"Ask for Angela" : le code anti-harcèlement dans les bars, boîtes,… qui ne rassure pas forcément

Né d’une bonne intention, le code "Ask for Angela" ("Demandez Angela") permet aux femmes victimes de harcèlement d’alerter le staff d’un bar, d’un restaurant ou d’une boîte de nuit afin qu’il leur vienne en aide. Cependant, certains événements récents ébranlent la confiance (déjà fragile) des femmes noctambules.

Malheureusement, quand on est une femme, profiter de la vie nocturne n’est pas toujours chose tranquille. On ne peut compter combien ont déjà été victimes de harcèlement. Afin d’endiguer le problème, le nom de code "Ask for Angela" (Demandez Angela) a été inventé en Angleterre il y a quelques années. Ces trois mots servent à alerter le staff d’un établissement qui mettra la victime en lieu sûr, lui proposera de contacter la police, un taxi ou une personne de confiance.

Née dans un pub du Lincolnshire (dans l’est de la Grande-Bretagne) en 2016, la pratique s’est étendue en France suite à l’initiative d’un collectif étudiant féministe de Rouen. Plusieurs bars de la ville ont été démarchés et aujourd’hui, le code d’alerte s’applique dans 35 commerces rouennais. En 2019, les villes de Caen et Amiens ont opté pour l’adoption dudit code d’alerte. Afin de signaler à la clientèle que le dispositif est de mise, un autocollant est affiché à l’entrée de l’établissement.

En Belgique, l’idée d’implanter le même dispositif a émergé il y a quelques mois. Un compte Instagram a été ouvert pour la campagne. Dans ses posts, l’équipe Angela demande à savoir où vous sortez le plus souvent (bars, restaurants, boîtes de nuit) afin de collaborer avec le plus d’établissements possibles.

Un code qui ne rassure pas

Bien que le code serve à rassurer les femmes, elles ne se sentent pas spécialement à l’aise à l’idée de demander de l’aide au staff et si elles le font, elles sont plus enclines à se retourner vers le personnel féminin. "J’ai déjà vu beaucoup d’hommes insister auprès des femmes pour danser ou les embrasser. Dans ce genre de situation, les femmes sont plus tentées de demander de l’aide aux autres femmes car on a toutes déjà été oppressées par un homme et on sait que ça peut vite dégénérer. Malgré ça, beaucoup me regardaient sans oser réagir donc cette simple question pourrait aider à surpasser cette gêne." nous a confié Pamela, ancienne barmaid.

Par ailleurs, les récents événements du Cimetière d’Ixelles ont encore plus ébranlé la confiance des femmes noctambules. Selon Marine, "Le dispositif ne m’aiderait pas à me sentir plus safe. En voyant tout ce qui se passe en ce moment, je compte sur mes potes " et Manuella se dit également "rassurée d’être entourée de ses amis".

"Masque 19 "

Ce système de code ne s’applique pas seulement à la vie nocturne. En effet, le signal "Masque 19" a été adopté par certaines villes et communes suite à la recrudescence des appels d’aide concernant les violences conjugales pendant le confinement. "Pendant toute une période de deux mois, les gens ne sont plus allés chez le médecin et donc les pharmaciens étaient les premiers témoins de ces violences intrafamiliales parce que les gens venaient chercher une crème pour les hématomes, des anti-douleurs etc." a expliqué Sophie Querton, la présidente du CPAS de Schaerbeek. Les pharmaciens sont donc devenus des alliés à qui les femmes victimes de violences peuvent s’adresser en énonçant le code "Masque 19". Une fois le signal émis, elles sont prises en charge et ensuite, dirigées vers les services psychosociaux compétents.

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