Santé mentale : la déconstruction d'un tabou

Longuement caractérisée de sujet tabou, la santé mentale est dorénavant un sujet fortement discuté car décomplexé. Il semblerait que dans l’opinion collective, l’affirmation des faiblesses et des insécurités est (enfin) une force.

Le dimanche 10 octobre marque la "Journée Mondiale de la santé mentale" en lien avec l’OMS (l’Organisation Mondiale de la Santé) qui estime que rien que dans la région européenne, 50% des personnes sont dépressives. Chaque année, près de 800.000 personnes se suicident et bien plus encore font une tentative. Il s’agit d’ailleurs de la deuxième cause de décès dans le monde dans la tranche des 15-29 ans. C’est donc l’occasion d’aborder le sujet et de sensibiliser les acteurs de la société. D’ailleurs, quels peuvent être les facteurs qui ont contribué au changement de notre regard sur ledit sujet ?

Les réseaux sociaux, une libération

Si les réseaux sociaux sont source d’anxiété car la perfection y règne en maître, ils sont également un lieu de confessions et de libération. En effet, de nombreuses célébrités s’en servent pour s’exprimer. À l’époque, ces dernières ne le faisaient que via les médias mais ces fameux réseaux leur permettent dorénavant de prendre la parole sans intermédiaire, ce qui les rapproche de leur communauté et qui les rend également plus authentiques. L’authenticité est certainement ce que les fans recherchent chez leurs idoles car finalement, il n’y a que l’argent et le succès qui les diffèrent. Célébrités et fans sont des êtres humains avec des forces et des faiblesses. Doja Cat a récemment émis un cri d’épuisement mental sur les RS "Je suis juste fatiguée et je n’ai pas envie de faire quoique ce soit. Je ne suis pas heureuse. C’est fini de dire oui à tous les enf***és parce que je ne peux même pas avoir une semaine pour me reposer. Je n’arrête jamais de bosser. Je suis franchement crevée. Alex devient vieux et a 68 ans et je ne peux même pas être avec lui. Je veux rester seule." Aujourd’hui, les stars se livrent, n’ont pas peur de se montrer vulnérables car elles tissent des liens avec leur communauté qui peut désormais s’identifier à elles et donc, faire preuve d’empathie.

S’exprimer sur les maux qui nous rongent est donc bien plus simple et plus moqué, que du contraire d’ailleurs. Il y a quelques années, la presse à scandale s’est fait un malin plaisir de se servir de la détresse de Britney Spears. L’interprète de "Baby One More Time" s’était rasé la tête sur un coup de folie et cet épisode a fait les gros titres. Elle ne pouvait donc pas se retourner vers les médias pour s’y exprimer car ils n’auraient pas été ses alliés. Beaucoup se sont moqués d’elle alors que maintenant, de nombreuses personnes ont manifesté et utilisé le hashtag #FreeBritney sur tous les réseaux pour soutenir la star qui a pu être entendue et qui, depuis peu, n’est plus sous la tutelle de son père.

Grâce aux réseaux sociaux, on se rend compte que la santé mentale concerne tout le mondeLes confessions des personnalités jouent un rôle majeur dans la déconstruction du tabou et donc, dans l’ouverture d’esprit. Kit Harington (Game Of Thrones) a admis que la série a eu un effet néfaste sur sa santé mentale. À la fin du tournage, celui qui s’est appelé Jon Snow a ressenti le besoin de faire une pause. La chanteuse anglaise, Adele, a déclaré avoir fait beaucoup de sport pour combattre son anxiété. L’anxiété étant un mal vécu par de nombreuses personnes. Camilla Cabello en souffre également et se réjouit d’avoir Shawn Mendes comme appui. Chez nous, l’humoriste belge, Florence Mendez a publié une vidéo sur sa page Facebook dans laquelle elle se livre sur le trouble panique.

Un sujet au centre de l’attention

Après les déclarations de plusieurs joueurs et joueuses de tennis, l’US Open a pris la décision d’offrir un service de santé mentale aux participants du tournoi. Des psychologues ou encore des salles de repos étaient à leur disposition. "Prendre la décision de recevoir de l’aide n’est pas un signe de faiblesse, dans le monde d’aujourd’hui, plus que jamais c’est un signe de force." comme l’a dit le prince Harry qui, avec Oprah Winfrey, a créé et produit une série-docu sur la santé mentale et le bien-être émotionnel. Avec cette déclaration, le duc de Sussex pointe une chose qui nous a causé du tort pendant longtemps. Dans l’imaginaire collectif, recevoir de l’aide était lié à la faiblesse. L’accent était donc mis sur l’apparence. Selena Gomez en est le parfait exemple. L’ex de JB a déclaré avoir été longtemps réticente quant à l’idée d’avouer sa bipolarité car d’où elle vient, il est coutume de paraître cool en toutes circonstances.

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