assassins, auxquels s'adresse l'écrivain ? Aucune, si ce n'est celle de martyrs expiant toutes les contradictions sociales, comme Lucio et la chatte Nitchevo, de la nouvelle Malédiction. Tous les récits qui composent ce recueil sont empreints d'une terrible lucidité mais aussi d'un regard plein de compassion pour les exclus du monde moderne et donnent, presque, une vision de l'éternité. --Stellio Paris.

"Sucre d'orge" de Tennessee Williams – Ed. Robert Laffont / Collection Pavillons Poches

Le dos de Marion Brando et la chemise de Baby Doll ont nourri les fantasmes de tant de cinéphiles qu'on en vient à oublier que Tennessee Williams est avant tout un grand écrivain américain trop négligé en France : ses nouvelles sont des chefs-d'œuvre de baroque, de tendresse et d'ambiguïté ; des personnages qu'aurait pu dessiner Norman Rockwell y trouvent une fin délicieuse dans les cinémas mal famés et tous les clichés du Sud y sont pulvérisés avec une minutieuse et prodigieuse perversité.
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