Dark waters : Sales…eaux made by DuPont

Dark waters : Sales…eaux made by DuPont
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En 1998, Robert Bilott, avocat dans un gros cabinet de Cincinnati, spécialisé dans la défense des sociétés et des grands groupes de l’industrie chimique, vient d’être promu associé.

En visite à Parkersburg en Virginie-Occidentale, la ville de son enfance, il est interpellé par Wilbur Tennant, un fermier de sa connaissance. Ce dernier a vu mourir, impuissant, 190 de ses vaches devenues folles et soupçonne l’usine du groupe chimique DuPont toute proche d’être à l’origine de cette hécatombe.

En cherchant à en savoir plus, Robert Bilott va mettre au jour l’un des plus gros scandales sanitaires du XXe siècle dont le nombre de gens touchés se chiffrerait aujourd’hui à 99% de la population mondiale ! 

Responsable et coupable

Le responsable de cette pollution des eaux et de cette contamination des hommes, découverte dans cette petite ville de Virgine-Occidentale, a un nom : le PFOA, une substance toxique utilisée dans la production du polytétrafluoroéthylène (sigle : PTFE) plus connu sous le nom déposé de Téflon, ce produit "miracle" indestructible, aux propriétés antiadhésives remarquables, employé dans de nombreux domaines dont le plus connu est sans doute celui des ustensiles de cuisine.

Le coupable c’est la société DuPont (le premier employeur de la région !) qui a pendant 40 ans rejeté dans l’Ohio, la rivière toute proche, cette substance indésirable sachant qu’elle était  nocive pour l’environnement et pour l’homme. Le pire étant qu’une alternative moins toxique à ce produit avait été envisagée, mais qu’elle fut abandonnée par crainte d’une perte de profit.

Le lanceur d’alerte selon Todd Haynes

Avec "Loin du Paradis" (2002), la minisérie "Mildred Pierce" (2011) ou encore "Carol" (2015), Todd Haynes nous avait habitués ces derniers temps à des mélodrames intimistes.

Changement de registre, donc, pour ce grand du cinéma indépendant américain, qui cette fois-ci s’est attaché à une histoire vraie, celle qui opposa pendant près de 20 ans l’avocat Robert Bilott au géant de l’industrie chimique américaine, E.I. du Pont de Nemours et compagnie.

Le réalisateur américain ne se départit cependant pas de cette tonalité intimiste qui faisait déjà merveille dans ces précédents films, notamment dans ce qui va se jouer pour Robert Bilott au sein de son couple et de sa famille quand son investissement dans ce dossier oh combien épineux et à haut risque se fera de plus en plus pressant.

Ce film, non dénué de suspens, mais qui donne du temps au temps, n’est jamais agressif et va à l’encontre de ce héros doté d’une force, d’une conviction et d’une confiance innées souvent envisagé au cinéma. En cela Mark Ruffalo - lui-même très impliqué dans les questions environnementales et à l’origine de ce film - donne une remarquable épaisseur au personnage de Robert Bilott qu’il interprète.

Précis, remarquablement incarné ce film interroge nos vies, notre culture, nos lois et notre système de régulation… un film nécessaire qui nous concerne tous, qui que nous soyons et que l’on vous conseille vivement d’aller voir!

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