La Vérité… à chacun la sienne

La Vérité… à chacun la sienne
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Fabienne Dangeville, grande figure du cinéma français est sur le point de publier ses mémoires. C’est le moment qu’a choisi Lumir, sa fille, qui habite désormais aux États-Unis pour revenir dans la maison familiale accompagnée de son mari américain et de sa petite fille.

Les retrouvailles entre la star vieillissante, plus que jamais égocentrique et sarcastique, et sa fille qui a choisi de se construire une vie loin de la France (et de sa mère ?) et qui est devenu scénariste et à donc décider de faire une carrière dans l’ombre, vont être l’occasion de ressortir quelques vieux dossiers…

Un Japonais à Paris

Quelle surprise de voir le très japonais Hirokazu Kore-eda, réalisateur de " Nobody knows ", " Still walking ", " Tel père, tel fils " (Prix du Jury à Cannes en 203) et " Une affaire de famille " (Palme d’or à Cannes et César du Meilleur film étranger en 2018), s’aventurer à réaliser un film en français, en France avec une distribution essentiellement hexagonale.

À l’origine de ce projet, il y a une ébauche de pièce écrite par le cinéaste en 2003, une pièce qui racontait l’histoire d’une actrice de théâtre en fin de carrière, dans sa loge, le temps d’une nuit. Puis il y eut le souhait émis par Juliette Binoche, lors d’un voyage au Japon en 2011, de faire quelque chose avec Hirokazu Kore-eda.

La pièce du début devient alors un scénario de film. L’intrigue se transforme en une histoire de relation mère-fille, quand le scénario est retravaillé et nourri des échanges que Hirokazu Kore-eda entretient avec Catherine Deneuve et Juliette Binoche, désormais en haut de l’affiche de " La Vérité ".

Mise en abyme

Cette autre " affaire de famille " menée sous le haut patronage de Catherine Deneuve et de Juliette Binoche, mère et fille dans le film, creuse à nouveau les thèmes des liens familiaux et de la transmission chers à Kore-eda avec, comme à son habitude toute japonaise, une férocité qui n’a d’égale que la douceur avec laquelle tout cela est amené.

Intimement lié à cette relation filiale compliquée, le regard tout aussi cruel que pose également le réalisateur sur ce monde du cinéma et sur ce métier d’actrice où vérité et mensonge se confondent parfois.

Et si le personnage de fiction interprété par Catherine Deneuve était un miroir tendu à la "Grande Catherine", celle qui dans la vraie vie a choisi ce métier d’actrice ?

Tout fait signe : le fantôme (essentiel dans la culture japonaise) de Sarah qui plane constamment dans le film et qui nous fait se souvenir de Françoise Dorléac, la sœur trop tôt disparue de Catherine Deneuve, ou encore cette affiche encadrée "The Belle of Paris" que l’on remarque tout comme cette robe noire conservée avec soin par Fabienne qui ne manquent pas de rappeler "Belle de jour", film mythique de Luis Buñuel immortalisé par Catherine Deneuve.

Mise en abyme encore, avec ce film dans le film qui interroge sur l’art de vieillir dans et hors le cinéma.

Fort de cette affiche conjuguée au féminin où les acteurs sont loin de jouer les potiches (formidable Ethan Hawke), fort de ce personnage de Fabienne que l’on adore détester, de ces répliques mordantes, de Catherine Deneuve pour les assener et de Juliette Binoche pour les encaisser… c’est à cette réunion de famille où l’on ne s’ennuie jamais à laquelle on vous convie bien volontiers !   

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