Musique et écologie : quand les artistes et festivals se mettent au vert

Ce 22 avril c’est le Jour de la Terre, l’occasion de voir dans quelle mesure la protection de l’environnement passe aussi par le monde de la musique.

Malgré la crise qui frappe de plein fouet le secteur artistique et place ses acteurs dans de grandes difficultés, on a récemment reparlé du rôle que peut jouer l’industrie musicale dans les grands défis environnementaux actuels avec l’arrivée du mouvement "Music Declares Emergency" en France ce 31 mars. Un mouvement né il y a deux ans en Grande-Bretagne, qui a pour mission de déclarer l’état d’urgence climatique et écologique et est soutenu par de grands noms de la musique dont Radiohead, Billie Eilish, Caribou, Foals, Massive Attack, Mogwai, The xx, Tom Odell, Hot Chip ou encore Fakear et Hyphen Hyphen. Tous se rallient au message "No music on a dead planet" ("Pas de musique sur une planète morte").

Comment le secteur musical peut-il contribuer à la lutte globale contre le changement climatique ? En réduisant son impact environnemental grâce à plusieurs mesures prises par les artistes et les autres acteurs de l’industrie (labels, managers, organisateurs de concerts ou festivals etc.) notamment :

- merchandising : éviter les boites en plastique pour les CDs, travailler avec des entreprises de textile et imprimeries plus durables et pourquoi pas, solder les articles de merchandising abîmés au lieu de les jeter.

- voyage : une grande partie des émissions de CO2 provient des déplacements pour une tournée. Essayer d’utiliser des moyens de transport moins polluants, optimiser les trajets et éventuellement compenser les émissions par des programmes de reforestation par exemple.

- vinyles : presser un vinyle de 140 g plutôt que 180 g permet de réduire les émissions carbone sans affecter la qualité du son.

- catering : se passer de viande et de poisson durant la tournée et éviter tout contenant en plastique jetable, y compris sur scène.

- porte-parole : utiliser sa notoriété pour sensibiliser le public à l’urgence climatique et écologique.

Les fans ont eux aussi un rôle à jouer, notamment en se rendant en transports en commun aux concerts quand c’est possible et si pas, en optant pour le covoiturage ; ou encore en réduisant leur consommation de viande en festivals et en produisant moins de déchets.

Certains artistes vont encore plus loin comme Coldplay qui en 2019 avait renoncé à sa tournée pour éviter de polluer. Billie Eilish avait annoncé la même année vouloir supprimer les pailles en plastique sur ses tournées, invitant ses fans à venir avec des bouteilles réutilisables et à trier leurs déchets. Et cerise (ou autre fruit de saison) sur le gâteau : elle avait même proposé des places gratuites pour ses concerts à celles et ceux qui pouvaient prouver leur engagement en faveur de l’environnement. Massive Attack ont eux carrément conçu un mini-documentaire de huit minutes sur l’impact de la musique live sur l’environnement et les initiatives possibles pour réduire l’empreinte carbone des tournées. Ils souhaitaient organiser un concert "basses émissions" en 2020 mais la crise sanitaire a chamboulé leurs projets.

 

Des festivals de plus en plus engagés !

Cette volonté de faire rimer "musique" et "écologique" est portée par plusieurs festivals. L’an dernier quatre festivals européens – dont le Dour Festival - et deux ONG se sont unis pour lancer la "Green Europe Experience" ("GEX"), afin de créer des évènements plus écologiques et durables. Les mots-clés sont "repenser, réduire, réparer, réutiliser, reconditionner, recycler, récupérer" dans ce qui touche à la scénographie (décors, design, signalisations etc.) mais aussi en matière de restauration.

En dehors de ce collectif, le Dour Festival s’était déjà investi dans les initiatives durables notamment en privilégiant les circuits courts pour la nourriture et les boissons, en mettant en place des activités ludiques écologiques et en renforçant le tri des déchets.

D’autres festivals comme Lasemo et Esperzanzah ! font de l’environnement une priorité.

D’ailleurs ces trois festivals mais aussi les Ardentes et les Francofolies de Spa font partie des 16 festivals qui ont signé la charte Festivals Wallonie #Demain les engageant à proposer aux festivaliers des initiatives en faveur du développement durable, de l’environnement, de l’alimentation durable et de la mobilité.

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