“Le troisième homme” de Carol Reed a fait l’unanimité partout… sauf en Autriche !

Ce mardi 15 octobre, Rudy Léonet et Hugues Dayez vous proposent Le troisième homme de Carol Reed pour votre séance classic ciné à 21h sur la Trois. Ce long métrage est considéré comme un chef-d’œuvre du cinéma par tous… sauf par les Autrichiens. Voici pourquoi.

En plus d’être un classique, Le troisième homme est ce qu’on appelle de façon notoire un chef-d’œuvre du cinéma.

Pourquoi ? Parce qu’en plus de résister à l’épreuve du temps (qui fait de lui “un classique”), Le troisième homme a fait une grande unanimité dans des pays de sensibilités très différentes. C’est ce caractère d’universalité qui lui confère le très prestigieux qualificatif de “chef-d’œuvre”.

Mais ce long-métrage a-t-il vraiment fait l’unanimité ? Pas si sûr.

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Un flop en Autriche

Les touristes l’ignorent lorsqu’ils se lancent sur les traces de la Vienne crépusculaire immortalisée dans Le troisième homme, mais cette œuvre culte du cinéma noir, sortie il y a 70 ans avec une bande originale qui a fait le tour du monde, n’a jamais vraiment trouvé sa place dans le cœur des habitants de la capitale autrichienne.

"L’Autriche est le seul pays où le film a fait un flop", s’amuse Gerhard Strassgschwandtner, qui n’en a pas moins ouvert un musée dédié au "Third man" du réalisateur britannique Carol Reed.

Sorti en septembre 1949, ce film en noir et blanc tourné dans une Vienne défigurée par la Deuxième Guerre mondiale et porté par la célébrité d’Orson Welles, part sur les traces d’Harry Lime, un trafiquant de médicaments tué dans des circonstances mystérieuses à Vienne.

Un succès lucratif pour le tourisme viennois

Succès d’après-guerre, devenu film culte chez les cinéphiles, Le troisième homme fut récompensé au festival de Cannes (Palme d’Or) et aux Oscars, et même distingué en 2000 meilleur long-métrage britannique de l’histoire par le British Film Institute.

"C’est devenu une œuvre de pop culture dans le monde entier, du Japon aux Etats-Unis", constate Norbert Kettner, directeur de l’office du tourisme de Vienne.

La musique du film, composée par le musicien viennois Anton Karas et jouée à la cithare, a généré des ventes de millions de disques.

Et le marketing du film fait aujourd’hui autant pour l’image de la capitale que les palais de l’impératrice Sissi.

Mais rien à faire… les Autrichiens ne portent pas Le troisième homme dans leur cœur.

L’ego blessé des viennois d’après-guerre

"C’est cette image peu flatteuse de la ville qui a irrité les Viennois. Il y avait eu beaucoup d’excitation au moment du tournage de cette production internationale et, au final, les habitants se sont vus sous les traits de gens fouillant dans les poubelles pour se nourrir, pratiquant le marché noir, refusant de coopérer avec la police, ils n’ont pas trop aimé", observe Gerhard Strassgschwandtner.

Cela n’empêche pas des milliers de voyageurs de se rendre tous les ans sur les lieux du tournage comme en pèlerinage, seuls ou dans le cadre de visites guidées qui peuvent inclure une promenade dans les égouts, où les scènes finales de poursuite (devenues mythiques) ont été tournées.

 

► Pour (re) découvrir Le troisième homme de Caroll Reed avec Orson Welles, Alida Valli, Trevor Howard et Joseph Cotten…, ne loupez pas cette séance classic ciné exceptionnelle ce 15 octobre à 21h sur la Trois !

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