Christopher Bayemi (Luther) : "C'est un honneur d'incarner ce personnage"

À l'affiche de l'adaptation française de Luther, Christopher Bayemi y trouve son premier grand rôle. Lui qui se destinait à devenir sportif professionnel est aujourd'hui à l'aube d'une belle carrière de comédien. Rencontre avec un acteur sincère et touchant. 

Comment avez-vous été introduit à cette série ? 

C'est un scénario assez classique : mon agent m’a proposé un casting. J'étais d'ailleurs assez étonné, car je ne m’attendais pas à ce que TF1 fasse une adaptation de Luther. J’ai trouvé que c’était un joli pari et un beau challenge de leur part. En plus de ça, j'avais vu la série originale il y a très longtemps, car Idris Elba fait partie des comédiens que je suis depuis longtemps. Ensuite, le processus de casting a été assez long : j'ai fait cinq essais en un an et demi. Il a fallu s’accrocher et il a fallu y croire. À côté de ça, je fais pas mal de théâtre. Pendant ce processus de casting, je jouais dans une pièce intitulée Intra Muros. Le réalisateur David Morlet et la productrice exécutive Sabine Barthélémy sont venus me voir jouer, et j’ai l’impression que ça leur a permis de confirmer leur choix.

>> Revoir le premier épisode de Luther

Le processus de casting a été long : j'ai fait 5 essais en un an et demi.

Reprendre un rôle joué par Idris Elba, c’était une pression supplémentaire ?

Dire le contraire serait mentir, mais j’ai abordé ça autrement. C’est surtout un honneur de pouvoir incarner ce personnage campé par un acteur extraordinaire. C’est une fierté aussi. Ça m’a plus boosté qu’autre chose et ça a été finalement beaucoup de plaisir. J'aime beaucoup l'univers de cette série. J’aime bien comparer Luther à une espèce de super-héros, à l’instar des personnages qu’on peut voir dans les comics, c’est un vrai justicier fanatique et charismatique, vif, très passionné par son boulot. Il y a un côté un peu sombre à la Batman, Gotham City, qui me plaît beaucoup.

Avez-vous toujours voulu être acteur ?

Ça n'a pas été mon premier choix. J'ai en effet fait du sport de mes 6 à mes 22 ans. De mes 15 à mes 19 ans, j'étais dans un lycée avec option sport. C'est là que j’ai rencontré une prof de lettres et une prof de sport extraordinaires. Elles nous ont proposé de faire des activités qui liaient la littérature et le sport. On a commencé par écrire des poèmes, puis la prof de lettre nous a mis en scène. En première et en terminale, on a fait deux autres spectacles. Ça a été une révélation pour moi. Je me suis rendu compte qu’il y avait de vraies similitudes entre le sport et le théâtre, et j’ai senti le même genre de plaisir et d’émotion. À la sortie du lycée, comme le théâtre était un monde que je ne connaissais pas, je suis resté dans le sport. Je me suis dit : "Passe ton diplôme d’éducateur sportif et si l’envie revient, il sera toujours temps de changer de voie". Pendant ma formation, et après avoir travaillé en tant qu’éducateur sportif, je me suis gravement blessé au genou, donc ma carrière s’est totalement stoppée.

Cette envie de théâtre était toujours dans ma tête et je désirais retrouver une activité qui me passionne autant, qui soit aussi puissante physiquement et mentalement.

C'est là que vous avez choisi de vous tourner vers la comédie ?

Pas immédiatement. Le sport c’était toute ma vie avant. J’ai eu un an de convalescence et ensuite un an un peu compliqué psychologiquement. Pendant cette période d’inactivité sportive, j’ai découvert d’autres choses dans la vie. J’avais 21 ans et je me suis rendu compte qu'il y avait les sorties, les copains, les copines… Et quand il a fallu reprendre les entrainements et donc refaire des concessions, ça a été difficile, car je me suis dit : "Je vais peut-être me blesser à nouveau. Où est-ce que je vais ?". Cette envie de théâtre était toujours dans ma tête et je désirais retrouver une activité qui me passionne autant, qui soit aussi puissante physiquement et mentalement. Le théâtre, c’était la meilleure voie à prendre. J’ai donc tout quitté en 2011, je suis monté à Paris, j’ai tenté une école de théâtre, j’en suis sorti en 2015 et me voilà aujourd’hui. J'éprouve donc un énorme respect pour ces deux professeures qui en dehors du programme de littérature et de sport m’ont fait découvrir un autre monde et m’ont permis de comprendre que je n’étais pas fait que pour le sport et que je pouvais faire plein d’autres choses. Je ne les oublierai jamais.

Luther, deux épisodes à voir chaque mardi à 20h35 sur La Une et en replay pendant 15 jours sur Auvio.

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