Flore Vasseur (Bigger Than Us) : "S’engager, c’est défendre la vie et la dignité"

Le film documentaire "Bigger Than Us" sort ce mercredi 29/09 dans nos salles. Coproduit par Marion Cotillard, il tend la parole aux jeunes militants pour le climat en suivant Melati, jeune indonésienne de 18 ans qui combat la pollution plastique qui ravage son île de Bali, qui part à la rencontre d’autres jeunes à travers le monde (tous âgés entre 16 et 20 ans), et qui mettent leur énergie et toute leur passion au service de la cause écologique (lire la critique ici).

Un hymne à la liberté et à l’engagement de ces jeunes activistes, mais aussi à la volonté de vivre, la beauté et la joie, selon la réalisatrice Flore Vasseur, interviewée par nos collègues de La Première. "Il y a eu des tonnes de documentaires donnant la parole aux adultes, aux expertsCes productions ont fait leur travail, mais je pense qu’il faut maintenant tendre le micro à d’autres personnes, explique la journaliste et romancière Flore Vasseur, réalisatrice du film. Il faut sortir de ce récit dominant et montrer que l’intelligence de situation est partout. On ne fait juste pas l’effort d’écouter."

Valoriser l’engagement

À travers son film, la réalisatrice souhaite décoller les étiquettes attribuées à tort à cette génération : "On les traite d’irresponsables, de personnes déconnectées de la réalité… Je n’en peux plus de ces attributs qu’on leur projette, et je me demande d’ailleurs qui sont les personnes qui les créent. Je suis bouleversé par le bon sens, la lucidité de cette génération et l’ampleur de ce dont elle hérite. Le minimum qu’on puisse faire c’est considérer qu’ils ont envie de vivre et de les aider !"

Selon Flore Vasseur, le jugement et la méfiance d’une frange de la population à l’égard des jeunes militants seraient dus au fait que l’engagement n’a jamais été valorisé au sein de nos sociétés, pour ne pas dire franchement déprécier. "Regardez la manière dont on a été élevé : on nous a dit que s’engager c’était être anarchiste, complotiste, ou à côté de la plaque. S’engager, c’est sortir profondément du système. Et ce n’est pas quelque chose dont le système a besoin… Mais le jour où, dans une cour d’école, une Melati ou une autre militante deviennent les personnes dont lesquelles on parle, alors on change les choses. On valorise l’engagement pour ce qu’il est : une volonté de défendre la vie et la dignité. Et ça, c’est être vivant ! Ces jeunes restent peut-être minoritaires, mais je pense que notre rôle est de montrer que l’ampleur de leur action peut être massive."

L’ampleur de l’action de ces jeunes peut être massive"

Un acte politique avec un grand "P"

Chez nous, les grèves des jeunes pour le climat ont débuté en 2019. Deux ans et un nouveau rapport du GIEC plus tard, la situation n’incite pas à l’optimisme avec des engagements climatiques loin de ceux fixés par l’Accord de Paris en 2016 (+1,5°)… D'où une triste mais bien légitime question : les jeunes ne crieraient-ils pas dans le vide ?

"Qui ne se sent pas perdu aujourd’hui ? Qui ne se sent pas abandonnés par, les institutions, les politiques et toutes les promesses non tenues. Qui n’est pas dans ce désarroi-là ? Le désarroi des jeunes, c’est aussi le nôtre. Alors est-ce qu’on laisse tomber où va-t-on essayer d’avancer ?, s’insurge Flore Vasseur. Par leurs actions, ces jeunes posent un acte profondément politique, avec un grand " P ". Ils tendent un miroir à ceux qui nous gouvernent et qui font de la petite politique électorale. Je pense que les jeunes sont totalement désintéressés et complètement dans l’action. Ce qu’ils veulent c’est aider leurs semblables à survivre, tout simplement."

Et la réalisatrice de conclure : La question des victoires est presque annexe. La victoire c’est d’être debout, être dans la vie, dans la joie."

 

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