Les rappeurs pourraient perdre beaucoup d’argent à cause d’un nouveau mode de rémunération du streaming en France

Le centre national de la musique a publié une étude qui permet d’évaluer l’impact d’un mode de rémunération plus équitable sur les plateformes de streaming. Le rap pourrait perdre de l’argent au profit d’autres styles musicaux.

En 2020, les plateformes de streaming ont fait parler d’elles à cause de leurs systèmes de rétribution des artistes. Par exemple, Deezer milite depuis longtemps pour une rétribution basée sur l’utilisation réelle de la plateforme à l’opposé d’autres plateformes centrées sur le prorata.

Il y a quelques jours, le centre national de la musique a publié une étude sur l’impact d’un changement de mode de rémunération des artistes et ayants droit par les plateformes de streaming. Le ministère de la Culture en France a mandaté le CNM pour mener cette enquête dont le but est “d’objectiver les conséquences d’un passage au modèle UCPS en France”. Ce modèle dit User Centric partage les redevances générées par chaque utilisateur selon les écoutes. Ce mode de distribution qui semble plus équitable permettrait donc de répartir l’argent de votre abonnement musical entre les artistes que vous écoutez vraiment.

Le modèle actuel sur la plupart des plateformes consiste à répartir les redevances aux ayants droit à hauteur des écoutes générées pour chaque titre de manière globale sur la plateforme” nous apprend l’étude.

L’User Centric bénéficierait à quel style musical ?

Les plateformes de streaming Deezer, Spotify et la Sacem ont participé à cette enquête. Les conclusions ont montré qu’un passage à cette méthode de rétribution “pourrait favoriser une redistribution significative entre esthétiques aux audiences importantes, au détriment du rap et du hip hop et en faveur du rock et de la pop”.

Ce qui signifie que les artistes urbains pourraient perdre 20% de leurs redevances. La perte serait significative pour les artistes en haut des classements, donc dans les top10 ou 100 comme Kanye West, Drake, Eminem,… alors que ça ne changerait pas grand-chose pour ceux qui sont le moins mis en lumière.

Certains styles musicaux auraient tout à gagner de passer à ce système. La musique classique, le blues, le disco, le rock, la pop rock et le hard rock gagneraient plus de 5% de redevances. Avec un focus sur la musique classique, le hard rock et le blues qui bénéficieraient d’une hausse entre 18 et 24%.

Même s’il reste beaucoup d’incertitude face à ce système, cette enquête permettrait de “progresser en matière de transparence et d’accessibilité des données”, de découvrir une diversité musicale sur les plateformes et d’accompagner le secteur de la musique sur ces plateformes tout en veillant à une rétribution juste de tous les acteurs.

Des professionnels du milieu devraient réagir aux conclusions de ce système et ce qu’il en coûte dans les prochains jours, quoi qu’il en soit la CNM a permis d’ouvrir le débat

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