Halloween lady beetle (coccinelle asiatique)

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coccinelle - © Tous droits réservés

Diffusion : 16 mars 2014 vers 20h15

N’en déplaise aux apparences, toutes les coccinelles ne sont pas bêtes à bon dieu.

Harmonia axyridis, comme son nom ne l’indique pas, est une bestiole plutôt envahissante. Elle crée plutôt la zizanie dans le rang des coccinelles indigènes et de leurs protecteurs. Importées en masse à l’époque pour la lutte biologique où l’on prônait l’usage de ces grandes dévoreuses de pucerons, plus efficaces que les coccinelles indigènes, elles ont pullulé et ont peu à peu pris la place de nos petites coccinelles à 2, 4, 7 ou 12 points. En hiver, elles s’agglomèrent dans les maisons, créant parfois des nuisances. Peut-on encore empêcher la conquête ? Comment les repérer et ne pas les confondre avec nos coccinelles indigènes ?

Un dossier signé Isabelle Masson-Loodts et Sébastien Derave, et réalisé avec la collaboration de François Verheggen, Unité d’Entomologie fonctionnelle et évolutive, Gembloux-Agro-Bio Tech Ulg.

le texte de la séquence signé Isabelle Masson-Loodts

Chaque année depuis une décennie, à partir de la mi-octobre, Harmonia axyridis, c'est le petit nom de la coccinelle asiatique, se fait remarquer... Aux Etats-Unis, où l'espèce est devenue envahissante avant de l'être chez nous, on l’appelle d'ailleurs Halloween Lady Beetle. Alors que la plupart des coccinelles indigènes se réfugient par petits groupes sous l'écorce de vieilles souches, H. axyridis montre une fâcheuse tendance à rejoindre l'intérieur de nos habitations. Elles y forment des agrégats de dizaines, de centaines, voire de milliers d'individus.

Comment cette petite bête est-elle devenue une aussi intrépide conquérante ?

En 1916, des spécialistes de la "lutte biologique" importent une souche d'H. Axyridis d'Asie vers les Etats-Unis. Dès la fin des années 1980, l'insecte s'acclimate au climat américain. Il se met à pulluler et couvre, en quelques années, l'ensemble des Etats-Unis.

Dans les années 1990, des laboratoires européens importent à leur tour des coccinelles asiatiques, sans prendre garde à ce qui se passe outre-atlantique.Des insectes du Nord-Est américain parviennent ensuite jusqu'en Europe et se mélangent avec des individus issus d'élevages de lutte biologique...En moins d'une décennie, les coccinelles asiatiques envahissent alors l'Europe occidentale.

Les scientifiques soupçonnent aussi ces coccinelles d'avoir un impact négatif sur la biodiversité. Mais alors, pourquoi avoir introduit les coccinelles asiatiques chez nous ?Une coccinelle asiatique peut manger plus de cent pucerons par jour. C'est pour cette raison qu'elle a été importée chez nous, mais aussi parce que cette intrépide conquérante a la capacité à se reproduire vite et beaucoup.

Lorsque la coccinelle asiatique émerge de sa chrysalide, ses élytres sont jaunes. Elles mettront plusieurs minutes avant de se parer de ses couleurs et taches définitives. Pour autant, ces attributs ne permettent pas facilement de la distinguer des coccinelles indigènes.L'oeil averti pourra tout de même repérer quelques indicateurs de l'identité d'Harmonia axyridis.

Au niveau de son thorax, généralement blanc, on peut distinguer soit des taches noires formant un M, soit 5 points noirs dessinant une patte de chat, soit, enfin, une bande noire...La coccinelle asiatique est accusée aujourd'hui d'être la cause de la raréfaction des coccinelles indigènes. Tels des enquêteurs, les chercheurs en entomologie traquent les indices de cette culpabilité...

Tout en cherchant cette preuve irréfutable de culpabilité, les chercheurs tentent déjà de trouver comment empêcher l'inculpée de poursuivre ses délits.Des expérimentations sont réalisées pour cerner la façon dont cette petite bête retrouve, dans un habitat, le lieu de rassemblement de ses congénères.

On sait désormais que les coccinelles émettent des molécules de deux types. Les premières sont odorantes et volatiles, et permettent d'attirer leurs congénères à distance. Les secondes ne sont pas volatiles, mais s'incrustent dans les endroits qu'elles fréquentent pour les marquer, à la façon des cailloux du petit pousset. Enfin, le critère visuel aide aussi les coccinelles asiatiques à sélectionner les habitations, le plus souvent à façade blanches, où elles aiment passer l'hiver.

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