Les personnages musulmans sous-représentés au cinéma : l’acteur Riz Ahmed s’engage pour plus d’inclusivité

La population musulmane représente un quart de la population mondiale. Une étude toute récente révèle qu’elle est pourtant largement sous-représentée dans le cinéma. Voilà qui a fait réagir l’acteur Riz Ahmed : une bourse et un plan d’amélioration vont être lancés.

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© Getty Images / Employé

Des Musulmans ont déjà remporté des Oscars, mais l’acteur et rappeur britannique Riz Ahmed, 38 ans (vu entre autres dans la série HBO The Night of qui abordait déjà ce genre de thématiques et dans Star Wars: Rogue One), est le 1er à avoir été nominé dans la catégorie du meilleur acteur pour son rôle principal dans Sound of Metal, qui retrace l’histoire de Ruben, un batteur de rock et ancien toxicomane qui voit sa vie basculer lorsqu’il devient sourd.

Ce 10 juin, l’acteur a donné de la voix à une étude qui vient d’être publiée sur le sujet de la représentativité des musulmans dans les films populaires. Cette étude, intitulée Missing & Maligned : The Reality of Muslims in Popular Global Movies (Absents et dénigrés : la réalité sur les musulmans et musulmanes dans les films populaires) a été réalisée par USC Annenberg Inclusion Initiative, un groupe de réflexion de l’université de Californie du Sud.

Ils ont sélectionné les personnages dans 200 films populaires sortis entre 2017 et 2019, sélectionnés dans 4 pays : les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Le constat est flagrant quant à l’absence des personnages musulmans dans la majorité des films : sur les 200 films observés, 19 seulement étaient mis en scène, dont 6 avec un personnage principal.

2e constat : ils sont rarement dans des positions avantageuses ou des rôles positifs. Beaucoup sont stéréotypés : victimes ou à l’origine de violences, ne parlant pas l’anglais et portant des vêtements liés à leur religion.

Et autre constat qui ne déroge pas à une règle plus générale : les personnages musulmans des 200 films étudiés sont le plus souvent des hommes : seul un quart sont des femmes et elles sont souvent reléguées à un rôle de soutien pour le personnage masculin ou comme une partenaire dans le sens romantique du terme.


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Quant aux enfants musulmans, c’est encore pire : ils sont encore moins représentés que les femmes : aucun enfant n’a été vu dans les dessins animés, et sur les 9000 personnages analysés dans l’étude, on en comptait seulement 7 !

Enfin, l’étude a montré multiplier le critère minorités semblait relever de l’impossible : l’université a compté un seul homme musulman ET appartenant à la communauté LGBTQI +, et un autre musulman ET porteur d’un handicap.

Le discours engagé de Riz Ahmed

En même temps que la sortie de cette étude, un discours, celui de l’acteur Riz Ahmed, dans une vidéo : "Le problème avec la représentation biaisée des musulmans dans les films ne peut plus être ignoré. Je me demande si je suis l’exception à la règle, et quelle doit être la règle pour des gens comme moi ? Quelle est la place des Musulmans dans nos histoires, notre culture, notre société ?
Je suis ici pour vous dire que les exceptions ne changent pas les règles. Au contraire, l’exception met en lumière la règle et quelque part, elle nous permet de perpétuer cette règle". C’est un problème structurel, nous devons nous unir pour prendre des mesures concrètes".

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Et l’acteur explique aussi les conséquences de cette représentation faussée des Musulmans : "On sait que quand les gens ne connaissent pas une minorité, les représentations à l’écran ont beaucoup d’impact, et 62% des Américains ne connaissent pas de musulmans ".

L’étude rappelle qu’en 2019, il y a notamment eu plus de 500 crimes islamophobes aux États-Unis et que 47% des crimes en Angleterre et aux Pays de Galles étaient dirigés contre des musulmans.

Pour tenter de régler ce problème, Riz Ahmed a expliqué que deux actions allaient être lancées en partenariat avec la Fondation Ford et le Pillars Fund. Un plan d’inclusion des musulmans dans les films va être créé, avec des ressources et des contacts dans tous les domaines de l’industrie du film. Et puis une bourse de 25.000$ sera attribuée à des artistes musulmans aux États-Unis et au Royaume-Uni qui débutent leur carrière.

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