Julie Gayet se confie sur les coulisses de la série "Une mère parfaite"

Mère tourmentée dans "Une mère parfaite", Julie Gayet nous raconte ce qui lui a donné envie d'incarner Hélène, son coup de foudre avec la jeune Eden Ducourant et son interprétation de la série.

La jeune Anya est suspectée d'avoir tué un riche héritier parisien. Sa mère convaincue de son innocence fait sa propre enquête. En attendant de découvrir le final de "Une mère parfaite" ce mardi 7 septembre sur La Une, on a discuté avec la comédienne Julie Gayet.

>> Revoir les deux premiers épisodes de "Une mère parfaite"

Comment êtes-vous arrivée sur cette série ?

J’ai rencontré Fred Garson, le réalisateur, qui m’a proposé le rôle. Le réalisateur ou la réalisatrice est un critère primordial pour savoir si je me lance dans une aventure, qu’elle soit ciné ou télé. Le regard d’un réal est très important et Fred met autant d’émotionnel que de thriller dans sa réalisation.

Quel a été votre premier sentiment à la lecture du scénario ?

Ça m’a fait cette effet de page turner. Je me demandais sans cesse : "comment ça va se finir ?" J’ai tout de suite accroché. Ça a aussi éveillé en moi la fibre de mère, puisque j’ai moi-même deux fils de 21 et 23 ans. Comme disait ma grand-mère : "Petits enfants, petits problèmes. Grands enfants, grands problèmes". Et c’est tellement vrai ! Quand les enfants grandissent, on s’inquiète, on pense aux soirées, aux drogues… qu’est-ce qui va leur arriver ? Je pense qu’aujourd’hui, c’est malheureusement toujours plus compliqué pour les filles dans cette société. Elles doivent opposer liberté et sécurité. Elles ne vont pas forcément sortir aussi tard qu’elles le veulent ou voyager seule pour être en sécurité. C’est terrible qu’on en soit là. Cette mère parfaite, c’est un peu le cauchemar absolu ce qui lui arrive, et cette façon de traiter cette angoisse de mère m’a aussi intéressée.

La série parle aussi de slutshaming et de culture du viol, notamment quand les policiers doutent de l’innocence de Anya, car elle a séduit un garçon en soirée.

Oui tout à fait, et cette position se retourne sans cesse. La série se concentre vraiment sur ce point de vue-là. C’est aussi une série sur les violences conjugales. C’est essentiel de parler de ça, car aujourd’hui encore, on entend des scénaristes dire : "Elle avait une jupe, elle l’a cherché". En 2021. C’est terrible. En France, avec l’affaire Weinstein, plusieurs choses se sont heureusement mises en place, comme la création du collectif 50/50. Cela a permis de faire signer des chartes aux grands festivals internationaux pour qu’ils donnent les chiffres des femmes qui sont dans les commissions et des films fait par des femmes qui sont sélectionnés. Ça a déjà changé les choses. On a milité pour que les choses bougent. Aujourd’hui, il existe une charte qui impose au producteur de s’engager à faire attention à ces choses-là. Il faut aussi nommer un référent sur le plateau. Quand un film est aidé par le CNC, le producteur est obligé de suivre un stage sur les violences où il apprend quel est le protocole à suivre en cas de violence ou harcèlement sexuel. Le producteur est aujourd’hui responsable, alors qu’avant il ne l’était pas.

La série est inspirée du roman The Perfect Mother, version fictive de l’affaire Amanda Knox. Quelle était votre connaissance du livre ou de ce fait divers ?

Je me souviens du livre, car ça a été un bestseller et ma mère l’a lu. Personnellement, je ne l’ai pas lu pour me préparer au rôle. J’ai surtout eu envie de me rapprocher d’Eden Ducourant, la jeune actrice qui joue ma fille. On partage les mêmes préoccupations et je lui ai d’ailleurs confié la campagne #RegardeMoiBien de la Fondation des femmes qu'elle a réalisé avec son frère Gabin. C’est vraiment une actrice merveilleuse. Pour moi le plus important était que ce rapport entre nous soit une évidence. Ça l’est devenu. Quand Fred m’a proposé le rôle, j’ai demandé à faire les essais avec les actrices qui passaient le casting. J’ai donc passé mes essais avec les derniers choix. Quand Eden est arrivée, c’était dingue. C’était vraiment ma fille.

2 images
Eden Ducourant et Julie Gayet pour "Une mère parfaite". © 2020 / JULIEN CAUVIN / TF1 / QUAD DRAMA

Et Tomer Sisley ?

Lui, je le connais depuis longtemps ! On a travaillé avec le même coach américain, Jack Waltzer, à quelques années d’écart. Je me souviens de lui au Festival de Cannes, à 24 ans, essayant de rentrer dans les soirées. Je l’aidais (rires). C’est quelqu’un d’extrêmement généreux. Quand Fred a eu l’idée de Tomer, je me suis dit que ça allait nous faciliter les choses, puisque ça rend d’autant plus crédible cette relation entre deux vieux amis qui ne se sont pas vus depuis 25 ans, car c’était plus ou moins ça !

La série s’appelle "Une mère parfaite". Comment interprétez-vous ce titre ?

C’est cette injonction terrible sur les femmes qui entraine de la culpabilité et un déséquilibre entre les hommes et les femmes. J’ai hâte qu’on puisse dire : "un père parfait". En Allemagne, là où se déroule en partie la série, c’est très marqué : quand une femme ne s’occupe pas de son jeune enfant (entre 0 et 5 ans), on l’appelle "une mère corbeau". C’est terrible comme appellation. Il y a très peu de crèches là-bas, car la société considère que c’est à la maman de s’occuper principalement des enfants. La série parle donc de cette déculpabilisation des hommes, de la culpabilisation des femmes et de comment rééquilibrer la parentalité. Mon personnage participe à ce déséquilibre de façon très subtile puisqu’elle empêche son mari de rejoindre leur fille à Paris : elle y va seule, car c’est "son" rôle. Elle va retrouver un vieil ami et comprendre qu’elle ne connait pas vraiment ses enfants. Toute la série joue là-dessus et sur la place de la femme aujourd’hui.

Une mère parfaite, épisodes 3 et 4 (final) à découvrir mardi 7 septembre dès 20h35 sur La Une et sur Auvio.

Newsletter TV

Recevez chaque jeudi toute l'actualité de vos personnalités et émissions préférées.

OK