La meilleure version de "Dracula"? Celle de Coppola, sur la Trois !

 

Depuis 1922, plus de 60 films ont été consacrés au mythe de Dracula. Mais la version de Francis Ford Coppola est certainement la meilleure. Voici pourquoi…

En 1992, alors que la figure du comte Dracula était usée jusqu’à la corde et parfois jusqu’au ridicule ("Les Charlots contre Dracula" - 1980) par des dizaines de films de qualité très diverse et discutable ("Zoltan le chien sanglant de Dracula" - 1978), on pensait avoir fait le tour du mythe. La dernière apparition vraiment notable d’un vampire remontait à 1979 avec "Nosferatu- fantôme de la nuit" de Werner Herzog avec Klaus Kinski et Isabelle Adjani, remarquable remake du "Nosferatu" de Murnau. Mais la vision du réalisateur américain va tout changer.

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Winona Ryder donne l’impulsion

 

A l’origine du projet : un dîner. Coppola invite Winona Ryder dans son restaurant de San Francisco, le Café Zoetrope. Il veut lui redire son amitié et qu’il ne lui en veut pas d’avoir refusé un rôle dans "LeParrain III". Elle arrive au rendez-vous avec un roman sous le bras… et un script : "Dracula" de Bram Stocker, une adaptation fidèle du roman de 1897.

Elle dira plus tard “Je n’avais jamais vraiment pensé qu’il le lirait. Il était tellement absorbé par le " Parrain III ". En partant, je lui ai dit : "Si tu as l’occasion, lis ce scénario." Il l’a regardé poliment, puis quand il a vu le mot Dracula, ses yeux se sont illuminés.”

Winona Ryder explique alors que ce qui l’a attirée est "l’histoire d’amour très émotionnelle, ce qui n’est pas vraiment ce à quoi on pense quand on pense à Dracula”, ajoutant : “le personnage féminin du livre, Mina, comme beaucoup de femmes à la fin des années 1800, a une sexualité très réprimée. Tout ce qui concernait les femmes à cette époque, la façon dont les corsets les forçaient à se déplacer, était révélateur de la répression. Exprimer la passion était une chose effrayante.” Quant à Coppola, il fut également attiré par la forte dimension sensuelle et la charge érotique présente dans le scénario.

 

Il s’empare alors du sujet et choisit de mettre en avant la sexualité exacerbée du livre dans une esthétique singulière. Il fait d’abord réaliser un story-board d’environ mille images par un dessinateur. Il commence par le filmer afin de créer une version animée simplifiée du long-métrage qu’il a en tête et le montre à ses costumiers et décorateurs pour coller au plus près de l’univers qu’il cherche à recréer. Coppola souhaite également tourner son film entièrement en studio et demande aux décorateurs de lui apporter des dessins "bizarres", c’est-à-dire “qui viennent d’une recherche basée sur leurs propres cauchemars et leurs propres peurs. "Il ne voulait pas du "Dracula" cliché qui avait déjà été fait à Hollywood et recherchait quelque chose de différent, un nouveau Dracula, sans la cape, sans la peau blanche pâle, sans les fameuses dents de vampire.

 

Le succès au rendez-vous

 

A sa sortie en 1992, son adaptation marque le public par ses partis pris narratifs et son esthétique, différents des films de tous les vampires qui l’ont précédé. De toutes les adaptations du roman de Bram Stocker, aucune n’avait été aussi fidèle au texte que celle de Coppola. Et le casting est à la hauteur : un Dracula stupéfiant joué par un Gary Oldman magistral, et bien sûr Winona Ryder, qui trouve un des meilleurs rôles de sa carrière en incarnant Mina Harker. Leur face-à-face ambigu montre un Dracula inédit, amant inconsolable, bien plus que le monstre sanguinaire auquel le public avait fini par s‘habituer.

A sa sortie, il reçoit globalement de bonnes critiques, il enregistre un très bon score au box-office, même si quelques voix critiquent la performance de Keanu Reeves à cause de son accent britannique jugé peu réaliste. Mais c’est à la 65e cérémonie des Oscars que le film va vraiment s’imposer en remportant la statuette dans les catégories "meilleurs costumes", "meilleur maquillage" et "meilleur montage".

Enfin, c’est surtout dans l’héritage du film qu’on trouvera ses plus belles récompenses car le Dracula de Coppola a marqué son époque et influencé la culture populaire. De nombreux films suivront en portant la même attention à revenir aux textes des romans originaux comme : "Frankenstein"de Kenneth Branagh en 1994 fidèle au roman de Mary Shelley, ou "Le Chaperon Rouge"de Catherine Hardwicke en 2011 qui colle au plus près du conte de Charles Perrault.

Le Dracula de Coppola aura aussi eu le mérite de mettre en avant l’ennemi désigné du vampire, Abraham Van Helsing (incarné par Anthony Hopkins), le chasseur de monstres, un personnage jusque-là de second plan mais qui va lui-même connaître une popularité aussi fulgurante qu’inattendue à travers des films spin-off de ses propres aventures, des séries télés et des jeux vidéo… tous très peu attachés à rester fidèles au roman de Bram Stocker.

Ne manquez pas "Dracula" de Francis Ford Coppola ce mercredi 23 juin sur La Trois dans Classic Ciné en mode été, c’est votre Drive-In Ciné chaque mercredi soir, avec Hugues Dayez et Rudy Léonet.

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