#MusicToo : Pomme dénonce elle aussi les violences faites aux femmes dans l’industrie musicale

La chanteuse française Pomme vient d’ajouter sa pierre au mouvement #MusicToo qui souhaite dénoncer les abus et injustices dont sont victimes les femmes dans l’industrie musicale. Elue artiste féminine aux Victoire de la Musique 2021 elle a adressé un message sur la place des femmes dans le secteur musical, en recevant son prix : "J’espère que cette industrie sera de plus en plus safe pour les femmes, que cette nouvelle génération de femmes saura s’imposer et renverser les codes qui ne sont pas toujours faciles pour elles."

Un message qui fait écho à la lettre ouverte publiée la veille par la jeune artiste de 23 ans sur le site d’information Mediapart. Dans cette lettre ouverte sur "les violences sexistes et sexuelles qui minent l’industrie musicale", Pomme explique qu’elle a elle-même été "harcelée, manipulée moralement et sexuellement". Elle parle d’une arrivée "traumatisante" dans l’industrie de la musique avec une perte de contrôle sur sa vie, son apparence, son projet musical. Elle est devenue "l’objet de quelqu’un" et a dû faire face à des phrases du genre : Sois plus sexy, moins enfant. " Elle confie : "J’ai mis des années pour retrouver une confiance en moi qui puisse me porter et m’autoriser à être celle que je suis aujourd’hui."

Elle dénonce le manque de justice face à ces cas de violences faites aux femmes : "Il y a donc un grand nombre d’hommes qui évoluent dans cette industrie en étant des harceleurs, des agresseurs, des violeurs. Un nombre que personne ne peut imaginer. Prenez conscience d’une chose : vous les voyez à la télé, vous les entendez à la radio, vous les applaudissez en concert (avant la pandémie). Vous les acclamez. Vous consommez leur musique, je la consomme aussi sûrement, sans le savoir". Pourquoi cette absence de justice ? Selon Pomme : "Parce qu’ils sont des hommes, riches, puissants […] Parce que malgré les accusations, les plaintes, ils sont en couverture des magazines, ils sont à la télé, ils occupent des postes d’avantages, ils flottent au-dessus des lois."

Elle invite les personnes en souffrance à s’adresser à elle et plaide pour une libération de la parole : "Parlons-nous. Avec douceur ou avec hargne. Pour que la vérité et la justice se fassent entendre. Pour que les corps, les cœurs, les âmes de nos filles, de nos sœurs, de nos mères, ne soient plus piétinées."

Depuis quelques mois #MusicToo, petite sœur du mouvement #MeToo initié dans le milieu du cinéma en 2017, dénonce les violences sexistes et sexuelles dans le milieu de la musique. Que ce soient l’Association pour la Musique Electronique (AFEM), le manifeste F.E.M.M. (Femmes Engagées des Métiers de la Musique), le compte Instagram @MusicTooFrance (qui a collecté en deux mois plus de 300 témoignages de victimes au sein de la profession), la prise du position du label Because Music ou le témoignage de Flore de l’Impératrice, partout les voix s’élèvent pour signaler et faire stopper ces agressions.

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